Magic RPG 2.0

Version 2.0 du forum Magic RPG, un monde fantasy revu et corrigé s'offre à vous pour de nouvelles aventures palpitantes!
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Froide vengeance [Privé Damian Dozendhaar]

Aller en bas 
AuteurMessage
Lou Dozendhaar
Humain
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 104
Age RPG : 22
En couple avec : Damian Dozendhaar

MessageSujet: Froide vengeance [Privé Damian Dozendhaar]   Jeu 8 Sep - 23:43

Des flocons de neige humide et collante tombaient du ciel obscurci et plombé par d'épais nuages gris. L'hiver avait beau tirer en théorie peu à peu sur sa fin, il ne semblait pas disposé à s'en aller pour autant, ni à laisser de bonne grâce la place au printemps. La poudreuse recouvrait tout d'une nouvelle couche immaculée, mais lourde et humide cette fois. Le gel n'avait toutefois pas réussi à vaincre les remous du courant le plus fort de la rivière, qui s'écoulait en glougloutant, glacée, dans ce seul endroit où elle pouvait se soustraire à son immobilité.

Non loin de ce cours tumultueux, la terre gelée formait un fossé, boueux par temps de pluie, mais en l'occurrence bourré jusqu'au bord de neige et de glace. La route de terre battue passait tout près de là, déserte en ce temps froid et neigeux. On ne pouvait pourtant s'empêcher d'en admirer la beauté. L'épais manteau scintillant à la lumière, d'une blancheur parfaite, immaculée...

Enfin presque. Une traînée écarlate venait rompre cette harmonie. Partant de la rive, elle s'éloignait de manière irrégulière et discontinue en direction du fossé. En le suivant, on finissait par tomber sur un... corps. A demi consciente et laissée pour morte, nue, gelée, couverte de sang, Lou respirait à peine, couchée sur son lit de neige qui avait absorbé son sang, comme une tache flamboyante sur fond blanc. Le fossé était assez profond pour qu'on puisse y enterrer un homme, mais il était si plein de neige qu'elle était simplement posée dessus.

Même si posée était un bien grand mot. On l'avait jetée, balancée dans la fosse, ni plus ni moins, pour qu'elle y meure, soit de ses blessures, soit de froid. Elle respirait à peine, gelée jusqu'à la moelle, à un tel point qu'elle ne sentait même plus la morsure du vent et de la glace sur sa peau bleuie. Sur ses lèvres, des bulles écarlates se formaient alors qu'elle expirait laborieusement. Chaque inspiration était une torture. Elle gisait là, comme un jouet brisé jeté violemment à terre par un enfant capricieux, alors que l'horizon commençait déjà à s'assombrir au loin.

Ils lui étaient tombés dessus alors qu'elle allait rentrer chez elle. Tout le groupe de brutes qui la torturait d'habitude, et qui avait battu en retraite prudemment en voyant Damian la fréquenter souvent. Durant tout un mois, il lui avait en effet rendu des visites fréquentes, pas quotidiennes, mais presque. Et puis, récemment, cela s'était espacé, peut-être parce qu'il la pensait en sûreté. Cela lui avait fait un pincement au coeur, mais elle avait accepté. Puis, la vengeance qu'elle pressentait lui était tombée dessus sans crier gare.

Ils l'avaient traînée de force jusqu'à ce coude tumultueux de la rivière. Là, ils l'avaient dévêtue puis plongée dans l'eau glacée, après quoi ils l'avaient rouée de coups. A la main, et avec son propre bâton. Sa peau mouillée et froide rendait la morsure des coups plus douloureuse encore. A cela s'ajoutaient les moqueries face à ses supplications, à ses efforts désespérés pour se protéger. Un coup l'avait cueillie sur la pommette, qui avait éclaté sous l'impact, et qui s'était mis à saigner abondamment. Elle avait d'autres plaies ouvertes également, et quantité d'ecchymoses.

Puis, quand la grêle de coups et les rires cessèrent, qu'elle tenta de reprendre sa respiration, malgré ses dents qui claquaient furieusement, ils la jetèrent sur la neige, et la violèrent l'un après l'autre, avec une violence pire que tout ce qu'elle avait connu jusque là. Quand ils en eurent fini, elle était presque morte, brisée de partout, la neige sous elle imbibée de son sang, et ayant depuis longtemps perdu la force de crier. Elle vivait toujours, pourtant, et c'est en se faisant la remarque qu'elle était drôlement coriace, pour une infirme maigrichonne, qu'ils la jetèrent dans cet état dans le fossé bordant la route.

A présent, son esprit dérivait totalement. Au loin, elle entendit le hurlement d'un loup crever le silence, puissant, modulé. Elle se demanda s'il viendrait se repaître de sa chair une fois qu'elle aurait cessé de vivre. Elle n'avait actuellement, pour toute conversation, que celle des flots un peu plus loin, et celle de la bise hivernale qui soufflait sans discontinuer ou presque. Elle ne se sentait même plus la force de remuer un doigt. Elle avait mal à tellement d'endroits qu'elle ne savait même plus où elle était blessée. Partout et nulle part à la fois, en quelque sorte. Elle n'était plus que douleur.

Son esprit dériva vers Damian. Ces brutes avaient sauté sur la moindre occasion. Et cette fois, son chevalier servant et... ami? n'était pas venu pour la sauver. Elle se doutait bien que cela finirait par arriver, mais pas avec cette intensité, avec cette férocité. Sans doute leur rage s'était elle accentuée tout le temps qu'ils avaient dû patienter avant de pouvoir l'exercer. Une larme finit par rouler sur sa joue, se mêlant au sang gelé à demi coagulé qui la recouvrait. Elle eut une dernière pensée avant de perdre connaissance.


* Il m'a abandonnée...*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Damian Dozendhaar
Administratice : Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 96
Age RPG : 21 ans
En couple avec : Lou Aenor

MessageSujet: Re: Froide vengeance [Privé Damian Dozendhaar]   Sam 10 Sep - 0:21

- Dam', quand t'auras fini, tu viendras jouer aux cartes avec nous ?

- Hum... Non, désolé, je sors aujourd'hui. Et je risque de me couper avec les cartes.

- Dommage, je comptais justement là-dessus pour la touche humoristique. Tant pis, une prochaine fois alors !

Damian avait à peine levé le nez du tas de livres qu'il était sur le point de finir de classer pour répondre à Jake, tant il était absorbé par sa tâche, pressé d'en être débarrassé. Depuis trois jours, il était assigné à diverses corvées, telles que nettoyer la salle d'étude, ranger des livres ou réparer des meubles endommagés, une sorte de punition que lui infligeait son professeur pour s'être accidentellement transformé en plein cours théorique, la faute de son cher camarade qui n'avait rien trouvé de mieux que de lui demander quand est-ce qu'il comptait épouser cette charmante jeune fille à laquelle il rendait de si nombreuses visites, plutôt que d'être attentif à ce qu'on lui enseignait.

C'est avec un sentiment de libération que le jeune homme cala le dernier livre dans l'immense bibliothèque avant de s'étirer. Il n'avait plus qu'à monter dans ses appartements pour faire un brin de toilette et s'habiller pour se rendre au village. Avec tout cela, il n'avait pas eu l'occasion de rendre visite à Lou depuis cinq jours, aussi s'était-il promis de le faire dès son dernier jour de retenue terminé. Aussi, après avoir salué le bibliothécaire, il fila dans ses quartiers pour se débarbouiller et passer une tenue adaptée au froid hivernal, qui sévissait toujours malgré l'arrivée imminente du printemps. Il acheva de se préparer en rassemblant ses cheveux en queue de cheval et en passant sa cape sur ses épaules, par-dessus son lourd marteau solidement fixé dans son dos. Pour une fois, il se rendrait là-bas sous forme animale. Il irait bien plus vite à sa propre vitesse, et cela serait assez bienvenu compte tenu de l'heure déjà bien avancée.

Il prit donc sa forme équine à peine un pied en dehors du château, et galopa tête haute en direction du village, sa robe blanche et feu se détachant de la couche de poudreuse immaculée, que chacune de ses larges foulées soulevait en un nuage scintillant. L'air frais lui picotait les naseaux et les oreilles, mais le sentir sur sa peau lui donnait une sensation grisante de liberté totale, comme un cheval sauvage que personne ne pourrait jamais enchaîner. Emporté par son enthousiasme, il poussa un petit hennissement et bondit pour jeter ses postérieurs en l'air en pleine galopade, se reprenant en passant au trot quelques foulées, secouant sa longue crinière avant de reprendre une foulée de galop régulière pour continuer sa route.

Au bout d'une dizaine de minutes, le Métamage vit les premières maisons du village apparaître devant lui, et avec elles, une étrange sensation, un pressentiment qui lui fit pivoter les oreilles vers l'arrière. Comme il n'y avait personne au village, il trotta à vive allure jusque devant la maison de la jeune aveugle, et reprit forme humaine pour réajuster sa cape et remettre ses cheveux en place, avant de frapper à la porte. Aucune réponse. Vu l'heure, Lou était peut-être partie chercher du bois ou laver son linge à la rivière. D'ordinaire, elle l'attendait pour sortir, mais comme il n'avait pas montré signe de vie depuis plusieurs jours, il ne serait pas étonnant qu'elle aie fini par y aller seule. Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de penser que quelque chose n'allait pas, et la nervosité le gagnait. Il réfléchit. Si elle était en forêt, il perdrait du temps à la chercher parmi les arbres. Il ferait donc mieux de se rendre à la rivière en premier.

Damian changea donc de forme à nouveau et prit la direction du cours d'eau, se forçant à maintenir une allure raisonnable et à ne pas se précipiter, sous peine de manquer quelque chose, un indice qui pourrait le mener à sa protégée. Mais il n'eut pas besoin de chercher bien longtemps pour qu'une odeur de sang lui monte aux naseaux, le tendant à l'extrême. Il espérait de tout cœur qu'il s'agisse d'un animal blessé, échappé de la forêt. Mais le pressentiment qui lui tordait les tripes depuis qu'il était arrivé au village le faisait paniquer. Quelque chose était arrivé à Lou, ça ne pouvait pas être autre chose.

Suivant l'odeur sous la neige, qui s'était remise à tomber en petits flocons collants depuis quelques minutes déjà, mais qu'il venait tout juste de remarquer tant il était préoccupé, il finit par rejoindre une piste. Il reprit forme humaine pour pouvoir se pencher sur les traces de pas, qui venaient du village, mais par une autre direction. Les traces étaient un peu recouvertes par la neige tombante, mais assez profondes pour que l'on puisse les suivre. A les observer de près, il s'agissait d'un groupe de plusieurs personnes, et il y a avait des traces de lutte, comme si on avait traîné l'une d'elle de force. En avançant, il remarqua qu'une autre piste rejoignait celle-ci en sens inverse. Le tout concordait trop, et Damian commença à prendre peur pour de bon. Il se mit donc à courir, remontant la trace, jusqu'à arriver en bordure de rivière.

Il sentit son cœur lui remonter au bord des lèvres en découvrant la neige écrasée, les lambeaux de vêtements déchirés, les morceaux de bâton brisé, et les traces de sang frais sur l'épais manteau blanc. Il porta une main à sa bouche, réprimant un haut-le-cœur, et suivit la traînée écarlate qui menait au fossé bordant la rivière quelques mètres plus loin. Il la trouva là, jetée comme un mouchoir usé, nue dans la neige, baignant dans son propre sang, qui tachait la poudreuse sous elle. Il se laissa glisser pour la rejoindre, et la prit contre lui, le dos de sa main sur son cou pour déceler un pouls. Les larmes aux yeux, il la cru d'abord morte, avant de ressentir une pression très faible contre ses doigts, et de voir ses flancs se soulever très légèrement. Tremblant, il constata tant bien que mal avec ses yeux embués l'étendue des dégâts. Elle avait de nombreuses plaies plus ou moins profondes, un bras cassé, un nombre incalculable d'ecchymoses et sans doute de nombreuses contusions internes. Sans parler des traces de sang sur l'intérieur de ses cuisse, ultime témoignage de la violence et de la cruauté dont avaient fait preuve ses agresseurs.


- Par les dieux, qu'est-ce qu'ils t'ont fait...

Damian resta un instant immobile, respirant difficilement tant le choc était intense. Puis il s'essuya les yeux et dégrafa sa cape pour en envelopper Lou, dont le corps était raidi par le froid mordant. Ses cheveux humides et le scintillement sur sa peau indiquaient qu'elle avait été jetée dans la rivière, sans doute avant qu'elle ne soit battue et violée, auquel cas les traces de sang sur sa peau seraient moins éparses. Il fallait vite la conduire au château, faute de quoi elle mourrait dans peu de temps. Précautionneusement, il la prit dans ses bras et commença à courir vers le village. Aussi légère fut-elle et malgré sa résistance physique, il ne pourrait pas la porter jusqu'à Lytsoul, il devait donc trouver un moyen de la tirer jusque là-bas. Par chance, devant l'un des premiers bâtiments, il vit un vieil homme qui dételait son cheval de son traîneau. Il le héla.

- Monsieur ! Je vous en prie, j'ai besoin de votre aide. Cette jeune femme doit être amenée au château de toute urgence. Je vous le rendrais et vous paierais s'il le faut, mais je vous en conjure, attelez-moi à ce traîneau.

Sans laisser réellement à son interlocuteur le temps d'y réfléchir, il déposa son marteau, puis Lou dans le petit véhicule, et défit sa chemise pour la passer sur le haut du corps de celle-ci, avant de l'emmitoufler de nouveau dans sa cape. Puis il lança une petite bourse remplie de pièces d'or et prit forme équine, suppliant l'homme du regard puisqu'il ne le pouvait plus par la parole. Le vieillard déposa la bourse sur le siège du traîneau et se saisit du harnais pour le passer autour de l'encolure de Damian.

- Nous vous en faites pas Messire, je vous donne volontiers ce traîneau s'il peut sauver la vie de cette pauvre Lou. Elle qui n'a jamais rien fait de mal à personne, pauvre petite. Je savais bien que ces brutes finiraient par lui tomber dessus, mais, que voulez-vous que je fasse contre eux, seul à mon âge... Allez, filez !

L'étalon remercia l'homme d'un hochement de tête et partit à toute allure en direction du château, avalant la distance malgré le poids qu'il traînait derrière lui. En cet instant, il s'en voulait terriblement. Il s'était juré de ne rien laisser lui arriver, et il avait échoué. Et elle allait peut-être mourir, par sa faute. Lorsque les portes du château furent en vue, il poussa un hennissement désespéré, qui alertèrent les gardes qui lui ouvrirent immédiatement l'entrée. Il s'arrêta dans la cour et redevint humain, s'emmêlant dans les montants du harnais dont il se dégagea avec rage, et reprit Lou dans ses bras pour courir jusqu'à l'office des guérisseurs, dont il ouvrit la porte toujours entrouverte d'un coup de pied, haletant et les yeux baignés de larmes.

- Soignez-la vite, je vous en supplie, elle est en train de mourir...

_________________
You give me something that I can believe in.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Froide vengeance [Privé Damian Dozendhaar]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Gestion de bassins privé
» rivière privée
» Nuit froide mais pas trop agitée
» Messages privés
» VD : projet 72v vos avis (config voie privée)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Magic RPG 2.0 :: Est du royaume de Magikheart :: Terres sauvages de l'Est :: Villages-
Sauter vers: