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 Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Sam 27 Aoû - 20:12

En soi, cette journée n'avait rien de différente des autres. Lou s'était levée aux aurores, quant son ouïe fine avait entendu retentir le chant du coq, malgré le froid de cette matinée de plein hiver. A peine sortie de ses couvertures et édredons, elle avait senti le froid glacial lui sauter dessus, la griffer comme une bête furieuse et malmener chaque coin de peau laissé à l'air libre. Le poêle s'était depuis longtemps éteint, et il n'y avait même plus une vague odeur de cendre qui flottait dans l'air. Frissonnante, elle avait tâtonné dans le noir perpétuel qui constituait son quotidien, avant de trouver son bâton qui l'aidait à se diriger. Elle connaissait la petite chambre par coeur: c'était celle qu'elle avait déjà étant petite fille, quand le brave forgeron l'avait recueillie. Avec les années, elle savait maintenant sans avoir besoin de voir où se trouvait chaque chose.

Elle avait ouvert les fenêtres le temps d'aérer, et comprit au bruit feutré des pas des villageois déjà debout qu'il avait neigé durant la nuit. Elle fit un brin de toilette minutieuse avec une cuvette d'eau claire qu'elle avait posée là, puis elle descendit afin de manger un peu de gruau à la cuisine. Après quoi, elle était remontée pour fermer convenablement la fenêtre, avant de sortir, bien emmitouflée dans d'épaisses couches de vêtements. Lorsqu'elle entendit le craquement familier de la poudreuse sous ses bottes, elle comprit qu'elle ne s'était pas trompée. Elle tâtonna pour refermer à clé la porte de sa masure, avant de prendre le chemin de la demeure de la couturière, s'aidant de son bâton pour éviter les obstacles et sonder le terrain.

Malheureusement pour elle, elle ne pouvait pas apprécier la beauté du paysage enfoui sous une belle couche de neige, prouvant que l'hiver était bien installé, avec les grands froids descendus du Nord. Mais surtout, tout était recouvert d'une pellicule de givre brillante, qui faisait scintiller le manteau blanc comme des milliers de diamants. Elle laissa sa main errer contre une barrière, sentant le froid mordant de la neige lui engourdir les doigts, mais cela la fit sourire. A cette heure, elle ne croisa pas encore grand monde. Les gens se terraient chez eux, au chaud, au coin du feu. Elle aimait autant ça. Ca lui évitait de devoir subir les assauts de ses bourreaux dès le saut du lit.

Elle passa toute sa journée à travailler, se réjouissant de la douce tiédeur de l'âtre près duquel elle travaillait. Si la couturière ne lui vouait pas d'affection abusive, elle était tout de même assez sensible pour la prendre en pitié. Mais surtout, elle savait à quel point la jeune femme était habile de ses mains. Sans avoir besoin de voir les pièces de tissu, qu'elle reconnaissait sans se tromper rien qu'à leur toucher ou à leur odeur, elle était capable d'en faire des vêtements de très bonne qualité. Evidemment, elle n'était pas faite pour prendre les mesures ni pour découper les lourds rouleaux, mais elle se débrouillait parfaitement pour coudre et tisser.

Avec le travail, Lou sentait une sorte de sérénité la prendre. Elle ne pensait plus à rien, se concentrant uniquement sur ce qu'elle faisait. A midi, elle mangeait avec la couturière et sa famille, et pouvait se réjouir du simple plaisir d'avoir un bon repas chaud dans l'estomac, même s'il n'était pas forcément copieux. En soi, ce n'était pas une mauvaise journée: ce genre de quotidien simple, elle parvenait presque à l'apprécier. Mais tout le problème résidait dans une seule chose: les hommes. Depuis aussi loin qu'elle s'en souvenait, depuis qu'elle avait vécu dans cette auberge, jamais un homme ne l'avait traitée directement avec bonté sans avoir une idée derrière la tête. Personne à part son père adoptif, évidemment.

Les hommes, elle s'en méfiait comme d'une maladie mortelle. Elle les côtoyait, mais elle sentait toujours une angoisse véritable la saisir lorsqu'elle se trouvait être la cible directe de leur intérêt. Soi disant, elle avait le malheur d'être jolie, et ce malgré les privations que la pauvreté lui imposait. Elle était un brin trop maigre, mais conservait des formes qui ne laissaient pas les hommes indifférents. De plus, sa cécité et sa jeunesse faisaient d'elle une proie facile, vulnérable, et la meute de ses bourreaux ne se privait pas d'en profiter.

Aussi, quand vint l'heure d'aller à la rivière, une fois de retour chez elle, elle commença à trembler. Il fallait bien qu'elle se lave, même si le cours d'eau serait glacé, insupportable. Elle ne supportait pas d'être sale. De fait, elle prit son courage à deux mains et emmena une bassine avec des vêtements à laver, et un balluchon de vêtements propres ainsi qu'un grand drap pour se sécher. Elle devrait faire vite à cause de la température, mais également du danger qui la guettait toujours. Pas rassurée, elle s'éloigna du village pour aller vers la forêt. C'était tout près, à seulement quelques centaines de pas, et la rivière bordait la lisière des bois. Mais c'était déjà trop isolé pour la sauver.

Arrivée sur la berge, elle se figea comme une biche effarouchée, et tendit l'oreille. Sa propre respiration lui était inaudible, même si la buée qu'elle produisait lui était renvoyée dans la figure par le vent, chargée de minuscules cristaux glacés. Elle n'entendit rien de plus que la rumeur du village un peu plus loin. A moitié rassurée, elle posa son bac près d'elle, et tapa du bâton dans l'eau. Elle réussit à l'enfoncer sans trop de mal: la couche de glace était encore molle, n'ayant pas eu le temps de se reformer. C'était un coin où bien des gens venaient laver leur linge ou se baigner, car le courant était lent, et l'eau peu profonde. Elle se mit donc à laver son linge tout en restant aux aguets, mais tout semblait calme. A dire vrai, peut-être trop: la neige faussait d'autant plus cette tranquillité apparente.

Elle venait de finir de laver ses vêtements et de tout mettre dans son bac quand un craquement la fit sursauter. Elle se redressa d'un bond, le bâton à la main, le coeur battant si vite qu'il menaçait de lui rompre les côtes. A sa plus grande horreur, elle entendit bientôt des bruits de pas qui se rapprochaient. Se sachant acculée, elle déglutit et se contenta de compter. Un... deux... non, quatre hommes au total, et qui approchaient avec la lenteur de ceux qui savent leur proie déjà acquise. A moins de sauter dans la rivière gelée et de s'y noyer, faute de savoir nager et de résister assez au froid, elle était toute à eux.


" Qui êtes-vous? Qu'est-ce que vous voulez?

- Allons ma belle, pas de ça entre nous. On t'a manqué, pas vrai?

- Pour sûr, avec ce froid, faut bien quelqu'un pour la réchauffer.

Et les quatre de partir d'un rire de gorge des plus détestables. La jeune femme frissonna, davantage à cause de la terreur que par la faute des températures. Elle sentait les flocons qui tombaient sur elle avec délicatesse, dans ses cheveux, sur son visage et ses mains, contrastant terriblement par leur douceur avec la scène qui allait se dérouler. Car elle savait pertinemment comment cela allait finir... pour l'avoir déjà subi un nombre incalculable de fois. Elle avait tout essayé: se débattre, se défendre, supplier. Rien n'y faisait, et ils étaient toujours plus forts qu'elle. Ils ne venaient pas toujours en groupe: parfois, c'était un homme seul qui venait la torturer. Mais en groupe, c'était pire...

- Allez, viens par ici mignonne!

Elle sentit une poigne puissante se refermer sur son poignet, et elle manqua de défaillir, reconnaissant l'individu à sa voix et à ses mains calleuses et impitoyables. Il l'attira contre lui malgré ses gesticulations vaines pour se dégager. Elle avait lâché son bâton dans l'entreprise, car son tortionnaire lui avait un peu tordu le bras pour éviter qu'elle ne s'échappe. Il plongea sans détour une main dans son décolleté avec un ricanement grave, sous les commentaires de ses compagnons. Et ce n'était qu'un début. Quand ils lui eurent finalement, au bout de plusieurs minutes, pratiquement arraché ses vêtements avant de la jeter dans la neige, elle les supplia en vain, son regard aveugle fixant le vague autour d'eux sans les voir.

- Je vous en prie, non!"

Mais elle savait au fond d'elle que cela ne changerait rien. Le mieux qu'elle avait encore à faire, c'était de se détendre pour éviter que ça fasse trop mal. Si elle se crispait, elle souffrirait le martyr. C'était le genre de choses que l'expérience lui avait apprises, c'était bien malheureux à dire. Les larmes coulaient sur ses joues sans qu'elle puisse les retenir, et elle sentait à peine le froid sur sa peau nue. C'était secondaire, tout ça, même si son visage gelait quand ses pleurs se refroidissaient en une petite couche glacée. Il y avait pire qui l'attendait.
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Sam 27 Aoû - 22:58

Ce jour-là, Damian n'avait pas envie de sortir. Certes, l'hiver était une saison fort agréable, et avec la superbe couche de neige qui était tombée en silence durant la nuit, la région était embellie de manière considérable. Certes, le jeune homme aimait ce temps, le froid lui picotant les joues ou ses belles oreilles de cheval, selon la forme qu'il choisissait pour en profiter. Certes, le simple fait d'entendre la neige craquer sous ses bottes fourrées le rendait heureux comme un gosse, même s'il était plus prompt à glisser sur la première plaque de glace venue qu'a gambader fièrement. Mais voilà, Eloïs voulait venir avec le groupe, et elle le verrait s'étaler comme un sac de pommes de terre, à plat dans la poudreuse. Et ça, c'était hors de question. En résumé, Damian n'avait vraiment pas envie de sortir.

Et pourtant, à force d'encouragements de Jake, le seul véritable ami qu'il aie en ce bas monde, il avait fini par céder, et se retrouvait maintenant à traîner les pieds derrière le groupe de Métamages de type herbivore dépêché pour ravitailler les écuries du château en foin, portant sur son dos une grande botte ficelée de la précieuse herbe séchée. Il soupira en regardant la jolie brune qui marchait devant lui plaisanter avec un grand gaillard, du genre avec plus de matière dans les muscles que dans la tête. Le moins que l'on pouvait dire, c'est qu'il était en parfait accord avec sa nature animale de taureau... Qu'est-ce qu'Eloïs pouvait bien lui trouver, franchement ? Les femmes sont vraiment incompréhensibles...


- Dam', tu rêvasses ?

Le jeune homme sursauta. Jake avait ralenti pour l'attendre, et se trouvait à présent à côté de lui. Il avait été tellement absorbé par sa contemplation qu'il ne l'avait même pas remarqué. Il poussa un long soupir qui prit forme devant sa bouche en une buée légère qui s'évapora aussi vite qu'elle était apparue. Il se tourna vers son ami, qui lui souriait, portant lui aussi un grand ballot de foin sur son dos. La première chose qui les avait rapprochés lorsqu'ils s'étaient rencontrés, peu après que Damian ai rejoint l'Ordre, c'était leur nature animale. Tout comme lui, Jake se changeait en cheval, un grand noir pangaré avec une tache en forme de goutte d'eau sur le front. Si au début, Damian se montra méfiant envers son camarade, sa bonne humeur, sa joie de vivre et sa gentillesse que l'on pouvait presque respirer tant elles débordaient de lui avaient fini par le mettre en confiance, jusqu'à ce qu'ils se lient d'amitié pour de bon. Le brun était d'une compagnie fort agréable, lorsqu'il n'était pas d'humeur trop taquine.

- C'est vrai qu'Eloïs est mignonne, je te comprends...

- Tais-toi, elle va t'entendre !

Le pie avait senti ses joues se colorer et le cheval en lui coucher les oreilles et renâcler. En effet, par moments, Jake laissait éclater son sens de l'humour au grand jour, ce qui n'était pas pour plaire aux rabats-joies, ou aux coincés comme Damian. Ce dernier secoua la tête et prit une grande inspiration.

- Sérieusement, c'est vrai qu'elle n'est pas désagréable à regarder, mais je ne me fais pas d'illusions, elle n'a d'yeux que pour cette brute de Klint. Mais tant qu'à faire, j'aimerais autant ne pas me couvrir de ridicule devant elle.

- Ne pas te couvrir davantage de ridicule, tu veux dire, peut-être ?

Le pangaré éclata de rire tandis que son comparse se plaquait une main sur le front. Néanmoins, il n'avait pas tout à fait tort... Étant donné que Damian passait une bonne partie de son temps à se prendre les pieds dans les tapis, se faire tomber des étagères entières de livres sur la tête ou encore glisser de manière mystérieuse et inexplicable pour se retrouver le derrière dans l'abreuvoir des chevaux, il avait eu plus d'un millier d'occasions de se décrédibiliser à tout jamais auprès de la gent féminine de Lytsoul...

Soudain, un bruit non loin lui fit dresser les oreilles. Il s'arrêta et écouta attentivement ce qui lui avait semblé être un éclat de voix, provenant de la rivière à une centaine de mètres de là. Son instinct de cheval lui permit de ressentir toutes l'aura malfaisante qui provenait de là-bas, et ses muscles se tendirent dans l'attente d'un autre signe. Aussi immobile qu'une statue, un léger vent faisant voleter ses mèches rousses et blanches, on aurait presque pu voir transparaître l'étalon majestueux à travers son corps d'être humain. Jake cessa la marche à son tour et fronça les sourcils.


- Dam' ? Le château c'est plutôt par-là. Tu vois, c'est le grand machin en face de nous, je pense pas que tu puisses le louper !

- Attends, j'ai entendu quelque ch...

- Je vous en prie, non !

Sans plus de cérémonie, le Métamage laissa tomber son chargement de foin dans la neige et prit sa forme équine pour se ruer en direction de la rivière, laissant derrière lui son ami et le reste du groupe, sans se préoccuper de savoir s'ils le suivraient ou non. Ses sabots clairs soulevaient la neige dans un grondement sourd, laissant derrière lui un nuage de poudreuse voletant au vent. En à peine trente secondes, il se trouva sur la berge face à quatre rustres personnages, dont deux maintenaient une jeune femme couchée, presque entièrement nue, dans la neige, les deux autres accroupis tout près d'elle, ceinture débouclée. Il n'en fallu pas plus à Damian pour comprendre la situation...

- Hé, c'est quoi ça ?

- Dégage toi !! A moins que tu n'en veuille aussi ?

*Ordures...*

Hors de lui, le pie coucha les oreilles et hennit puissamment, se cabrant pour abattre ses sabots à quelques millimètres de l'un des hommes, qui tomba dans la neige. Ses yeux avaient roulé dans leurs orbites, dévoilant leur blanc et lui donnant une expression à glacer le sang avec ses dents découvertes claquant dans l'air. Les deux qui tenaient immobile leur victime reculèrent à leur tour, médusés de voir un animal défendre la veuve et l'orphelin, et effrayés par sa colère. Le dernier des quatre encore debout, plus téméraire, se saisit d'un gros caillou, qu'il lança sur Damian, qui eu juste le temps de se tourner pour le recevoir dans l'épaule et non pas en pleine figure. Il souffla bruyamment, menaçant l'autre d'un regard fou, quand il entendit un bruit de galopade derrière lui. Jake arrivait à toute allure, Klint sur son dos. C'est en voyant le tatouage qu'arborait le cavalier sur l'épaule que les agresseurs comprirent.

- Merde, des Métamages ! Foutez le camp les gars !

Et les gredins filèrent sans demander leur reste, s'éloignant déjà lorsque Klint glissa du dos de Jake qui stoppait sa course en dérapant avant de reprendre forme humaine. Damian, pour sa part, était encore trop énervé pour parvenir à se transformer de nouveau. Il fixait la jeune femme qui s'était recroquevillée dans la neige, les yeux baignés de larmes. Cette vision fit retomber la tension en lui, si bien qu'il parvint à retrouver son calme et à sa changer en homme. Doucement, il s'agenouilla près d'elle, et constata par la même occasion qu'elle avait le malheur d'être vraiment jolie, malgré une maigreur marquant la privation de nourriture. La voyant grelotter, et intimidé de la voir aussi peu vêtue, il dégrafa sa cape et la lui passa sur les épaules. Il n'était pas frileux, de toute façon. Après un long moment à chercher ses mots, il déglutit et inspira pour finalement réussir à parler.

- Vous... allez bien ?

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Sam 27 Aoû - 23:23

Sans que cela change quelque chose pour elle, Lou avait fermé les yeux, pratiquement résignée à son sort. Maintenue comme elle l'était par deux des brutes, elle savait qu'elle n'avait aucune chance. Elle avait même cessé de se débattre, préférant rester immobile et pleurer. De toute façon, elle savait depuis le temps que l'aide ne viendrait pas... Parfois, les gens du village étaient bien plus aveugles qu'elle pour bon nombre de choses. Elle attendait simplement l'instant fatidique où...

Un bruit de course précipitée attira cependant son attention, et celle de ses tortionnaires, car leur prise se relâcha très légèrement. Elle put prendre conscience du froid qui lui labourait le dos et les reins, et de l'implacable neige fondue sous elle qui la glaçait impitoyablement. Le bruit se rapprochait, et bientôt, ce fut la confusion. Elle entendit souffler, puis hennir. Sans doute un cavalier qui était venu en l'entendant crier. Et de toute évidence, il avait décidé de lui porter secours, car elle sentit les mains des hommes se retirer peu à peu, dans les cris et la précipitation.

Elle fut bousculée plusieurs fois par les brutes qui s'enfuyaient, alors qu'un second cavalier semblait avoir rejoint le premier. La jeune femme se redressa de son mieux, titubant, afin de s'éloigner un peu de la confusion générale. Tout redevint calme aussi brutalement que tout avait démarré. Claquant des dents, frissonnante et frigorifiée, elle se remit péniblement debout, le corps douloureux. Mais ce n'était pas ce qui l'inquiétait à présent. Elle était reconnaissante aux inconnus, mais elle ne savait absolument pas quelles étaient leurs intentions à son égard. Tant bien que mal, elle tenta de masquer son intimité et sa poitrine avec les lambeaux de vêtement qui lui restaient. Elle entendit des pas s'approcher, et se crispa.


" Vous... allez bien ?


Il venait de lui poser quelque chose sur le dos, ce qui l'avait fait sursauter. Son regard aveugle scrutait désespérément les ténèbres qui lui faisaient face, son ouïe lui ayant permis de localiser à peu près l'inconnu. Un homme, jeune, sans le moindre doute possible. Elle toucha prudemment ce qui l'enveloppait, qu'elle reconnut comme étant une cape de qualité en laine épaisse et chaude tissée très serrée pour être résistante et étanche. Du travail de qualité, et sûrement pas un vêtement dont le premier paysan venu serait digne.


- Je... merci, messire...

En cet instant, elle aurait terriblement voulu voir, user de ses pouvoirs pour savoir ce qui allait se passer. Néanmoins, elle n'osait pas tenter le contact physique avec son sauveur, et il lui serait bien inutile de tenter de voir par ses yeux, si c'était pour se voir elle-même dans un état lamentable... Et si elle ressentait une gratitude authentique à son égard, elle était également terriblement méfiante, et véritablement tétanisée. Un homme restait un homme, et dans cette tenue... Lorsqu'elle entendit un bruit de pas, elle se recula, un peu recroquevillée sur elle-même.

- Ne me faites pas de mal, pitié...

Elle sentit des larmes se remettre à couler sur ses joues sans qu'elle puisse les retenir. Avec le froid, elle ne sentait presque plus les extrémités de son corps tant tout se trouvait engourdi. Elle aurait aimé ramasser son bac de linge, que le froid avait sans doute rendu raide comme une planche, récupérer son balluchon et son bâton et rentrer chez elle. Mais elle n'osait pas se mettre à tâtonner, et elle ne pourrait pas se vêtir devant les inconnus. Néanmoins, il fallait dire que la cape qu'elle portait lui réchauffait agréablement le dos.

- Je voudrais juste rentrer chez moi... Il fait si froid."

Si elle avait pu voir, elle aurait peut-être pu constater qu'elle risquait des engelures à force de rester dehors. Même son esprit s'engourdissait, et la neige recommençait à tomber plus dru. Et puis, chose qui n'affectait pas sa façon de vivre, mais qui la rendait encore plus vulnérable, la nuit ne tarderait pas à tomber, à présent. La luminosité avait déjà sévèrement décliné, et les nuages gris qui bouchaient le ciel n'étaient pas pour faciliter les choses. Une belle couche de neige allait encore tomber d'ici le lendemain...

Elle resserra les pans de la cape autour d'elle, afin de masquer tout à fait son corps aux regards, mais aussi pour se tenir chaud. Son regard aveugle fouillait l'espace devant elle, évidemment en vain, et elle n'osait pas faire le moindre mouvement. D'ailleurs, elle était tellement bouleversée qu'elle ne savait même pas si elle parviendrait à retrouver le chemin de la petite maison du forgeron, dont elle avait hérité à sa mort. La perspective du vieux poêle, de la cheminée, et du lit recouvert d'épaisses couvertures lui faisait terriblement envie.
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Dim 28 Aoû - 17:42

- Je... merci, messire...

- C'est tout naturel, enfin, je suppose.

Se félicitant en silence d'être ainsi parvenu à ne pas bafouiller malgré la situation, Damian s'apprêtait à remettre la cape en place sur l'épaule de l'inconnue, dont elle avait glissé, quand cette dernière la saisit elle-même entre ses doigts gelés. Son état de choc n'était pas des plus étonnants, après ce à quoi elle avait échappé, mais il fallait impérativement la ramener chez elle avant qu'elle ne meure de froid. Le jeune homme scruta les alentours et repéra le bac de linge posé non loin d'eux, avant d'entendre les bruits des pas de ses trois autres compagnons : Eloïs, Horon, et Willem. Les deux derniers étaient sous leur forme animale, respectivement d'élan et de mouflon, et portaient les chargements de foin abandonnés par leurs camarades. Il faudrait sans doute se débrouiller ainsi pour rentrer, car il n'était absolument pas question pour Damian de laisser la jeune femme seule. Il se tourna à nouveau vers elle, pour découvrir qu'elle pleurait de plus belle, semblant véritablement tétanisée.

- Ne me faites pas de mal, pitié... Je voudrais juste rentrer chez moi... Il fait si froid.

Le Métamage se raidit à ce ton suppliant, qui lui serrait le cœur tel un étau glacé. Elle faisait vraiment peine à voir, ainsi recroquevillée dans la neige, une simple cape sur le dos pour la réchauffer. Il aurait voulu la prendre contre lui pour lui donner un peu de chaleur humaine, et la réconforter, mais cette simple perspective le rendait nerveux. De plus, elle n'avait pas vraiment l'air prompte à se laisser toucher par un homme, après ce qui venait de se produire. Il inspira profondément et lui posa timidement une main sur l'épaule.

- Ne vous en faites pas, nous n'avons aucune intention de continuer ce que ces... ordures ont essayé de vous faire.

- Il dit vrai, appuya Jake, qui s'était rapproché. Et d'ailleurs, je me demande s'il en serait seulement capable, il se fait dessus rien qu'à l'idée de s'asseoir à côté d'une fille pour déjeuner !

A cet instant, Damian eut très envie de s'enfouir sous dix mètres de neige, et de ne plus sortir jusqu'au printemps. Mais il y avait plus urgent et plus important que sa fierté depuis longtemps perdue. Il se releva et réfléchit un instant. Si elle avait trop peur d'être accompagnée d'un homme pour rentrer chez elle, la présence d'Eloïs était toute indiquée. Avant même qu'il puisse soumettre son idée, Jake s'accroupit à son tour près de l'inconnue.

- Écoutez, la jeune femme que vous voyez là va vous accompagner jusque chez vous, ainsi que mon ami coincé. Vous ne risquez rien avec eux, vous serez bientôt au chaud près du feu.

Le pie ne savait pas vraiment s'il devait remercier ou maudire son ami. D'un côté, il était ravi de pouvoir se montrer utile, et de l'autre, il allait être terriblement mal à l'aise. Il lui fallait mettre ça de côté, la survie de cette jeune femme en dépendait. Tandis qu'Eloïs aidait celle-ci à se remettre debout, tout en maintenant la cape de Damian de façon à ce qu'elle la couvre correctement, il se dirigea en silence vers le bac de vêtements, qu'il prit sous le bras.

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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Dim 28 Aoû - 18:03

Lou se sentit devenir encore plus nerveuse lorsqu'elle entendit les pas d'autres personnes qui les rejoignaient. Même si pour le moment les inconnus étaient bienveillants, peut-être que cela ne durerait pas... Malgré ce que son sauveur venait de lui affirmer. Elle avait déjà tellement entendu de paroles réconfortantes qui n'étaient que des mensonges, juste avant de subir ce genre d'agression... Sa seule manière de tenir après cela, c'était de se dire qu'elle avait de la chance d'être encore en vie... même si elle venait parfois à en douter.

Un second homme la rassura et lui annonça qu'une femme et le cavalier qui l'avait débarrassée des brutes allaient l'accompagner chez elle. En un sens, cela la calma un peu d'apprendre qu'il y avait une femme dans le lot. Néanmoins, si elle se fiait à ce qu'il venait de dire, concernant le fait de voir l'inconnue, elle supposa qu'ils n'avaient pas remarqué qu'elle était aveugle... Alors qu'on l'aidait à se relever, elle tâtonna par terre pour retrouver finalement son bâton de marche. Ses doigts gourds eurent du mal à l'empoigner, mais c'était la seule manière pour elle de se déplacer sans risquer de tomber.

Accompagnée des personnes convenues, elle se rendit donc chez elle en sondant le terrain avec le bout de son bâton. Elle marchait lentement, non seulement parce qu'elle y était forcée par sa cécité, mais également parce qu'elle était totalement engourdie. Elle ne savait même pas si elle pourrait faire un feu en rentrant chez elle... Elle frissonna violemment malgré la cape, qu'elle resserra autour d'elle. Elle ne voulait pas aiguiser les appétits d'autres prédateurs potentiels dans le village. Quand finalement ils furent devant la maison du forgeron, elle ne parvint pas à mettre la clé dans la serrure, même après de longs essais peu sûrs. La jeune femme qui l'avait accompagnée ouvrit donc à sa place, et ils entrèrent tous les trois.

Bien qu'il ne fasse pas chaud dans la chaumière, il y faisait tout de même bien meilleur que dehors. La priorité pour elle à présent était de se vêtir. Elle monta péniblement dans sa chambre, et en redescendit un peu plus tard, emmitouflée dans quelques couches de vêtements. Elle avait dans sa main libre la cape de son sauveur, qu'elle localisa au bruit tant bien que mal, et qu'elle lui tendit pour lui rendre après s'être approchée.


" Tenez, messire. Je vous remercie...

Gênée, elle se tut, ne sachant pas trop quoi dire en se retrouvant face à des gens bien au dessus de sa condition. Elle régla le problème en tentant d'allumer une flambée dans la cheminée, mais ses doigts étaient encore trop engourdis par le froid, et ce fut donc à nouveau aux inconnus de l'aider. Elle tripota nerveusement son bâton tout en cherchant quelque chose à dire ou à faire. Le moins qu'elle pouvait leur proposer, c'était au moins quelque chose à boire ou à manger... Mais elle n'avait rien de digne d'eux, elle qui avait déjà du mal à se nourrir elle-même.


- Est-ce que vous désirez du thé? Il m'en reste encore assez...

Sans même attendre la réponse, elle alla en chercher quelques feuilles qui se trouvaient dans un petit pot de grès dans le garde-manger relativement vide en cette période. Elle remplit une bouilloire avec de l'eau claire, et jeta les dernières feuilles de thé à l'intérieur, avant d'aller la suspendre au-dessus des flammes pour que le breuvage chauffe. Elle désigna la table à ses invités imprévus, toujours mal à l'aise malgré le fait que son angoisse s'était apaisée.

- Venez vous asseoir, le temps que ça chauffe... Je vous remercie encore de m'avoir aidée... Mais vous savez, ils vont revenir, c'est certain. Et je crains que ce soit encore pire la prochaine fois..."


Elle ne put retenir un petit soupir angoissé, qu'un léger sanglot teintait. Si elle y songeait, elle était véritablement terrifiée à l'idée de ce qu'ils lui feraient subir pour se venger. Même si, à y repenser, le plus fier service qu'ils pourraient lui rendre serait encore de la tuer, afin qu'elle n'ait plus à subir sans fin ce genre de situation. Elle avait promis à son père adoptif sur son lit de mort de se battre, de vivre et d'être heureuse, mais les dieux lui pardonnent, elle risquait de finalement faillir à sa parole...
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Dim 28 Aoû - 22:50

Après s'être assuré que la rescapée tenait debout, Damian fit signe aux autres de partir devant. Malgré l'expression visiblement contrariée de Klint, qui aurait préféré qu'Eloïs rentre avec eux, il se changea en taureau et laissa Jake lui attacher quelques bottes de foin sur le dos. Le jeune homme se pencha pour prendre le baluchon qui était encore abandonné dans la neige, son regard passant du petit groupe de Métamages qui s'éloignait à la jeune femme frigorifiée qui commençait à avancer péniblement, épaulée par Eloïs. Il s'en voulu d'avoir été si long à comprendre qu'elle était aveugle. Ça aurait pourtant du lui sauter aux yeux, sans mauvais jeux de mots, rien qu'au fait qu'elle regarde constamment dans le vague. Il avait mis ça sur le compte du choc, sans doute... En tout cas, cela expliquait en partie l'agression dont elle avait été victime. Elle était encore plus vulnérable de part ce handicap, et cela, ses agresseurs l'avaient bien compris...

Le trajet jusqu'à la maison se fit en silence, et dans l'obscurité grandissante. Damian marchait non loin derrière les deux femmes, aux aguets. Les rustres qui s'en étaient pris à la jeune femme vivaient sans doute ici également, et peut-être l'attendraient-elle au coin d'une ruelle. Mais fort heureusement, ils ne croisèrent personne. Avec la neige qui tombait de plus en plus fort, s'accrochant dans la chevelure de feu du Métamage, les habitants s'étaient réfugiés bien au chaud chez eux. Bien que le froid ne l'affecte pas plus que ça, il n'aurait lui-même pas été contre se glisser sous son édredon avec un bon livre. Quand enfin ils arrivèrent à la porte d'une petite maison, construite assez grossièrement, mais néanmoins charmante, l'inconnue sortit la clé d'une poche qui n'avait apparemment pas été déchirée dans la bagarre. Mais ses mains tremblaient tellement qu'elle n'arriva pas à la mettre dans la serrure, si bien qu'Eloïs la lui prit doucement des mains, après lui avoir proposé son aide, et ouvrit elle-même la porte.

Damian pénétra à leur suite dans la modeste demeure, déposant ce qu'il portait sur la table en suivant du regard celle qu'il avait sauvée qui montait dans sa chambre, pour se vêtir plus chaudement, sans le moindre doute. L'endroit était sobre, de façon évidente en raison de la situation relativement peu confortable de leur hôte, mais néanmoins accueillant. Elle avait au moins un toit au-dessus de la tête, c'était déjà ça. Cela donna une impression de déjà vu au jeune homme, qui avait été habitué à vivre avec seulement l'essentiel. Ses parents ne roulaient pas sur l'or, mais ils étaient instruits et avaient travaillé dur pour l'élever et l'éduquer convenablement. Il n'avait jamais été dans une situation si précaire, mais il n'avait pas non plus jouit de loisirs superflus comme beaucoup d'enfants de la noblesse. Cela leur faisait un petit quelque chose en commun, même si le fait d'avoir rejoint l'Ordre lui avait permis une vie à présent bien plus confortable.


- Elle n'a pas une vie facile, la pauvre... soupira Eloïs, qui faisait le tour du propriétaire d'un pas lent, les mains sur les hanches.

- On dirait bien, en effet.

Le Métamage essuya une goutte de neige fondue qui lui tombait sur le nez, dégoulinant de ses cheveux à présent trempés. Résistant au froid ou non, il ne faudrait pas qu'il tarde trop à les sécher, ou il allait rentrer avec une pneumonie. Il décolla une mèche blanche de sur sa joue, et redressa la tête vers le haut de l'escalier quand la jeune femme redescendit, à présent chaudement habillée, et la cape de Damian dans sa main libre. Il tourna sur lui-même pour faire craquer le plancher et ainsi indiquer sa position, permettant à l'autre de le rejoindre et de lui tendre le vêtement en balbutiant un timide remerciement, auquel il fut incapable de répondre.

- Ce n'est rien, intervint Eloïs. N'importe qui aurait fait pareil, à notre place.

*Dans ton monde sans doute, mais pas dans le sien...*

Eloïs était en effet de ces jeunes femmes qui ont passé leur vie à Lytsoul, et pour lesquelles de tels principes tombent sous le sens. Mais pour lui, qui était issu d'un milieu moins huppé, il savait à quel point la vie pouvait être injuste. Si lui-même n'avait été que le sujet de railleries et, une seule fois, de violence, il savait que dans son village, bon nombre de choses se passaient dont personne ne voulait entendre parler. Leur hôte ne parut pas s'en offusquer, préférant meubler le silence en s'affairant à allumer un feu, sans grand succès, puisqu'elle était encore frigorifiée. Une fois de plus, la Métamage vint à sa rescousse, et bientôt les flammes montèrent du tas de bois sec, réchauffant progressivement l'atmosphère. Cherchant de toute évidence un moyen de remercier ses sauveurs, la jeune aveugle leur proposa du thé, qu'ils n'eurent pas le temps de refuser, puisqu'elle joignit aussitôt le geste à la parole, avant de leur désigner la table.

- Venez vous asseoir, le temps que ça chauffe... Je vous remercie encore de m'avoir aidée... Mais vous savez, ils vont revenir, c'est certain. Et je crains que ce soit encore pire la prochaine fois...

Damian, qui venait de s'asseoir sur l'invitation de la jeune femme, serra les poings. A l'entendre, ce n'était pas la première fois qu'elle était victime de ces hommes. Comment osaient-ils s'en prendre à quelqu'un de si vulnérable ? C'était tellement lâche, tellement facile et cruel. Il dut se calmer très vite sous peine de se transformer et de casser le peu qu'il y avait dans la petite bâtisse, mais gardait en bouche un goût amer. S'il en avait eu le temps, il aurait volontiers poussé ces fils de chien dans les eaux glacées de la rivière.

- S'il n'y a que ça, je peux passer ici lorsque j'ai du temps libre. Ça les dissuadera peut-être.

Il ne savait pas vraiment ce qui lui avait pris de proposer cela. La montée d'adrénaline suivant son accès de colère, peut-être ? Il n'était pourtant pas vraiment son genre à jouer les héros. Mais il désirait sincèrement la protéger, il ne savait pas pourquoi. Quelque chose en lui, son sens de la justice très développé, sans doute, l'y poussait. Il appréhendait la chose, mais la désirait profondément, dans le même temps. Il croisa le regard d'Eloïs, qui, à son grand étonnement, acquiesça d'un signe de tête.

- Au fait, j'y pense, je vous propose cela mais nous ne sommes même pas présentés... Je m'appelle Damian, Damian Dozendhaar. Quant à la jeune femme qui vous a elle aussi accompagnée, elle se nomme Eloïs Monhagan.

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Dim 28 Aoû - 23:17

Lou était restée près du feu, son bâton posé non loin d'elle. Au moins, l'âtre la réchauffait efficacement et rapidement, et elle retrouvait enfin des sensations au bout des doigts. Quelque part, elle se sentait un peu indigne de la présence de ses deux protecteurs. Ce qui la gênait le plus, c'était que son pauvre thé serait un remerciement bien maigre pour ce qu'ils avaient fait pour elle. Elle entendit l'eau commencer à bouillir doucement contre les bords de la bouilloire. Elle allait encore devoir attendre un peu avant de servir: il fallait que tout infuse bien. Elle ne sut quoi répondre quand le jeune homme réagit à sa déclaration sur ses persécuteurs.

" S'il n'y a que ça, je peux passer ici lorsque j'ai du temps libre. Ça les dissuadera peut-être.

Elle se sentit rougir, tandis qu'une bouffée de chaleur l'envahissait, et qui n'avait rien à voir avec la proximité de la cheminée. C'était plutôt quelque chose issu du mélange de la surprise, de la gratitude et de l'angoisse. Après tout, qui était-elle pour eux? Rien de plus qu'une paysanne aveugle que leur sens de l'honneur les avait amenés à sauver. A part ça... elle n'avait aucune espèce d'importance, d'un point de vue objectif. Il y avait tant de violence et d'injustice dans le monde, même avec leur bon coeur, ils ne pourraient pas venir à bout de tout.

- Je... je ne mérite pas que vous vous donniez tant de mal messire, je... jamais je ne pourrais vous rembourser votre peine.

Mais intérieurement, elle espérait de tout coeur qu'il tiendrait sa promesse et qu'il viendrait de temps en temps pour la protéger. Elle se sentait comme lorsqu'elle était une fillette de huit ans, enfermée dans ces écuries qui s'embrasaient peu à peu, trop petite, trop faible et incapable de voir et de soulever la poutre qui barrait la grande porte, et que le forgeron était arrivé pour la tirer de là. Lorsqu'il l'avait prise sous son aile, elle s'était sentie... en sécurité. Pour la première fois de sa vie, sans doute. Et quelque part, l'idée d'avoir un chevalier servant qui venait aux nouvelles la rassérénait.

- Au fait, j'y pense, je vous propose cela mais nous ne sommes même pas présentés... Je m'appelle Damian, Damian Dozendhaar. Quant à la jeune femme qui vous a elle aussi accompagnée, elle se nomme Eloïs Monhagan.

Constatant qu'elle non plus ne s'était pas présentée, dans la confusion et le trouble dans lequel elle se trouvait, elle rougit une fois de plus. Son malaise s'accentuait encore un peu, alors qu'elle se retournait vers eux, tournant le dos au foyer. Elle n'avait pas de nom prestigieux à leur soumettre, loin de là. Quelque chose d'aussi modeste qu'elle, sa petite maison et tout ce qu'elle possédait. Elle tenta cependant un timide sourire, son regard fouillant les ténèbres sans jamais parvenir à les fixer précisément.

- Et moi, on m'appelle Lou. Lou Aenor. Je crois que le thé est prêt.


Sa seconde phrase n'avait strictement rien à voir avec le sujet, mais la bouilloire avait commencé à siffler, signe que le breuvage était à température idéale: c'est à dire brûlant. Elle décrocha le récipient de la tige qui le tenait sur le feu, s'aidant de linges épais pour ne pas se brûler. Puis, elle alla récupérer trois grands gobelets de grès dans une petite armoire, avant de les poser sur la table. Elle tâtonna pour en trouver les bords, et versa lentement et laborieusement le liquide frémissant à l'intérieur, en réussissant à ne pas en renverser une seule goutte.

- J'espère que je ne vous fais pas perdre votre temps... J'aimerai vous remercier plus dignement, avec ce que vous avez fait pour moi..."

Elle baissa les yeux vers son propre gobelet. La vapeur qui s'en élevait apportait à ses narines les effluves des plantes que le breuvage contenait. En plus des feuilles de thé, il y avait également quelques feuilles d'ortie et de menthe. Cela donnait au tout un goût très parfumé, et aussi un peu relevé. C'était un mélange de sa composition, qu'elle préparait en allant récolter ce dont elle avait besoin dans la forêt. Néanmoins, elle n'avait plus de thé, et pas les moyens d'en racheter à l'heure actuelle: elle devrait attendre le retour des beaux jours pour espérer pouvoir s'en offrir à nouveau auprès des marchands itinérants qui en ramenaient du Sud. L'hiver serait long, sans cela pour la réchauffer...
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Lun 29 Aoû - 22:13

- Et moi, on m'appelle Lou. Lou Aenor. Je crois que le thé est prêt.

Damian se surprit à sourire en l'entendant passer ainsi du coq à l'âne. Il avait l'impression de se voir lui-même, guettant le moindre prétexte pour échapper à une conversation ou à une situation qui le mettait mal à l'aise, même si elle n'allait évidemment pas laisser la bouilloire exploser pour se montrer polie. Le jeune homme la regarda ensuite tout le temps qu'elle s'affairait à servir le thé, avec une dextérité surprenante pour une personne vivant dans l'obscurité la plus totale.

Il saisit son gobelet une fois qu'il fut rempli de l'infusion, et ce, sans une goutte renversée sur la table. Une odeur agréable de plantes vint lui chatouiller les narines, et il reconnut aussitôt l'ortie et la menthe qui avaient été ajoutées à la préparation. Choix judicieux, la menthe étant un parfum qu'il appréciait tout particulièrement. Même si en bon cheval qu'il était, en matière de plante, la chicorée restait sa préférée. Il laissa le liquide refroidir un moment avant de le porter à ses lèvres, pour sentir la douce chaleur de la boisson s'écouler dans sa gorge pour se répandre progressivement dans son corps tout entier.


- J'espère que je ne vous fais pas perdre votre temps... J'aimerai vous remercier plus dignement, avec ce que vous avez fait pour moi...

Le jeune Métamage leva les yeux vers Lou, qui avait les siens, bien qu'aveugles, baissés sur la table. La fumée émanant de son gobelet de thé remontait vers son visage, caressant ses joues aux traits fins. Eloïs, pour sa part, avait haussé les épaules en sirotant le contenu de son propre gobelet du bout des lèvres. De toute évidence, le breuvage relativement fort en goût n'était pas à sa convenance. Et en ce qui la concernait, il n'était pas difficile de deviner qu'elle n'aspirait qu'à rentrer dans ses appartements, et que le sort de la paysanne lui importait peu. Si Jake ne le lui avait pas demandé, elle ne serait certainement pas venue d'elle-même pour aider Damian à la ramener, et cela la faisait grandement baisser dans l'estime de ce dernier. Il avala une autre gorgée de la boisson et se racla la gorge.

- Ne vous inquiétez pas en ce qui concerne le temps que je pourrais éventuellement perdre. Contrairement à ce que vous pourriez penser, ma vie est des plus ennuyeuses, et je suis plutôt heureux d'avoir trouvé quelque chose à faire du temps que je perds à me morfondre qui en vaille la peine.

Un peu gêné de s'adresser ainsi à quelqu'un qu'il ne connaissait pas à peine une heure plus tôt, il saisit un ruban dans une de ses poches, avec lequel il noua ses cheveux, ce qui lui maintint l'esprit occupé quelques secondes. Puis, il se tourna vers sa camarade, qui repoussait son gobelet du dos de la main avec une grimace. Il soupira, et le prit pour le boire. Mieux valait ne pas gaspiller une denrée qui était sans doute précieuse pour une jeune femme dans une situation si peu confortable. Après un petit moment de silence, durant lequel on n'entendit plus que le feu craquer dans la cheminée, la femme Métamage se leva et s'étira.

- Bien, maintenant que vous êtes de retour chez vous en sécurité... Je suppose que nous pouvons vous laisser. Merci beaucoup pour votre accueil, le thé était délicieux.

Damian ne put s'empêcher de l'accuser du regard, ce à quoi Eloïs répondit en haussant les épaules. Même si Lou ne pouvait pas la voir, elle n'était pas stupide pour autant, et il y avait fort à parier qu'elle avait bien deviné que la jeune femme n'avait presque pas touché à son gobelet. Néanmoins, il se faisait tard, et la nuit allait bientôt être complète. Damian se leva à son tour, et repassa sa cape sur ses épaules. Ils feraient sans doute le trajet retour sous forme animale, afin d'aller plus vite et de mieux se repérer dans l'obscurité.

- Je pense que je viendrais dès demain, m'assurer que tout va bien. Encore merci, Lou.

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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Mar 30 Aoû - 12:31

Ils burent tous leur thé dans un silence relatif, Lou appréciant la chaleur du breuvage brûlant qui lui faisait un bien fou après le coup de froid qu'elle s'était pris. Quelque part, cela avait été pire pour elle que son habituel bain dans la rivière, même gelée. Elle entendait nettement le bruit que faisaient les deux autres en buvant... même si la femme semblait ne boire que par politesse, au peu de bruit qu'elle produisait. Peut-être qu'elle n'aimait pas particulièrement... Hélas, la jeune femme n'avait rien de mieux à lui proposer!

" Bien, maintenant que vous êtes de retour chez vous en sécurité... Je suppose que nous pouvons vous laisser. Merci beaucoup pour votre accueil, le thé était délicieux.

- Bien sûr, merci... C'est très aimable à vous de m'avoir aidée.


Elle récupéra les gobelets vides afin de les laver plus tard. Il restait encore un peu de thé au fond de la bouilloire, une chance pour elle, qui se ferait un plaisir de vider le tout. D'autant qu'elle n'était pas vraiment en position idéale pour gâcher quoi que ce soit... Elle se leva à son tour, récupérant au passage son bâton qui se trouvait non loin d'elle.

- Je pense que je viendrais dès demain, m'assurer que tout va bien. Encore merci, Lou.

- Merci à vous...

Elle rougit légèrement, et les raccompagna jusqu'à la porte. Ils n'avaient sans doute pas besoin de ça pour retrouver leur chemin dans la petite maison, mais elle tenait à le faire malgré tout. Et cela lui permettrait aussi de fermer soigneusement sa porte à double tour après leur départ. On n'était jamais trop prudent, et elle le savait plus que quiconque. Lorsqu'elle les entendit s'éloigner, elle resta un moment sans bouger, avant de lâcher dans un souffle.

- A demain..."


Après quoi, elle rentra chez elle et ferma soigneusement la porte. Cela lui faisait un drôle d'effet de se dire qu'elle avait une espèce d'importance pour quelqu'un, ce qui était nouveau pour elle, en tout cas en ce qui concernait ces dernières années. Certes, son sort n'empêcherait sans doute pas le dénommé Damian de dormir sur ses deux oreilles, même s'il avait assuré avoir une vie assez ennuyeuse... Mais c'était très gentil à lui de prendre la peine de venir aux nouvelles, surtout aussi vite.

Elle alla vider le thé tant qu'il était encore chaud, après quoi elle monta dans sa chambre faire une petite toilette et se glisser sous ses couvertures, retrouvant avec plaisir l'agréable sensation de plénitude qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle s'y réfugiait. En repensant à ce que son sauveur lui avait dit, elle ne put s'empêcher de se demander en quoi la vie qu'il menait était ennuyeuse... Il était nourri, logé, blanchi, avait des vêtements de qualité et mangeait à sa faim, sans se soucier de tout ce qui faisait son quotidien et ses angoisses à elle. Au fond, elle aurait donné beaucoup pour avoir ne serait-ce qu'une parcelle de ce que lui avait...
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Mar 30 Aoû - 21:37

Quand Lou eut raccompagné les Métamages à sa porte et que ceux-ci furent dehors, Damian resta un instant à regarder la porte fermée, immobile sous la neige qui tombait à présent doucement, voletant en flocons légers dans les dernières lueurs du jour. Il remonta son col de chemise pour réajuster correctement sa cape, et grimaça en sentant un tiraillement dans son épaule gauche. La blessure causée par le roc que l'un des agresseurs de la jeune aveugle lui avait lancé était à présent refroidie, et la douleur s'était de fait réveillée. Heureusement qu'il était sous forme animale à ce moment là, son cuir de cheval avait amorti le choc, et il s'en tirerait avec un hématome.

- Bon, on pourrait peut-être songer à rentrer, non ? On a assez perdu de temps avec elle.

Le jeune homme se tourna vers Eloïs, qui se tenait bras croisés, visiblement à bout de patience. Jusqu'alors, elle s'était montrée polie et bienveillante parce qu'on l'avait éduquée ainsi, mais elle révélait à présent son autre visage, celui d'une jeune femme trop gâtée qui ne supportait pas que les choses n'aillent pas dans son sens. L'étalon sentit ses oreilles se plaquer sur sa nuque, et ses naseaux souffler dans un grondement désapprobateur. L'homme se contenta de froncer les sourcils.

- Si tu avais été à sa place, tu aurais été bien contente que quelqu'un vole à ton secours. Ce serait bien si, de temps en temps, tu arrivais à penser à autre chose qu'à ta petite personne.

L'autre le fixa, éberluée, autant choquée par les mots en eux-mêmes que par le fait que ce soit Damian qui les ai prononcés. Ce dernier était surpris par ses paroles également, mais surtout surpris de ne pas éprouver de remords. Sans doute était-il tellement déçu du comportement de la jeune femme que lui dire ses quatre vérités ne le gênait pas. Il dénoua ses cheveux et remis le ruban dans sa poche en soupirant. Son regard s'était adouci. Finalement, il s'en voulait un peu d'avoir été brusque avec elle.

- Sur ce, je rentre. Tu ferais bien de ne pas traîner si tu ne veux pas geler sur place.

Il lui adressa un petit sourire désolé, et détourna le regard pour se transformer. Cela fait, il partit au galop vers Lytsoul sans un regard en arrière pour vérifier qu'Eloïs le suivrait. Elle était bien assez grande pour retrouver son chemin seule, de toute façon.

-----

Le lendemain, en milieu d'après-midi, Damian quitta le château en direction du village. Comme promis, il allait rendre visite à Lou pour s'assurer qu'elle n'avait pas été importunée de nouveau. Avant de partir, il s'était rendu à l'échoppe pour acheter quelques feuilles de thé, qu'il lui offrirait. Ce n'était pas grand chose, mais ça lui permettrait de tenir l'hiver. En chemin, il avait croisé Eloïs, qui ne lui avait pas adressé un seul mot. Au moins, il était rassuré de savoir qu'elle était bien rentrée. Et puis, sa compagnie ne lui manquerait pas tellement, étant donné qu'ils n'avait jamais eu de réelle discussion. Ils se saluaient, tout juste.

Le jeune homme repensait à tout cela tandis qu'il chevauchait vers la maison de sa protégée. Comme il avait emmené son arme lourde et ses bocaux de thé, il ne pouvait pas se transformer, il avait donc pris un petit cheval bai foncé aux écuries pour aller jusqu'au village. La neige avait cessé de tomber, mais le temps restait couvert, et une averse pouvait se déclencher à tout moment. Par chance, le ciel n'avait pas l'air de s'assombrir pour le moment, et un rayon de soleil parvint même à percer les nuages lorsqu'il mis pied à terre sur le seuil de la petite bâtisse. Bien que cela fut inutile, puisque Lou était aveugle, il vérifia que le ruban qui maintenait ses cheveux attachés était bien serré, et que son col était mis correctement. Puis il inspira profondément et frappa timidement à la porte.


- Lou ? Vous êtes là ? C'est Damian, je passe comme convenu...

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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Mar 30 Aoû - 22:24

Lou avait finalement passé une excellente nuit, contre toute attente. Elle avait cru qu'elle ne trouverait pas le sommeil, passant son temps à ruminer tout ce qui s'était passé, mais au contraire, les évènements l'avaient tellement fatiguée qu'elle avait sombré dans le monde des rêves à peine la tête posée sur son oreiller. Au petit matin, elle s'était levée comme de coutume pour se rendre à son travail, l'estomac noué par une boule d'angoisse à l'idée des représailles qui pouvaient la guetter, ce qui l'empêcha de manger.

Cependant, elle eut tort de s'en faire: ses bourreaux la laissèrent tranquille, sans se montrer et sans l'approcher, ce qui lui permit de passer sa journée en toute quiétude, non sans rester aux aguets. Elle rentra une fois sa journée finie, et se rendit chez elle. Elle avait constaté que le petit bois pour alimenter la cheminée et le poêle commençait à manquer, ce qui voulait dire qu'elle allait devoir se rendre dans la forêt pour en ramasser. Ce n'était pas loin, mais pour quelqu'un comme elle, ce n'était pas sûr...

Elle n'était pas de retour dans sa maisonnette depuis très longtemps quand elle entendit des coups répétés frappés à sa porte. Elle sursauta tout d'abord, sentant une terrible bouffée d'angoisse la saisir à la gorge, mais elle remarqua bien vite qu'il ne s'agissait pas de coups violents ou agressifs. Au contraire, ils étaient presque un peu... timides? Elle tendit l'oreille en se rapprochant pour savoir de quoi il en retournait, quand la voix qui lui parvint la calma tout à fait.


" Lou ? Vous êtes là ? C'est Damian, je passe comme convenu...

Elle était presque un peu surprise. Au fond, elle avait douté malgré elle du fait que le jeune homme reviendrait voir comment elle se portait, gageant qu'il oublierait, et ne lui en voulant pas pour ça. Elle se mordit les lèvres, regrettant de ne pas lui avoir accordé plus de crédit. Après tout, il restait encore des gens avec le sens de l'honneur, par ici... Ils n'étaient pas légion dans son entourage, mais cela ne voulait pas dire qu'ailleurs... Enfin bref. Elle lui ouvrit la porte, et lui offrit un petit sourire.


- Bonjour messire. Je viens tout juste de rentrer, et j'allais partir chercher un peu de bois dans la forêt. Entrez, si vous le voulez.

Elle se recula légèrement afin de lui permettre de pénétrer dans la chaumine. Dans le pire des cas, elle pourrait toujours aller chercher du bois le lendemain... Elle pourrait encore tenir avec ce qui lui restait, et elle ne pouvait ni le planter là, ni lui imposer de l'accompagner. En revanche, elle n'aurait rien de mieux que de l'eau à lui offrir à boire... Quant à manger, eh bien elle-même n'avait guère plus que de la soupe, un peu de lard et de la bouillie d'avoine. Elle lui en donnerait très volontiers, mais elle aurait honte de présenter ça à un seigneur...

- Merci d'être revenu me voir, Ser. C'est très gentil à vous de vous soucier de moi.

Elle le chercha du regard, en vain, comme toujours. C'était le genre de réflexes qui restaient malgré sa cécité permanente, et ce depuis qu'elle était venue au monde. Un peu gênée, ne sachant pas que dire ou faire puisqu'elle ne possédait rien de digne de lui, elle finit par trouver quelque chose à dire. Elle se sentait un peu maladroite, mais elle était réellement impressionnée par lui.

- Venez vous asseoir, je vous en prie. Je n'ai rien à vous proposer malheureusement, mais il fait chaud ici et il y a encore un bon feu. C'est toujours mieux que le froid glacial et le vent."

Elle alla jusqu'à un vieux divan recouvert de couvertures et de peaux de bêtes, installé non loin de l'âtre dans la pièce à vivre. Ils y seraient au chaud pour... discuter? Elle ne savait même pas s'il voulait rester, surtout dans de telles conditions, mais malgré elle, elle brûlait d'envie d'en apprendre plus sur sa vie au château. C'était si loin de sa vie à elle qu'elle avait le plus grand mal à se représenter tout cela. Restait qu'une chose la chagrinait: il lui fallait trouver son bois au plus vite, avant que d'autres villageois n'aient récolté le plus facile, et qu'elle ne doive s'enfoncer loin en forêt, au risque de se perdre.
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Jeu 1 Sep - 22:37

Damian resta un moment sur le pas de la porte, bras croisés, le regard perdu dans la contemplation du ciel gris, quelques rayons de soleil perçant timidement les épais nuages bas couvrant l'azur. Comme personne ne venait lui ouvrir, il commença à se demander si elle était bien chez elle. Et s'il lui était arrivé quelque chose, comme la veille ? Il était prêt à remonter sur son cheval pour traverser tout le village à la recherche de la jeune femme, quitte à retourner au bord de la rivière ensuite s'il n'en trouvait pas trace. Mais finalement, la porte s'entrouvrit timidement, dévoilant le visage et les beaux yeux aveugles de Lou, qui lui adressa un petit sourire.

- Bonjour messire. Je viens tout juste de rentrer, et j'allais partir chercher un peu de bois dans la forêt. Entrez, si vous le voulez.

- Avec plaisir.

Le jeune homme se sentit d'un seul coup gêné. Jusqu'alors, il n'avait pas vraiment songé à ce qu'il pourrait bien lui raconter une fois sur place, étant plutôt inquiet de l'état dans lequel il la retrouverait. Et voilà qu'il se trouvait à court de conversation alors qu'il venait seulement d'arriver. Répondant à l'invitation de son hôte, il pénétra dans la maison et se tourna vers elle, la regardant fermer la porte en attente d'une nouvelle instruction de sa part avant de prendre place où que ce soit.

- Merci d'être revenu me voir, Ser. C'est très gentil à vous de vous soucier de moi.

Damian aurait bien voulu lui répondre que c'était tout naturel, et qu'il ne faisait pas cela par intérêt ou par pure bonté mais bien parce que ça lui semblait évident, mais sa timidité s'était éveillée du fait qu'ils étaient seuls tous les deux, sans aucun visage familier pour le mettre en confiance, et il se trouvait ainsi bloqué. Et il était d'autant plus gêné qu'elle l'appelait par des titres honorifiques auquel il n'était pas vraiment habitué, étant issu d'un milieu relativement modeste. S'installa alors un silence qui lui sembla durer une éternité, avant que Lou ne le brise enfin, en se dirigeant d'un pas lent vers le divan ayant visiblement déjà bien vécu.

- Venez vous asseoir, je vous en prie. Je n'ai rien à vous proposer malheureusement, mais il fait chaud ici et il y a encore un bon feu. C'est toujours mieux que le froid glacial et le vent.

- Oh, ne vous en faites pas, cela me convient.

Déglutissant, le Métamage prit place à côté d'elle sur les peaux de bête usées. Il n'avait même pas besoin du feu crépitant dans l'âtre pour être réchauffé, ayant déjà droit aux bouffées de chaleur de l'angoisse qui l'avait gagné. Il se sentit alors parfaitement idiot. En raison des quelques mésaventures de son enfance, sa méfiance naturelle avait fini par se changer en timidité tellement maladive qu'elle en était handicapante. Il devait trouver quelque chose à dire avant de paraître définitivement ridicule. Passant une main sur son flanc pour retendre sa chemise, il sentit les deux bocaux de thé s'entrechoquer dans sa petite besace, de laquelle il les sortit aussitôt.

- Mais quel idiot je fais, j'ai quelque chose pour vous. Ça ne vaut certainement pas le votre mais... J'ai essayé de prendre les plantes qui se rapprochaient le plus de votre préparation.

Délicatement, il lui donna les récipients, avant de se gratter l'arrière du crâne avec un sourire gêné. Il espérait vraiment que cela lui ferait plaisir, sans en douter réellement, en réalité. Elle avait tellement peu de choses que même les bocaux vides lui aurait convenu... Il aurait bien voulu lui donner plus, mais ne voulait pas non plus la blesser dans sa fierté, qui tenait déjà à bien peu de choses, ni que cela paraisse indécent. De nouveau à court de conversation, il posa les avant bras sur ses cuisses, mains jointes, le regard perdu dans le vague. Puis une idée lui vint à l'esprit.

- Au fait, vous parliez d'aller chercher du bois en forêt ? Je me ferais une joie de vous accompagner... enfin... si ça ne vous dérange pas, bien sûr...

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Jeu 1 Sep - 23:39

Ils se retrouvèrent finalement installés sur le divan près du feu qui ronflait agréablement, sans toutefois trouver quoi se dire. Néanmoins, elle appréciait le simple fait de ne pas être seule, pour une fois. Elle restait aux aguets, car sous les meilleures intentions pouvait se cacher un tyran, mais elle se sentait relativement bien. Il faisait délicieusement chaud, aussi près de l'âtre, et c'était un fait hautement appréciable pour elle. Elle entendit un léger cliquetis quand son invité se décida à rompre le silence.

" Mais quel idiot je fais, j'ai quelque chose pour vous. Ça ne vaut certainement pas le votre mais... J'ai essayé de prendre les plantes qui se rapprochaient le plus de votre préparation.


- Qu'est-ce que c'est?

Il lui mit quelque chose dans les mains avec délicatesse, la faisait tout de même sursauter. Elle tritura attentivement les deux objets pour déterminer qu'il s'agissait de bocaux en verre. Contenant sans doute du thé, à ce qu'il lui avait dit de manière détournée. Au risque de l'offenser, elle ouvrit les bocaux qu'elle porta à son nez l'un après l'autre pour en humer le contenu. Du thé, effectivement, avec de la menthe, mais pas d'orties cette fois. Elle prit une ou deux feuilles entre ses doigts pour être absolument sûre de ce dont il s'agissait, et en effleura même une de la langue.

Une fois rassurée, elle referma soigneusement le tout. Il fallait dire à sa décharge qu'elle avait déjà subi tellement de mauvais traitement par rapport à sa nourriture qu'elle était devenue d'une méfiance extrême sur ce point. Maintenant, elle était plutôt heureuse de ce cadeau, et remplie de gratitude à l'égard de Damian. Ce qui l'étonnait un peu, c'est qu'il semblait réellement se préoccuper de son bien-être, de manière... désintéressée. Mais il était encore trop tôt pour en être sûre: mieux valait rester prudente pour l'heure.


- Merci beaucoup, messire! Je n'en avais plus du tout, cela va m'être d'un grand secours pour les temps à venir. L'hiver n'est pas prêt de partir, je crois.

- Au fait, vous parliez d'aller chercher du bois en forêt ? Je me ferais une joie de vous accompagner... enfin... si ça ne vous dérange pas, bien sûr...

La déranger? Au contraire, voilà qui était parfait! Au moins elle serait plus tranquille en s'éloignant du village: si elle était accompagnée, les brutes ne viendraient pas s'en prendre à elle. Et puis, elle se sentirait beaucoup mieux en sachant qu'elle avait une belle réserve de bois sous la main pour alimenter les feux vitaux qui tenaient la maison en partie au chaud. Aussi lui offrit-elle un sourire tout en se relevant du divan.


- Au contraire, je serai heureuse que vous veniez avec moi! Si cela ne vous gêne pas, partons immédiatement, avant que le jour ne commence à décliner...

Elle lui faussa compagnie le temps d'aller mettre deux paires de chaussons l'une au dessus de l'autre, avant d'enfiler les vieilles bottes fourrées du forgeron qui lui étaient légèrement trop grande, même avec les épaisseurs de chaussettes, puis de mettre quelques étages de vêtements, sans trop abuser, pour se protéger du froid. Trop en mettre, c'était risquer de transpirer. Transpirer, c'était attraper un coup de froid. Et un coup de froid en cette saison dans ce milieu, c'était souvent mortel, comme son père adoptif l'avait appris à ses dépens...

Elle récupéra un autre bac pour y mettre son bois, en espérant ne pas avoir à aller trop loin pour en trouver. Elle était tributaire du bois mort qui serait en partie caché sous la neige, car elle ne pouvait pas couper de branche par elle-même. Elle était incapable de se hisser assez haut dans un arbre et de manipuler une tenaille pour les briser sans danger. Elle revint auprès du jeune homme pour l'inviter à la suivre.


- Voilà, nous pouvons y aller. Ce n'est pas très loin...

En sortant, elle conseilla à Damian de laisser son cheval dans la vieille forge de son père adoptif, qui jouxtait sa chaumine. L'installation était depuis longtemps vidée de son contenu, mis à part ce qui ne pouvait être déplacé. Le sol de terre battue était en partie recouvert de paille sèche qui préservait du froid. La couturière y avait laissé sa vieille mule durant quelques années, avant qu'elle ne meure finalement à cause de l'âge. Cela offrait un bon abri contre le froid. Et ayant elle-même eu à s'occuper de chevaux durant sa vie, elle s'y connaissait un peu en matière de soins à leur donner.

Quand ce fut fait, ils purent prendre le chemin des bois. Lou marchait à son rythme, sondant l'espace devant et autour d'elle avec son bâton pour éviter tout problème ou accident. Malgré elle, elle était un peu tendue à mesure qu'elle entendait le brouhaha du village s'atténuer, et celui du gargouillement de la rivière s'amplifier. Elle avait beau être accompagnée, elle ne pouvait se retenir d'avoir peur... Les habitudes ont la vie dure, c'était ainsi.

Lorsqu'ils eurent cependant passé le petit pont sans le moindre heurt, elle se détendit quelque peu. Encore quelques minutes de marche, et ils étaient déjà enfoncés dans la forêt, pas très loin de la lisière. Pour ne pas se perdre dans un lieu si pauvre en points de repères pour elle, elle préférait ne pas s'éloigner des zones qu'elle connaissait, et de ce qui pouvait la guider jusqu'au village. Garder le bruit de la rivière comme repère était un moyen des plus efficaces.

Elle commença sans perdre de temps à tâtonner pour trouver du petit bois. Elle s'aidait pour ça de son bâton, sondant d'abord la surface de la couche neigeuse, puis en profondeur. Quand elle heurtait quelque chose, elle se baissait pour ramasser. Néanmoins, ils eurent à s'enfoncer un peu plus loin encore au milieu des arbres pour trouver des quantités plus satisfaisantes du précieux combustible, qui devrait cependant sécher avant d'être utilisable.

Le silence des bois fut soudain rompu par un hurlement strident. Une longue note perçante, modulée, que plusieurs autres voix reprirent de manière mélodieuse. Des loups. Il y en avait un certain nombre dans ces bois, et la rudesse de l'hiver les avait contraints à s'approcher du village, parfois très près. Un ou deux des plus hardis étaient même parvenus à chaparder des volailles dans un poulailler, mais ils évitaient en général de quitter la forêt. Ils rôdaient aux alentours en quête de restes qu'ils pourraient se mettre sous la dent.


- Des loups. Il y en a toujours eu dans ces bois, mais ils se sont beaucoup rapprochés depuis que l'hiver a commencé. Je les entends chanter, la nuit. C'est très beau."

La jeune femme avait lancé cette simple remarque d'un ton très naturel, presque songeur. Elle ne craignait pas les loups: même affamés, elle savait qu'ils étaient bien moins dangereux pour elle que les hommes. Quelque part, elle se sentait proches d'eux: elle aussi avait faim, elle aussi avait peur. Si ce n'était qu'ils formaient une famille, et qu'elle restait désespérément seule. Elle continua à ramasser du bois comme si de rien n'était, alors qu'un grand loup gris aux yeux d'ambre apparut sur une butte les surplombant à quelques centaines de pieds de là, les observant avec insistance sans faire mine d'approcher davantage. Il était un peu maigre, signe des privations du rude hiver. Il s'agissait du mâle dominant de la meute qui se trouvait le plus près des habitations.
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Ven 2 Sep - 23:53

Damian attendit assis sur le divan le temps que Lou se prépare pour affronter le froid hivernal, face à la cheminée, les jambes croisées et les bras étirés sur le dossier du vieux meuble. Elle semblait avoir accueilli son présent avec méfiance dans un premier temps. Cela était sans doute du à des mauvaises expériences par le passé. Sa vie avait du être encore plus dure que ce qu'il s'était imaginé jusqu'alors...

Quand elle reparu enfin, bien couverte sans tomber dans l'excès, ils sortirent après qu'elle aie prit au préalable un bac dans lequel mettre le bois qu'ils allaient ramasser, et le Métamage conduisit le petit hongre dans le bâtiment que lui désignait la jeune femme, afin qu'il ne prenne pas froid à rester attaché devant la maison. Pour sa part, le jeune homme était simplement vêtu d'un pantalon et d'une chemise en tissu épais, et de sa cape. Il mourrait de chaud s'il en mettait davantage.

Enfin prêts, les deux jeunes gens se rendirent d'un pas mesuré en bordure de forêt, suivant le rythme lent de Lou. Cela ne gênait en aucun cas Damian, qui la suivait tranquillement, restant néanmoins aux aguets, prêt à empoigner l'imposant marteau solidement fixé dans son dos par des lanières en cuir au cas où des individus mal intentionnés tenteraient quoi que ce soit contre la jeune aveugle. Mais ils ne virent personne, et finirent par s'enfoncer un peu plus loin dans les bois, ramassant les branches qu'ils trouvaient au fur et à mesure de leur progression. La jeune femme se débrouillait très bien malgré sa cécité, et le bac fut bientôt à moitié rempli.

Au bout d'un certain temps durant lequel ils s'étaient sans trop le remarquer aventurés assez loin dans les bois enneigés, le jeune homme se tendit. Il sentait une présence animale non loin d'eux. Présence qui se confirma bien vite lorsqu'un son puissant monta dans l'air, un hurlement de loup. Les membres de la meute chantaient à l'unisson, dans une chorale à la fois émouvante, intrigante et intimidante. Ne semblant nullement impressionnée, la jeune femme se redressa à peine, continuant de fouiller la neige à la recherche de branches mortes.


- Des loups. Il y en a toujours eu dans ces bois, mais ils se sont beaucoup rapprochés depuis que l'hiver a commencé. Je les entends chanter, la nuit. C'est très beau.

- Oui, c'est vraiment quelque chose de poignant.

L'étalon dressa malgré tout les oreilles, attentif au moindre signe d'hostilité. Ils n'étaient pas loin, et bien qu'ils soient plus effrayés par les humains qu'agressifs envers eux, malgré ce que la majorité des hommes pouvait croire, ils pourraient attaquer s'ils se sentaient trop menacés. Le risque était moindre, mais existait, et la nature d'herbivore de Damian le poussait à la méfiance. Il tourna la tête en entendant un craquement de neige juste au-dessus d'eux. Un des animaux s'était approché, et les observait depuis une butte située à quelques mètres des deux humains. Un mâle, gris au regard ambré d'une profondeur déconcertante, sans aucun doute le chef de la meute. Ne ressentant aucune mauvaise intention de la part du canidé, le jeune homme se détendit, et effleura le bras de Lou pour l'interpeler.

- Lou, un loup nous observe, là, tout près. Il ne nous veut pas de mal, enfin, il ne montre aucun signe du contraire. C'est dommage que vous ne puissiez pas le voir, il est un peu maigre, mais très beau.

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Sam 3 Sep - 0:14

Lou avait deviné au bruit furtif d'un déplacement dans la neige qu'un des loups s'était approché. Ce n'était pas une nouveauté pour elle: bien des fois, elle s'était retrouvée en contact indirect avec un ou plusieurs de ces animaux, peu importe la saison, et ils ne lui avaient jamais fait de mal. Ils avaient sans doute plus peur d'elle qu'elle d'eux. Elle sursauta quand elle sentit qu'on lui effleurait le bras, mais elle se calma un peu quand elle sut que c'était simplement Damian.

" Lou, un loup nous observe, là, tout près. Il ne nous veut pas de mal, enfin, il ne montre aucun signe du contraire. C'est dommage que vous ne puissiez pas le voir, il est un peu maigre, mais très beau.


- Les loups sont beaucoup moins dangereux que les hommes. Ils ont peur de nous, et ils ont raison. On les chasse et on les tue, souvent sans raison. Quelque part, je les comprends. Moi aussi, on m'a souvent fait du mal pour le plaisir.

Elle se tut en se mordant la lèvre. Elle avait parlé naturellement, presque sans réfléchir. En temps normal, elle n'aurait jamais dit ça à un étranger... car c'était ce qu'il restait, après tout. Néanmoins, s'ils ne prenaient pas la peine de se connaître un peu, pourrait-il un jour cesser d'en être un? Mais est-ce que cela valait vraiment la peine? Reviendrait-il la voir, une fois cette visite terminée et la journée écoulée?


- J'en ai touché un, une fois. Je m'étais complètement perdue, et j'ai dû passer la nuit dans les bois. Je me suis réveillée en sentant quelque chose m'effleurer les doigts. C'était un loup, sans doute curieux à mon égard. Un solitaire, je pense. En le suivant, j'ai retrouvé la rivière, et j'ai pu rentrer chez moi.


Au moins, cela détournerait le sujet de conversation de ce qu'elle avait pu subir. Elle n'avait aucune envie d'en parler. C'était bien trop douloureux, et enfermé en elle depuis longtemps. Elle continua à dénicher du bois à l'aide de son bâton et à remplir son bac. Elle en évaluait la quantité en tâtant ce qui s'y trouvait. Ils pourraient rentrer sans plus tarder, cela débordait presque. Elle se redressa lentement, s'appuyant un peu sur son bâton. Sur sa butte, le loup s'était étendu dans la neige, sans cesser de les épier. On entendait encore résonner l'appel des autres membres de la meute, plus loin.

- Rentrons, Ser. Il y a largement de quoi tenir une semaine ou deux à ce rythme, peut-être un peu plus.

Ils purent rentrer sans être inquiétés par les loups, qui ne leur voulaient pas le moindre mal. Les pauvres souffraient eux aussi de la faim, et les grosses proies devaient devenir très rares et difficiles à attraper. En arrivant à destination, Lou laissa le bois à sécher dans la vieille forge, sur un établi depuis longtemps dépouillé de ses outils. Il fallait que l'humidité due à la neige s'en aille, afin de pouvoir en faire du combustible. Elle invita le jeune homme à rentrer à nouveau.

- Venez, entrez. Je vais faire un peu de ce thé que vous m'avez offert.

Ce qu'elle fit sitôt à l'intérieur. Elle suspendit ses vêtements à un crochet, avant d'aller raviver les braises mourantes de la cheminée. A peine le feu éteint, le froid reprenait ses droits, même à l'intérieur de la masure. Elle récupéra ce dont elle avait besoin dans l'un des bocaux, puis en jeta les feuilles dans l'eau qu'elle avait mise dans sa bouilloire avant de la suspendre au-dessus du feu qui recommençait à flamber gaiment. Elle alla récupérer deux gobelets pour servir quand ce serait prêt, et vint s'installer sur le divan, au milieu des peaux de bêtes.

- Dites-moi... Comment est-ce que c'est, la vie au château? Vous ne manquez jamais de rien, si?"
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Dim 4 Sep - 0:01

Damian écouta silencieusement ce que lui raconta Lou à propos de ses expériences avec les loups, affichant toutefois un visage soucieux alors qu'il continuait sa quête de branches. Elle avait détourné la conversation après avoir entrouvert le sujet des maltraitances qu'elle avait pu subir, et le jeune homme n'avait eu aucun mal à remarquer que celui-ci avait l'air particulièrement sensible. Il ne comprenait pas. Comment pouvait-on s'abaisser à des agissements tels que malmener une pauvre innocente, aveugle, qui plus est ? Il fallait vraiment être faible d'esprit... Mais si elle n'avait pas envie d'en parler pour le moment, il ne l'y forcerait pas. Il n'oserait pas le lui demander, de toute façon...

- Rentrons, Ser. Il y a largement de quoi tenir une semaine ou deux à ce rythme, peut-être un peu plus.

La jeune femme s'était redressée après avoir déposé un large morceau de bois mort dans le bac. En effet, sans que Damian ne s'en rende compte, ils avaient accumulé une quantité de bois tout à fait honorable, qu'il s'empressa de ramasser.

- Bien, en route alors. Je porte tout ça, ne vous en faites pas.

Il lui sourit, bien qu'elle ne puisse le voir, et jeta un regard furtif là où le loup était à présent couché sur le flanc, tout à fait paisible. Il bailla à s'en décrocher la mâchoire, découvrant des rangées de crocs aiguisés dans une gueule puissante, faisant frissonner malgré lui le Métamage équin. Il n'avait rien contre eux, bien au contraire, mais c'était dans sa nature de redouter les carnivores, il n'y pouvait pas grand chose.

Le trajet retour fut aussi tranquille et bien plus rapide que l'aller, comme ils ne s'arrêtaient pas tous les trois pas pour fouiller la poudreuse, et ils furent de retour chez Lou avant même que la nuit n'aie commencé à tomber. La jeune femme alla déposer le bois fraîchement ramassé dans ce qui était autrefois une forge, semblait-il. Damian s'assura que le cheval qu'il avait emprunté ne s'était pas blessé entre temps, puis suivit l'aveugle jusqu'à la maison, où elle l'invita à boire le thé qu'il lui avait ramené. Comment ne pas accepter ? Il dégrafa donc sa cape et la posa sur une des chaises, pour revenir s'asseoir sur le divan, sur lequel Lou le rejoignit bien vite avec deux gobelets à la main.


- Dites-moi... Comment est-ce que c'est, la vie au château? Vous ne manquez jamais de rien, si ?

Le cheval en Damian agita les oreilles, perplexe. La question le prenait au dépourvu, et il ne savait pas trop quoi répondre pour ne pas paraître trop pompeux ou suffisant. A dire vrai, il n'avait pas à s'inquiéter des choses matérielles, ce qui pouvait paraître utopique à une femme de la condition de Lou. Mais d'un autre côté, le fait d'avoir tout cela à disposition pouvait faire oublier la vraie valeur des choses, et l'on n'aspirait plus qu'à des choses futiles, en n'ayant pas à craindre de ne pas avoir assez à manger pour les jours à venir... Il tapota son genou du bout des doigts, cherchant les bons mots.

- Je dirais que je n'ai pas à me plaindre. Je mange à ma faim et je dors dans un bon lit. La seule chose qui me manque, en réalité, c'est une chose à laquelle me raccrocher, un but à atteindre. Je m'entraîne et je m'instruis, mais en dehors de cela, rien de ce qui se passe au château de m'intéresse.

Il marqua une pause, levant les yeux vers le plafond. En effet, en dehors de ses entraînements, il n'avait rien à faire de bien intéressant. La plupart de son temps libre, il le passait soit à la bibliothèque, soit sous forme équine, à gambader dans les jardins du château, seul. Son regard redescendit vers la jeune femme assise en face de lui, dont les yeux bleus le fixaient sans le voir. Ce n'était pas si difficile de s'ouvrir un peu, finalement. Replaçant une mèche venue lui barrer la vue derrière son oreille, il soupira.

- Quand j'étais enfant, ma condition était relativement semblable à la votre. Ayant quitté l'Ordre, mes parents ne pouvaient plus compter que sur eux-même pour m'élever, et nous avons eu quelques moments difficiles. J'ai donc conscience de ce que vous pouvez endurer, surtout en ce moment, avec l'hiver qui promet d'être rude...

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Dim 4 Sep - 0:46

Quand Damian lui répondit, Lou remarqua une fois de plus qu'il la vouvoyait... Une marque de respect inédite à son encontre, à vrai dire. Tout le monde la tutoyait, et l'avait toujours tutoyée. Bien peu étaient ceux qui la respectaient. Il y avait en général deux types d'attitude à son égard: la tolérance indifférente, et la brutalité gratuite liée à l'hostilité. Pourtant, dans le fond, elle n'avait pas l'impression d'être si différente d'eux...

" Je dirais que je n'ai pas à me plaindre. Je mange à ma faim et je dors dans un bon lit. La seule chose qui me manque, en réalité, c'est une chose à laquelle me raccrocher, un but à atteindre. Je m'entraîne et je m'instruis, mais en dehors de cela, rien de ce qui se passe au château de m'intéresse. Quand j'étais enfant, ma condition était relativement semblable à la votre. Ayant quitté l'Ordre, mes parents ne pouvaient plus compter que sur eux-même pour m'élever, et nous avons eu quelques moments difficiles. J'ai donc conscience de ce que vous pouvez endurer, surtout en ce moment, avec l'hiver qui promet d'être rude...

- Vos parents sont-ils toujours en vie? Moi je... je n'ai jamais connu mon père, et ma mère est morte quand j'avais quatre ans. Je ne me souviens pas bien d'elle. Juste sa voix, son contact, son amour, et quelques chansons qu'elle me chantait. Je ne sais pas si elle a su un jour que j'étais... spéciale.


Dit comme ça, on aurait pu penser qu'elle parlait de sa cécité. Au contraire, elle pensait à ses pouvoirs, qui pouvaient lui faciliter ponctuellement la vie, mais qu'elle n'utilisait pratiquement plus. Pourquoi? Parce que si la haine de certains envers elle était déjà alimentée par sa différence, qu'en serait-il une fois que la nouvelle des étranges pouvoirs qu'elle avait se répandrait? Ce serait pire que tout. Alors, par crainte, elle préférait vivre dans ces éternelles ténèbres. Et puis, son forgeron de père adoptif lui avait appris à ne pas utiliser ces dons à tort et à travers.

- Ca doit tout de même être merveilleux de ne pas avoir à se soucier de son prochain repas, de quand la réserve de bois s'épuisera, ou d'avoir froid l'hiver... Et puis, vous avez la chance d'être instruit. Il paraît que c'est très utile, de savoir lire. Ca rend important.


Bien évidemment, en tant qu'aveugle, c'était une chose qu'elle ne pourrait jamais faire. De plus, elle n'avait jamais pu toucher un livre de sa vie. Dans ce petit village, il n'y avait pas franchement d'érudits. Le forgeron lui-même n'avait jamais su déchiffrer la moindre lettre. ce qui ne l'avait cependant pas empêché d'éduquer la petite à sa manière, et de lui apprendre autre chose.

- Mon père adoptif était le forgeron du village. Cette maison était la sienne. C'était un homme merveilleux. Tant qu'il était de ce monde, je n'ai pas eu à me soucier d'avoir froid, faim, ou de me faire maltraiter. Il m'a même appris à compter et calculer, un peu. Mais il est mort d'un vilain coup de froid lors d'un hiver très rude, un peu comme celui-ci.

Cela lui avait causé un choc terrible. Se rendre compte que celui qui était tout pour elle était mourant, et que la guérisseuse n'était pas capable de le tirer d'affaire l'avait anéantie. Elle avait passé tout son temps au chevet du colosse agonisant, jusqu'à ce qu'il rende son dernier souffle. Et à ce moment-là, elle s'était sentie plus seule que jamais. Mais le temps passant, elle avait appris à domestiquer ce manque, cette solitude pesante... Elle savait maintenant qu'il valait largement mieux rester seule que de faire confiance au premier venu qui embobinait par de belles paroles pour mieux vous...

- Est-ce que les Métamages deviennent de vrais animaux? Je veux dire... est-ce qu'ils oublient complètement leur côté humain? On raconte des choses étranges à votre sujet...

Elle était vraiment curieuse de mieux connaître son monde à travers ses récits. Quelque part, l'idée de vivre dans le château, même comme simple servante, avait toujours été un rêve pour elle. Sa propre mère avait travaillé comme servante dans le château d'un grand seigneur, avant de se faire engrosser par un de ses chevaliers... Qui n'avait évidemment plus jamais donné signe de vie. Ca, elle l'avait su par les aubergistes, qui le tenaient de sa mère quand elle vivait encore. Et ils ne s'étaient jamais gênés pour l'appeler "bâtarde".

- Je crois que ma vie aurait été bien différente si mon père avait daigné me reconnaître. Mais je crois qu'il n'a jamais revu ma mère une fois qu'elle était enceinte. Vous savez, c'était un chevalier, alors que ma mère n'était qu'une servante. Ca m'aurait sans doute mise à l'abri de bien des choses. Mais le seigneur du château a renvoyé ma mère quand elle est devenue trop encombrante à ne plus pouvoir travailler, et c'est là que tout a commencé.

Elle en venait à pratiquement réfléchir et ruminer à voix haute. L'habitude d'être seule qui lui revenait. Même lorsqu'elle travaillait avec la couturière, elle ne parlait pas beaucoup, ou alors pas d'autres choses que ce qui touchait à leur travail. Après tout, qu'est-ce qu'elle pourrait bien avoir à lui dire? C'était une femme bonne, qui ne l'avait jamais abusée ou moquée. Elle la nourrissait et lui donnait sa part d'argent, même si ce n'était pas une grosse somme. En dehors de ça, ce n'était pas pour autant une amie...

Se rendant compte qu'elle était en train d'exposer des choses qui n'étaient pas forcément pour plaire, et qui après tout, concernaient sa petite vie fade et triste, elle sursauta et rougit, manquant de se mettre du thé partout. Elle en but une bonne gorgée, lentement, afin de ne pas s'étouffer, puis elle conserva le silence pendant un certain temps. Finalement, elle s'excusa.


- Pardonnez-moi..."
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Mer 7 Sep - 22:43

Damian resta silencieux à siroter son thé pendant que Lou lui racontait quelques bribes de sa vie, hochant simplement la tête par moments pour acquiescer, à la question concernant ses parents, notamment. En effet, ils étaient toujours en vie, mais le jeune homme était en froid avec eux, en raison de leur désaccord concernant le fait qu'il aie rejoint l'Ordre. Il ne les détestait pas, bien évidemment, mais restait que la perspective de retourner les voir pour se faire regarder de travers et critiquer par son père ne l'emballait pas vraiment. Ainsi il s'en était abstenu pour l'heure, ne leur donnant de ses nouvelles que par courrier.

Néanmoins, d'entendre la tristesse dans la voix de la jeune femme lorsqu'elle évoqua le forgeron qui l'avait élevée lui serra le cœur. Lui avait eu la chance d'être élevé par ses deux parents, et il pouvait toujours se reposer sur eux en cas de besoin. Elle n'avait plus personne, elle était seule dans un monde de cruauté... Damian se fit alors la promesse silencieuse de veiller sur elle et de faire de son mieux pour la protéger. Puisque personne ne semblait se soucier de son sort, il allait s'en charger lui-même. Il releva ses yeux jusqu'alors hypnotisés par les flammes dansant dans l'âtre dans un crépitement de bois en combustion, et la regarda alors qu'elle avait marqué une pause, l'expression de son visage se teintant de curiosité.


- Est-ce que les Métamages deviennent de vrais animaux ? Je veux dire... est-ce qu'ils oublient complètement leur côté humain ? On raconte des choses étranges à votre sujet...

Le jeune homme fronça les sourcils et soupira, se grattant l'arrière de la tête. Beaucoup de rumeurs courraient en effet à propos de ces personnes aux pouvoirs particuliers qu'étaient les Métamages. Ce qui était au fond assez normal. La tendance était plutôt à voir les animaux comme des êtres inférieurs dénués de toute intelligence ou sensibilité, ce qui n'aidait pas à comprendre ce que pouvaient ressentir les humains ayant le don de pouvoir se changer en animal. Ils étaient ainsi plus redoutés qu'admirés, réputés être des brutes sauvages. C'était le cas parfois, en effet, mais pas une généralité.

- Je crois que ma vie aurait été bien différente si mon père avait daigné me reconnaître. Mais je crois qu'il n'a jamais revu ma mère une fois qu'elle était enceinte. Vous savez, c'était un chevalier, alors que ma mère n'était qu'une servante. Ça m'aurait sans doute mise à l'abri de bien des choses. Mais le seigneur du château a renvoyé ma mère quand elle est devenue trop encombrante à ne plus pouvoir travailler, et c'est là que tout a commencé.

Damian sursauta presque en entendant ces révélations d'autant plus inattendues que Lou avait changé de sujet sans attendre de réponse de son interlocuteur. Ce dernier réalisa alors que c'était lui qui avait laissé la question en suspend, à trop réfléchir. Il se pencha en avant, les coudes posés sur ses cuisses, assimilant ce qu'il venait d'apprendre, se gardant bien de le commenter. Ainsi, la vie de la jeune femme était un calvaire depuis le départ... Elle avait eu le malheur de naître fille de servante, et d'un père chevalier qui n'avait pas assumé ses responsabilités... Il reposa son regard sur elle, et constata qu'elle avait l'air extrêmement gênée. Elle s'était sans doute laissée emporter par le flot de paroles, laissant s'échapper ses réflexions à voix haute.

- Pardonnez-moi...

Il se surprit à sourire, et s'approcha d'elle timidement, déposant son gobelet de thé vide par terre avant de lui poser une main sur le bras, sans l'empoigner pour ne pas l'effrayer, sachant qu'elle pouvait prendre peur d'un contact minime.

- Ne vous excusez pas, ça ne me dérange pas d'écouter votre histoire. Et par ailleurs, je ne vous jugerais pas. On ne choisit pas sa famille, comme on dit...

Le Métamage rit doucement pour détendre l'atmosphère, et laissa retomber sa main sur les peaux de bêtes, le regard levé vers le plafond le temps de reprendre le fil de la conversation là où il l'avait laissé plus tôt.

- Pour répondre à votre question, lorsque nous nous transformons, nous gardons notre conscience humaine. Nous ne sommes donc pas totalement des animaux. Mais nous ne sommes pas totalement humains non plus, car notre nature animale fait pleinement partie de nous. Par exemple, en tant que cheval, je peux ressentir et m'imprégner des émotions, des intentions des personnes qui m'entourent sans même les regarder, j'y suis très sensible.

Il eut un nouveau rire, plutôt amer, cette fois-ci. Le moins que l'on pouvait dire, c'était que sa sensibilité de cheval lui avait joué des tours plus d'une fois. Enfant, lorsqu'on dressait les chevaux dans son village, il n'était pas rare qu'un claquement de fouet le fasse bondir de peur, si bien que quelques uns de ses petits camarades en avaient chapardé un pour le poursuivre jusqu'à chez lui en le faisant claquer dans l'air. Encore aujourd'hui, il rêvait de leur rendre la monnaie de leur pièce, en leur courant après avec son marteau, pourquoi pas ? D'autant que de par sa nature, il courait très vite. Il se massa les tempes puis resserra le ruban qui maintenait ses cheveux attachés, alors qu'un détail lui revenait à l'esprit.

- Ah, rien à voir, mais je préfèrerais que vous m'appeliez par mon prénom, plutôt que "Ser" ou "Messire", car cela me gêne énormément... Et puis, puisque je compte revenir vous voir assez souvent, ce serait tout de même plus commode, non ?

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Mer 7 Sep - 23:21

Quand Damian se décida enfin à sortir de son mutisme, la jeune femme s'en montra soulagée. Face au silence que ses propos suscitaient, elle avait craint de le lasser. Elle s'était laissée emporter, après tout... En sentant la main de son visiteur se poser sur son bras, elle sursauta et sentit son coeur faire une violente embardée, la panique monter... Mais le geste n'avait rien de violent. Elle se força donc au calme, même si elle restait très nerveuse du fait de ce contact.

" Ne vous excusez pas, ça ne me dérange pas d'écouter votre histoire. Et par ailleurs, je ne vous jugerais pas. On ne choisit pas sa famille, comme on dit... Pour répondre à votre question, lorsque nous nous transformons, nous gardons notre conscience humaine. Nous ne sommes donc pas totalement des animaux. Mais nous ne sommes pas totalement humains non plus, car notre nature animale fait pleinement partie de nous. Par exemple, en tant que cheval, je peux ressentir et m'imprégner des émotions, des intentions des personnes qui m'entourent sans même les regarder, j'y suis très sensible.

C'était donc ça. Il était un cheval, lui. Pourquoi pas, après tout. Et puis, elle s'était toujours sentie à l'aise avec les chevaux. Bien plus qu'avec les hommes. Serait-elle plus tranquille s'il adoptait son apparence équine, ou bien ressentirait-elle comme quelque chose de troublant en sachant qu'il était en grande partie humain même dans un corps d'animal? C'étaient des réflexions sans grand intérêt, et elle laissait son esprit divaguer afin de digérer ce qu'elle venait d'apprendre.

- Ah, rien à voir, mais je préfèrerais que vous m'appeliez par mon prénom, plutôt que "Ser" ou "Messire", car cela me gêne énormément... Et puis, puisque je compte revenir vous voir assez souvent, ce serait tout de même plus commode, non ?

- Je... Euh, oui, d'accord, Damian.

Elle avait été totalement prise au dépourvu par cette demande. Elle ne s'y attendait franchement pas. Surtout pas que quelqu'un avec un rang d'équivalence presque noble par son appartenance à l'Ordre la traite... comme une égale? C'était tellement étrange et incongru... Elle en resta muette un petit moment, légèrement perdue dans ses repères. "Les chevaliers sont comme nous, Lou, lui avait dit un jour son forgeron de père adoptif. Ils chient et pissent comme tout le monde, une fois enlevée l'armure, et en plus de ça ils ont besoin de quelqu'un pour s'occuper de la moindre petite chose." Mais s'ils étaient vraiment semblables au bas peuple, pourquoi être alors tellement... à part?

- J'ai toujours aimé les chevaux. Je m'occupais d'eux, quand j'en avais l'occasion, quand mon père adoptif les ferrait, par exemple. Bourrin, gros cheval de trait ou destrier de chevalier, aucun ne me faisait peur, qu'il soit entier, hongre ou jument. Je cachais des pommes et des carottes dans ma robe, quand c'était possible, et ils me poussaient des naseaux pour avoir leur friandise. Et sinon, c'était des navets... Ils aimaient bien ça aussi, les navets. Mais je ne suis jamais montée sur l'un d'eux. Puisque je... ne vois pas.

Elle avait toujours eu le contact facile avec les animaux, quels qu'ils soient, depuis les poules jusqu'aux chevaux, en passant par les chiens, les chats, et même les bêtes sauvages comme ce loup solitaire, une fois. Sentaient-ils sa différence et sa solitude? Son handicap? Peut-être. Toujours était-il que, d'aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle n'avait jamais été blessée par l'un d'eux.

- Mais pardonnez-moi... Si vous êtes un cheval, pourquoi dans ce cas ne pas être venu... en animal? Cela vous déplaît, d'être sous votre forme équine?

Elle-même, à sa place, n'aurait pas hésité. Cela devait être fantastique, de se transformer en animal... Peut-être aurait-elle pu prendre la forme d'un aigle, qui avait une si bonne vue? Peut-être qu'elle aurait ainsi compensé sa cécité? Et puis, se sentir libre comme l'air... Cela lui aurait terriblement plu. Peut-être même qu'elle aurait passé sa vie sous la forme d'un rapace, sans plus rien avoir à craindre de personne. Au moindre danger, hop! elle pouvait se mettre en sécurité d'un battement d'ailes. Mais ce n'était là qu'un doux rêve...

- Est-ce que vous parlez aux animaux, quand vous êtes un cheval? Il y a des gens qui disent que ceux de votre espèce... s'accouplent avec les bêtes."

Curieuse, elle gardait son regard aveugle fixé vers là où elle le localisait, mais elle rougit violemment à sa dernière phrase, et baissa les yeux. Elle se leva l'espace d'un instant pour aller se chercher à boire, et remplir le gobelet de son protecteur de thé bien chaud et fumant, avant de se rasseoir parmi les pelisses. Une peau de lapin, encore douce et soyeuse malgré l'usure et les années, lui tomba sur le dos. Elle s'effraya un bref instant, avant de toucher ce que c'était. Comprenant de quoi il s'agissait, elle s'apaisa, et s'en drapa convenablement pour avoir chaud.
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Ven 9 Sep - 0:06

Accoudé au dossier du divan, le Métamage écouta la jeune aveugle lui raconter ses expériences avec les chevaux, commençant enfin à se détendre. Jusqu'alors, il avait été assez tendu de se retrouver seul sans rien à dire avec une jeune femme, mais à présent qu'ils tenaient un sujet de conversation sur lequel il était plus que calé, il se sentait se décoincer, peu à peu. Et puis, elle n'aller pas le manger, après tout. Si Jake le voyait ainsi, il n'en croirait pas ses yeux ! Cette pensée décrocha un sourire en coin au jeune homme, qui jeta des regards furtifs autour de lui, s'attendant presque à voir débarquer en trombe son camarade pangaré, et à l'entendre lui demander à d'une voix si claire et haute que tout le village l'entendrait depuis quand il avait une petite amie. Il secoua la tête pour s'éclaircir les idées et dans l'espoir d'estomper un peu le léger voile rosé étant apparu sur ses joues, bien que Lou ne puisse pas le voir, et se reconcentra sur cette dernière.

- Mais pardonnez-moi... Si vous êtes un cheval, pourquoi dans ce cas ne pas être venu... en animal? Cela vous déplaît, d'être sous votre forme équine ?

Les oreilles du pie pivotèrent vers l'avant, interpellé par l'étrangeté de la question. Enfin... étrangeté pour lui. Depuis qu'il avait appris à contrôler ses pouvoirs au sein de l'Ordre, il ne faisait plus vraiment attention aux moments où il choisissait sa forme humaine ou équine, qu'il déterminait en fonction de la situation, de la nécessité et aussi de son humeur. Mais une personne normale ne pouvait comprendre cela d'elle-même, il en était bien conscient. Aussi ne se vexa-t-il pas et répondit posément, les yeux plongés dans le regard aveugle de son interlocutrice.

- Je serais venu sous ma forme animale, si j'avais pu. Mais j'ai amené mon arme et ces bocaux de thé, qui ne se transforment pas avec moi, j'ai donc du garder ma forme humaine pour des raisons pratiques. A dire vrai, je préfère de loin ma forme équine. Je me sens davantage moi-même lorsque je suis sur mes quatre membres avec le vent dans la crinière. Mais dans l'Ordre, on nous apprend à ne pas trop abuser de notre pouvoir, sous peine d'oublier notre nature humaine.

Personnellement, il doutait que l'on puisse finir par céder totalement la place à sa nature animale, mais nombre de légendes contaient l'histoire de Métamages ayant perdu leur humanité d'avoir trop vécu en tant qu'animaux. Ils seraient devenus des animaux à conscience d'être humain, mais incapables de le redevenir, comme une punition... Quelque part, Damian aurait voulu vérifier par lui-même la véracité de ces histoires, en demeurant cheval pendant des mois s'il le fallait. La cruauté humaine le dégoûtait tellement parfois qu'il voulait simplement s'enfuir et devenir un cheval à part entière. Mais s'il était né Métamage et pas cheval, c'était sans doute pour une bonne raison... Aussi n'avait-il finalement jamais tenté l'expérience.

- Est-ce que vous parlez aux animaux, quand vous êtes un cheval ? Il y a des gens qui disent que ceux de votre espèce... s'accouplent avec les bêtes.

Il était encore dans ses pensées lorsque Lou avait reprit la conversation, aussi n'assimila-t-il pas immédiatement ce qu'elle venait de lui dire, et lorsqu'il compris, elle revenait s'asseoir à ses côtés après avoir remis du thé dans son gobelet. Il se sentit rougir violemment, totalement dépassé par la question, cette fois-ci, si bien que son état de stress naturel le repris d'un seul coup, alors qu'une superbe couleur pivoine venait teinter ses joues pâles. Mais la voyant aussi gênée que lui, regrettant visiblement sa question, il déglutit et tâcha de respirer plus convenablement, et but une petite gorgée de thé avant de répondre, détournant la tête vers l'âtre.

- Eh bien, hum... Je suppose qu'il doit bien y avoir quelques uns d'entre nous qui s'y essayent, mais personnellement, ça ne me dit rien. Et par ailleurs, l'Ordre est loin de nous encourager à ce genre de pratiques...

Il existait des contes à ce sujet également, mais il n'avait jamais su comment les interpréter réellement. Certains étaient plutôt dissuasifs, racontant que l'union d'un Métamage et d'un véritable animal ne donnait que des monstres, tandis que d'autres parlaient de divinités. Dans les faits, il ne lui semblait pas qu'un accouplement de Métamage et d'animal ne donne quelconque descendance. La puissante magie les habitant annihilait leur fertilité sous forme animale, alors à moins de trouver un moyen de la desceller, il n'y avait pas de risques que cela ne donne un monstre ou même un dieu. Le jeune homme se racla la gorge, cette question réglée, et poursuivit sur la partie la plus intéressante, ou disons, la moins gênante, de l'interrogation de Lou.

- Du reste, être sous forme équine ne me donne pas la capacité de communiquer avec les animaux. Par là, je veux dire, je suis incapable de lire leurs pensées ou de les entendre me parler dans ma tête, comme nombre de rumeurs le prétendent. En revanche, nous ne pouvons pas nier, nous autres Métamages, que nous les comprenons beaucoup mieux qu'un être humain normal. Nous interprétons plus facilement leurs attitudes, leurs regards et leurs gestes. Et c'est d'autant plus évident avec les animaux de notre espèce.

Sur ces mots, il porta son gobelet à ses lèvres pour terminer son thé. Dehors, le ciel s'assombrissait, et la nuit n'allait pas tarder à déployer son manteau d'encre sur le monde enneigé. De plus, des flocons s'étaient remis à tomber, pour l'instant petits et se déposant lentement sur la couche de poudreuse recouvrant le sol, mais si l'averse s'intensifiait, il devrait rentrer sous le blizzard, ce qui ne le gênerait pas tellement, mais de ce qu'il connaissait de la monture qu'il avait empruntée, celle-ci n'aimait pas vraiment le froid, et encore moins quand celui-ci était associé à un vent mordant. Damian se leva et s'étira, puis repris sa cape posée sur le dossier de la chaise où il l'avait laissée pour la repasser sur ses épaules.

- Bien, Lou, ne m'en veuillez pas mais il se fait bien tard, et si je ne pars pas maintenant, j'ai bien peur d'être pris dans une tempête de neige. Je repasserais demain, d'accord ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, il se sentait presque excité à la perspective du lendemain. Sans doute parce qu'il avait enfin trouvé une occupation plus intéressante que d'écouter les plaisanteries douteuses de Jake ou de se morfondre dans ses quartiers avec des livres qu'il avait déjà lus et relus. En tout cas, ça lui faisait un bien fou d'avoir quelqu'un avec qui discuter sans crainte d'être jugé ou moqué, bien que l'importance qu'elle semblait lui donner lui paraisse démesurée. De son point de vue à lui, une pauvre paysanne comme elle avait bien plus de valeur qu'un stupide chevalier vaniteux sans courage ni honneur, tout chevalier qu'il soit, comme il en existait beaucoup...

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Sauvetage inattendu [Privé Damian Dozendhaar]   Ven 9 Sep - 9:36

Lou écouta attentivement les réponses qu'il lui donna, un peu gênée d'avoir abordé certains sujets qui circulaient dans les rumeurs. Quand il lui annonça qu'il se pouvait que certains Métamages s'adonnent à ce genre d'union, elle grimaça. C'était réprouvé par les dieux, et par le bon sens. Plus cela allait, et moins elle comprenait les hommes... à croire qu'ils pensaient avec ce qu'ils avaient entre les jambes.

Finalement, elle l'entendit se lever. Il lui dit qu'il était temps pour lui de partir, avant d'être pris dans une tempête de neige, et elle acquiesça. Elle n'avait pas envie qu'il arrive malheur à la seule personne qui se souciât d'elle. Elle reposa son gobelet de thé sur la table, non loin de la bouilloire, et prit son bâton pour l'accompagner jusqu'à la petite forge pour qu'il y récupère sa monture.


" Venez, allons récupérer votre cheval.


Elle était plutôt heureuse qu'il revienne le lendemain comme il l'avait dit. Elle pensait qu'elle pouvait lui faire confiance, car c'était bien un des rares hommes qu'elle avait fréquenté ces derniers temps qui n'avait pas eu de geste ou de parole déplacée à son égard... Et ça la changeait agréablement. Elle se serait presque crue revenue à l'époque où son père adoptif vivait toujours... Mais c'était très différent, cette fois-ci.

En pénétrant dans la forge, ils allèrent jusqu'à la monture du Métamage. Pendant que ce dernier le préparait pour le trajet, la jeune femme le caressait doucement, sur l'encolure, le chanfrein, les naseaux. L'animal lui donna un petit coup de nez contre la poitrine quand elle cessa ses caresses, comme pour en quémander d'autres, et cela la fit pouffer. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu ainsi de contact avec un cheval. Sentir le poil dru d'hiver sous ses doigts, et la chaleur de la peau et des muscles était très agréable. Elle se doutait qu'il devait s'agir d'un bel animal, car elle sentait rouler les muscles puissants quand elle le touchait.

Quand ils sortirent, tenant le cheval par la bride, elle referma la forge derrière eux, soigneusement, avec une grosse clé. Après quoi, elle l'écouta se mettre en selle. Il avait recommencé à neiger, et il lui faudrait être prudent, pour éviter de glisser sur des plaques de verglas, ou de se retrouver dans une congère. Le vent la gifla méchamment alors qu'elle attendait, et cela la fit frissonner. Ils n'allaient quand même pas avoir un blizzard si loin du grand nord, si?


- A demain, dans ce cas. Faites bonne route et soyez prudent."

Elle lui adressa un petit sourire et l'écouta lui répondre, après quoi elle resta là à attendre, jusqu'à ce que le bruit des sabots dans la neige se soient dissipés. Elle resserra sur elle ses vêtements et fit demi-tour pour rentrer chez elle, d'assez bonne humeur. S'il venait lui rendre visite, cela rendrait ses journées plus gaies. Et cela la changerait agréablement de son morne quotidien...
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