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 L'appel du devoir [Privé Lou Aenor]

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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: L'appel du devoir [Privé Lou Aenor]   Ven 4 Nov - 0:17

Trois nouveaux mois s'étaient écoulés, paisiblement, sans problème majeur. La grossesse de Lou se déroulait très bien, et touchait peu à peu à sa fin. Encore un petit mois de patience, et le bébé serait là. Cette perspective avait élevé Damian sur un petit nuage de bonheur, que rien ne semblait pouvoir atteindre. La future mère, elle, se trouvait à présent assez fatiguée à ce stade avancé, mais globalement en bonne forme malgré ça. Et naturellement, ils avaient du mettre un frein à leurs câlins nocturnes pour éviter tout accident, ce qui contre toute attente sembla contrarier tout autant la jeune femme que son étalon de mari. Mais il le fallait bien...

Néanmoins, une petite ombre était venue obscurcir le tableau quelques jours plus tôt. En effet, il avait entendu ses supérieurs parler d'une rumeur qui courait, selon laquelle des démons auraient été repérés non loin de la frontière au sud des terres de l'Est. Rien qui ne concerne les Métamages pour l'instant, mais s'ils se montraient trop résistants, on pourrait bien faire appel à eux pour éradiquer la menace. Or, Damian n'avait absolument pas envie d'être appelé au combat à un moment pareil. Lou avait besoin de lui, de sa présence et de son soutien, dans son état.

Il n'avait toutefois pas fait part de cette éventualité à sa compagne, pour ne pas l'inquiéter. Rien n'était sûr après tout, et même si des Métamages étaient appelés à combattre, il n'en ferait pas forcément partie. L'idéal en fait serait que les démons soient arrêtés assez tôt pour qu'on n'ai pas besoin de faire appel à l'Ordre, mais il ne pouvait que l'espérer...

En tout cas, il eut l'occasion de se défaire de ces sombres pensées en fin d'après-midi. Après un bref entraînement en solitaire, il avait rejoint Lou à leurs appartements, où elle se reposait sur ordre de la guérisseuse qui s'occupait d'elle, pour l'emmener avec lui chercher le berceau qu'ils avaient commandé au menuisier du château. La jeune femme semblait attendre cela avec impatience, d'autant plus qu'elle ne travaillait plus aux cuisines pour l'heure, pour se ménager, et devait trouver le temps bien long lorsque son époux n'était pas là.

Il faisait un froid glacial dehors, et pourtant, on n'était qu'au début de l'hiver. Celui-ci promettait d'être très rude, ce qui n'était pas pour rassurer la jeune aveugle. Damian lui-même, qui s'efforçait pourtant de se dire que le petit serait en sécurité au château, avait fini par redouter cette mauvaise saison qui s'annonçait terrible. Il devrait se montrer prudent. Il ne se pardonnerait jamais si le bébé succombait à un coup de froid à cause d'une bête inattention.

Le jeune homme poussa la porte de ses quartiers, et vint aussitôt trouver sa femme, assise dans un fauteuil au coin du feu, pour la prendre tendrement dans ses bras et caresser son ventre. Celui-ci était devenu énorme et encombrant, mais il ne trouvait pas ça laid, ni gênant outre mesure. Au contraire, c'était de son point de vue plutôt beau, harmonieux, rassurant. Voire même... appétissant. Il déposa un tendre baiser dans le cou de sa compagne.


- Bonsoir mon ange... Es-tu prête ? Il faudrait qu'on aille chercher ce berceau avant que la nuit ne tombe.

Bizarrement, lui aussi commençait à s'impatienter d'avoir enfin ce petit lit. C'était tout ce qui manquait, en fait, le reste était déjà prêt, et n'attendait plus que le bébé pour trouver son utilité. C'était un peu symbolique, aussi. En tout cas, il devança Lou en allant lui chercher un gilet, un chaud manteau de fourrure, ses gants et son écharpe, qu'il l'aida à enfiler. Il ne manquerait plus qu'elle attrape froid... Si ça n'avait tenu qu'à lui, il serait allé tout seul chercher le berceau, mais elle voulait absolument venir aussi, alors...

Lorsqu'elle fut chaudement vêtue, ils descendirent d'un pas tranquille les interminables escaliers avant de pénétrer dans la cour pour se rendre à l'échoppe du menuiser. Il ne neigeait pas encore, au contraire, le temps était très sec. Mais lorsque les premières neiges arriveraient, elles tiendraient au sol tout de suite, avec un sol aussi froid.

Ils croisèrent des camarades de Damian en chemin, qui vinrent brièvement aux nouvelles, savoir comment se portaient l'enfant et la mère. Cela faisait tout drôle au Métamage, qui prenait conscience de l'imminence de l'évènement tout en laissant Lou leur répondre, toujours un peu timidement, mais avec une joie non dissimulée.

Il avait eu à faire à d'autres types de réactions lorsque la nouvelle s'était répandue. De la jalousie, par exemple, chose à laquelle il ne s'était pas vraiment attendu, bien que ses proches amis l'aient sous entendu en plaisantant. Une fois, alors qu'il déambulait dans les couloirs avec Jake, il avait entendu deux jeunes femmes discuter à son propos, Métamages herbivores tout comme lui, qu'il avait eu l'occasion de croiser lors de quelques entraînements.


"Je me demande comment il a fait pour la mettre enceinte. Adroit comme il est, j'aurais parié qu'il l'aurait mise au mauvais endroit."

"Haha ! Moi, je te parie que cette pimbêche s'est arrangée pour que ça arrive. Comme ça, il était bien obligé de l'épouser. J'aurais du y penser plus tôt..."

Damian n'avait pas su déterminer s'il devait éclater de rire ou de colère. Ridicules, c'est tout ce qu'elles étaient. Restait qu'elles n'avaient pas le droit de parler de Lou comme ça, sans la connaître et sans rien savoir de sa vie. Mais avant qu'il n'aie à réagir, son ami pangaré lui avait adressé un clin d’œil et s'était dirigé vers les deux pestes pour leur régler leur compte, à sa façon.

"D'après ce que j'en sais, il est plutôt doué dans ce domaine, en fait. Et puis, un étalon, c'est plutôt bien membré... Comme je vous comprends, je serais jalouse aussi, si j'étais à votre place !"

Elles avaient rougi vivement, s'apprêtant visiblement à protester, mais elles virent alors l'intéressé qui se tenait non loin de là, les fixant d'un regard noir trahissant qu'il avait très bien entendu ce qu'elles osaient dire sur sa femme. Confuses et honteuses, elles s'étaient donc éclipsées, laissant un Jake hilare derrière elles. Le pie, lui, n'était pas vraiment d'humeur à rire sur le moment, trop indigné par ce qu'il avait entendu. Qu'on se moque de lui, passe encore. Mais que l'on s'en prenne à Lou, c'était trop pour lui...

En revanche, qu'on vienne s'enquérir de sa santé, et de manière plutôt sincère et intéressée, était quelque chose qui lui faisait grand plaisir et l'emplissait de fierté. Il avait décidément hâte de pouvoir tenir son enfant dans ses bras, le voir grandir, sourire... Pour l'heure, il fallait déjà s'occuper du berceau.

Il prit poliment congé de ses camarades, et glissa ses doigts entre ceux de Lou, pressant doucement sa main, pour reprendre leur route initiale. Une fois à destination, le menuisier les fit patienter un instant le temps d'aller chercher leur commande, instant dont Damian profita pour donner une énième caresse au ventre de son épouse, qui fut accueillie par un petit coup contre sa paume. Par manque de place, sans doute, le bébé s'agitait moins ces derniers temps, mais ne manquait pas de manifester avec enthousiasme lorsque l'envie lui prenait.


- Bonjour toi. Aujourd'hui, nous allons ramener ton berceau chez nous. On t'attend avec impatience, tu sais.

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [Privé Lou Aenor]   Ven 4 Nov - 1:02

Le temps avait passé à la fois très vite et très lentement pour Lou. L'automne pluvieux était arrivé, la fraîcheur brumeuse avec lui, puis il était reparti, laissant finalement place à ce début d'hiver glacial, comme elle l'avait prévu. Elle avait beaucoup changé, en trois mois, et d'ici peu, son bébé viendrait au monde. Il l'avait harcelée de coups pendant tout son cinquième, puis sixième mois de grossesse, jusqu'à l'empêcher de dormir. Il s'était calmé vers le milieu du septième, alors qu'il commençait à être un peu à l'étroit. Et dans le même temps, le ventre de sa mère avait considérablement gonflé.

Elle se trouvait énorme à présent, et elle fatiguait beaucoup, et vite. Le petit pesait de plus en plus lourd, et elle avait le dos douloureux. Sans parler de nombreux désagréments internes qui venaient également... Elle ne pouvait plus rester longtemps debout, dans ces conditions, et des choses auparavant simples lui étaient devenues un supplice. Notamment les escaliers, qui l'épuisaient au bout de quelques marches, alors que cela ne lui posait aucun problème avant. Et il fallait également compter qu'elle avait dû cesser toute nuit câline avec Damian, après trois mois d'acrobaties pour parvenir à quelque chose sans lui écraser le ventre. Elle savait que c'était pour le bien du bébé, mais cela lui manquait quand même, curieusement.

Dans les appartements qu'ils occupaient, presque tout était prêt pour accueillir le petit. La jeune femme avait épuisé tout son stock de laine, et elle avait à présent pour lui une garde robe complète en laine douce et chaude, allant des chaussons aux manteaux en passant par les pyjamas et les bonnets. Elle lui avait aussi fait faire une sorte de combinaison en fourrure de lapin, très douce, d'où seuls ses bras et sa tête dépasseraient, lui gardant le corps au chaud. Ce qui ne serait pas du luxe.

Elle était en train de somnoler dans le fauteuil au coin du feu, sous une chaude couverture en fourrure qu'elle avait rapporté de chez elle au village il y a déjà un bout de temps, quand son époux rentra. Elle sursauta en le sentant l'enlacer puis l'embrasser dans le cou, mais elle se calma presque immédiatement avec un petit soupir apaisé. Fallait-il qu'elle soit épuisée, pour dormir si lourdement qu'elle ne l'entende pas arriver, malgré son ouïe fine!


" Bonsoir mon ange... Es-tu prête ? Il faudrait qu'on aille chercher ce berceau avant que la nuit ne tombe.

- Avec plaisir... Enfin! Je l'ai attendu tellement longtemps... J'espère que le travail sera de qualité, avec le temps que le menuisier y a passé.

A vrai dire, elle avait hâte d'y mettre petit matelas et couvertures, afin de se rendre compte de l'effet que le tout ferait. Et elle voulait aussi savoir si ce qu'elle avait confectionné conviendrait. Elle alla s'habiller, la démarche cambrée et le pas lourd, avec l'aide de son compagnon. Elle était tout de même pleine d'enthousiasme, même si elle n'était plus en état pour sautiller partout. Quand elle fut bien habillée, elle saisit son bâton, et ils quittèrent leurs appartements.

Emprunter les volées d'escaliers interminables du château lui fut un supplice, et elle dut s'arrêter une fois ou deux pour souffler, avec un sourire d'excuse. Elle se demandait comment elle allait encore pouvoir tenir un mois jusqu'au terme... Elle était déjà tellement fatiguée maintenant. Mais c'était le lot de toutes les femmes enceintes, après tout. Elle continua donc vaillamment, jusqu'à ce qu'ils soient dehors. Elle aspira goulûment une grande bolée d'air glacé qui lui piqua les poumons, avant d'expirer profondément.

Alors qu'ils se rendaient dans le petit atelier du menuisier, ils croisèrent des connaissances du Métamage, qui s'enquirent de son état. Elle en fut touchée et leur répondit avec gentillesse, sans pouvoir s'empêcher de rougir. Cela lui faisait vraiment plaisir qu'on s'intéresse à tout ça, mais elle n'en avait pas encore l'habitude... Quand le jeune homme lui pressa la main en prenant congé, elle lui emboîta le pas.

Une fois chez le menuisier, en attendant que ce dernier leur apporte leur commande, le couple resta seul un moment. Lou fut obligée d'aller s'asseoir sur une chaise posée là, incapable de rester debout après cette petite marche. Damian en profita pour venir la câliner, caressant son gros ventre distendu et gonflé. Elle s'étonnait vraiment de ne pas encore avoir éclaté comme une vessie trop gonflée... Le bébé se mit à cogner un peu en réponse à son père, ce qui n'était guère étonnant.


- Bonjour toi. Aujourd'hui, nous allons ramener ton berceau chez nous. On t'attend avec impatience, tu sais.

- Oh, je suis sûre qu'il le sait. Je crois qu'il... Enfin, quand on parle, je suis sûre qu'il nous entend.

- Et voilà pour vous, le berceau que vous m'avez demandé...

Le menuisier était revenu, et avait posé devant eux un beau berceau, assez grand pour que l'enfant y tienne jusqu'à environ un an. Il pouvait se balancer sur ses pieds pour endormir le bébé en le berçant, ce qui serait sans doute pratique. La jeune femme se leva pesamment pour aller l'explorer du bout des doigts. Il était sculpté, et le bois était doux et lisse sous son toucher. Vernis, sans aucun doute, et surtout poli. Ils n'eurent qu'à exprimer leur contentement et à emmener le meuble, l'ayant payé d'avance afin que l'homme puisse se procurer le meilleur bois possible pour le faire.

Elle laissa naturellement le soin à son compagnon de le porter. Elle était déjà bien assez en difficulté à simplement marcher... Ils y allèrent à son rythme, et une fois de retour, le berceau put prendre sa place dans la chambre matrimoniale. Il allait y rester un bon moment, jusqu'à ce que le bébé soit assez grand pour dormir dans l'ancienne chambre d'amis... En se déshabillant, Lou sourit largement, en s'asseyant sur le bord du lit.


- C'est parfait, tout ça. Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre qu'il se décide à venir..."
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [Privé Lou Aenor]   Sam 5 Nov - 1:41

Le menuisier ne tarda pas trop à revenir avec son œuvre achevée, que Lou s'empressa d'examiner au toucher après s'être levée lentement et lourdement. Depuis peu, son gros ventre lui pesait tellement que des mouvements moindres lui étaient devenues très pénibles. Damian fit de même, bien qu'il puisse l'admirer de ses yeux, lui, afin de jauger la qualité du bois. Excellente, et pour cause, il y avait mis le prix. Mais il n'avait pas grand chose de mieux à faire de son or, donc, autant en faire profiter sa famille. Il remercia chaleureusement l'artisan et prit prudemment le berceau dans ses bras, sans grand mal au vu de sa condition physique fortement influencée par sa part animale, et suivi Lou dehors.

D'un pas encore plus lent qu'à l'aller, ils prirent le chemin de leurs appartements. Il laissa à Lou tout le temps qu'elle voulait pour s'arrêter et souffler un peu, remonter les escaliers étant encore plus épuisant pour elle que les descendre. Ça lui faisait un prétexte pour se reposer un peu lui aussi. Le meuble était tout de même fait d'un bois lourd, compact, très solide, et à la longue, c'était tout de même un peu fatiguant pour ses bras humains.

Quand enfin, ils furent de retour chez eux, le Métamage devança son épouse, à laquelle il laissa le soin de refermer la porte derrière eux, et alla poser le berceau dans un coin de leur chambre. Il lui sembla, lorsqu'il recula pour voir ce que ça donnait, que c'était tout à fait sa place, comme s'il avait manqué au décor jusqu'alors. Cela fit sourire Damian, qui se tourna vers sa compagne, qui venait de se laisser tomber doucement sur le bord du lit pour s'y asseoir, après s'être délestée de la couche de vêtements qui la couvraient pour affronter le froid extérieur.


- C'est parfait, tout ça. Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre qu'il se décide à venir...

- J'ai hâte...

Tout sourire, il vint vers elle pour s'emparer tendrement de ses lèvres, la poussant tout doucement pour qu'elle se retrouve allongée sur le dos. Puis il déposa un autre baiser sur sa joue et l'installa convenablement sur le matelas, couchée dans la longueur de celui-ci. Il s'assit ensuite sur le bord du lit, lui releva doucement les jupons de sa robe, puis posa tout aussi gentiment les mains sur son ventre tendu pour commencer à le masser délicatement.

La guérisseuse lui avait montré la manipulation, afin qu'il la reproduise aussi souvent que possible. Cela faisait beaucoup de bien à la mère, la détendait ainsi que la peau de son ventre. Et à en croire les petits coups qu'il recevait parfois lorsqu'il le faisait, ça n'avait pas l'air de déplaire au petit non plus... Évidemment, fasciné comme il l'était par cette belle bedaine, il ne se privait pas d'appliquer les conseils de la guérisseuse, et en profitait d'ailleurs pour la câliner copieusement. Quelque part, cela compensait un peu les étreintes dont ils devaient tout deux se priver, pour le bien du bébé.


- As-tu envie de quelque chose de particulier pour le dîner, ce soir ?

Damian cessa son massage pour déposer un tendre baiser sur le ventre de Lou, et y poser sa joue un moment, yeux fermés. Il entendait gargouiller à l'intérieur, et sentit la peau se tendre contre son visage à plusieurs reprises. Parfaitement apaisé lui aussi, il se redressa presque à regret et la rhabilla convenablement. Il était temps de faire monter le dîner et de dormir. Curieusement, il se sentait très las et fatigué ce soir. En fait, il en venait à se demander s'il n'absorbait pas la fatigue de sa femme, en plus de ses émotions.

Le repas avalé, il accompagna la jeune femme dans la salle d'eau, où elle prit un bon bain chaud pendant que lui faisait une toilette rapide et se rasait. Au vu des difficultés qu'elle éprouvait à rentrer et sortir de la vasque, il préférait être à proximité pour l'aider. Parfois, il en profitait pour lui laver le dos, tout doux et câlin, comme de coutume.

En résumé, il était aux petits soins avec elle, pas parce qu'elle le lui demandait, mais parce que ça lui faisait plaisir. Bon, ça avait été moins agréable d'être réveillé en pleine nuit plusieurs fois ces derniers mois pour ramener en catastrophe quelque chose à manger à la future mère, en proie à des envies toujours aussi bizarres. Mais il avait presque fini par s'y faire, et refaire des nuits complètes depuis quelques semaines lui avait presque paru... étrange.

Lorsque tout deux furent propres et vêtus pour la nuit, ils allèrent s'installer sous les draps, et le jeune homme passa encore un long moment à câliner son épouse, les mains collées à son ventre. Il avait par moments l'impression d'être peut-être un peu trop envahissant, mais elle ne s'en était jamais plainte. Il fallait dire qu'elle appréciait beaucoup qu'on la cajole, mais qui sait, au bout d'un moment, elle aurait pu se lasser. Mais comme ça n'avait pas l'air d'être le cas, pourquoi se priver ? Ils s'endormirent finalement blottis l'un contre l'autre, Damian le dernier, comme souvent, et il sombra dans un sommeil profond, ponctué de rêves dont il ne se rappela pas les détails, mais qu'il ressentit comme agréables, légers.

Il fut tiré de ce pays de rêves heureux au petit matin par des coups répétés, lourds et autoritaires, contre la porte de ses appartements. Il mit un temps à s'en rendre compte, et il fallut d'ailleurs que Lou le secoue un peu pour qu'il émerge. Il se redressa péniblement, les yeux encore mi-clos, la tête dans le brouillard, et dut se racler la gorge pour formuler quelque chose de compréhensible.


- Qui est là ?

- Général Coleman. Veuillez ouvrir immédiatement cette porte.

Le général Coleman, rien que ça ? Un des généraux les plus gradés de l'Ordre, et accessoirement, l'un des instructeurs de Damian. Celui-ci caressa doucement la joue de Lou en lui glissant un "je vais voir ce qu'il me veut, et je reviens", et s'extirpa des draps en grommelant copieusement pour se diriger vers l'entrée et ouvrir la fameuse porte comme on le lui avait ordonné. Le visage grave du Métamage bison lui apparut alors, alors qu'il pénétrait dans les appartements du jeune homme, suivi de deux sous officiers. Ça n'annonçait rien de bon...

- Ser Dozendhaar, vous êtes attendu dans la cour principale dans vingt minutes, avec armes, armure et bagage.

- ... Pardon ?

- Des démons ont pénétré les terres de l'Est par le sud, et les chevaliers seuls ne parviennent pas à les repousser. Nous sommes donc contraints d'envoyer nos troupes.

Damian se sentit pâlir. Ainsi donc, c'était vrai... Et c'était la pire situation qu'il avait envisagée qui se réalisait. Il serra les poings. Avaient-ils vraiment besoin de lui ? N'y avait-il pas des Métamages plus compétents que lui pour lutter contre des démons ? Dans d'autres circonstances, il se serait exécuté presque de bon cœur, ravi qu'on lui accorde assez de crédit pour participer à une telle bataille. Mais tout avait changé à présent, il y avait Lou, et le bébé...

- Général, je... Est-ce bien nécessaire de m'y envoyer ? Je veux dire... Ma femme est enceinte, le bébé va arriver bientôt et... elle a besoin de moi...

- Beaucoup de vos camarades sont dans le même cas. Je vous comprends, croyez-le bien, mais ce sont les ordres. Nous n'avons pas le choix. Pressez-vous de vous préparer. Cour principale, vingt minutes.

L'homme sortit aussi rapidement et sèchement qu'il était entré, laissant le jeune Métamage derrière lui. Celui-ci se sentait mal, le cœur horriblement serré. Qui savait combien de temps allait-il être parti ? Pour qu'on fasse appel à des Métamages, ça ne devaient pas être des démons trop puissants, seulement des entités minimes. Mais restait qu'ils pouvaient être très dangereux, si l'on était pas vigilant. D'un pas traînant, il revint dans la chambre, et à voir l'expression effondrée de son épouse, il sut qu'elle avait tout entendu. Dévasté, il grimpa sur le lit d'un bond et la prit dans ses bras, tout contre lui.

- Oh, Lou ! Pardonne-moi, je... Je n'ai pas le choix, je dois obéir aux ordres... J'aimerais tellement rester, et te soutenir. J'ai... si peur de rater sa venue au monde... Pourquoi maintenant, par les dieux ?!

A la fois furieux, triste et désolé, il du pourtant se résigner à se détacher de la jeune femme pour s'habiller en toute hâte et préparer ses affaires, comme on le lui avait demandé. Devoir la laisser derrière lui était tout simplement terrible, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Raison de plus pour revenir vivant, et au plus vite. Il allait réduire ces monstres en bouillie vite fait, bien fait, et rentrer assister à la naissance de son bébé, point final. Une fois que tout fut prêt, il revint auprès de sa femme, qu'il serra de nouveau fort contre lui, et embrassa longuement, avec tout l'amour qu'il pouvait ressentir pour elle, et tout en caressant son ventre.

- Je reviendrais vite, je te le jure, pour veiller sur vous deux. Tu me manques déjà...

Sur ces mots, il la relâcha à contrecœur et quitta ses quartiers, tâchant de ne pas se retourner pour que ça ne soit pas plus difficile encore, et prit le chemin qu'on lui avait indiqué. Dans les rangs des Métamages qui partaient au combat avec lui, il reconnut Jake, qu'il s'empressa de rejoindre. Au moins un bon point, il ne serait pas seul, et bénéficierait du meilleur soutien moral qui soit pour lui, après Lou. Lorsque les lourdes portes du château s'ouvrirent et qu'ils se mirent en marche, le pangaré donna une accolade pleine d'amitié et de compassion au rouquin, dont la mine était plus sombre que jamais.

- Courage, Dam'...

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: L'appel du devoir [Privé Lou Aenor]   Sam 5 Nov - 12:49

Lou savoura tout particulièrement ce moment de tendresse quand son compagnon vint lui masser le ventre et la câliner. C'était vraiment très agréable, et cela soulageait un peu la tension de sa peau tendue. Le bébé appréciait aussi, à ce qu'elle avait pu remarquer. Tout comme il avait l'air d'apprécier le bain qu'elle prit juste après avoir mangé. C'était devenu très difficile pour elle d'entrer et de sortir du bassin malgré les marches, mais elle se sentait toujours apaisée et sereine quand elle s'y trouvait.

Quand ils allèrent se coucher, elle eut l'impression de se fondre dans le matelas tellement elle était épuisée. Tout cela irait mieux quand le bébé naîtrait, ce qui ne serait plus si long à présent... Elle se laissa faire avec plaisir quand Damian vint la câliner, tout fou de son ventre comme toujours, alors qu'elle était déjà à moitié endormie. Elle sombra très vite dans le sommeil, qui fut sans rêve.

Curieusement, même si elle avait le sommeil très lourd depuis qu'elle vivait au château, et encore plus depuis qu'elle était enceinte, ce fut elle qui se réveilla en premier en entendant les coups à la porte. Elle se frotta les yeux et se redressa péniblement en position assise, se défaisant de l'étreinte de son époux. Elle patienta un moment, se demandant si elle devait aller ouvrir, mais devant la vigueur des coups répétés, elle préféra secouer le jeune homme qui dormait encore.


" Damian, il y a quelqu'un à la porte...

Il finit par émerger et par hausser le ton afin de répondre à la personne qui toquait avec insistance. En entendant un gradé de l'ordre s'annoncer, elle fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'on pouvait bien leur vouloir à une heure pareille? Elle sentit son compagnon lui caresser la joue en lui disant qu'il allait voir ce qu'il se passait, et elle hocha la tête en guise d'assentiment. Elle tira les couvertures sur elle jusqu'au menton alors qu'il se levait, mais elle se sentit incapable de se rendormir, et se contenta donc de tendre l'oreille.

Elle ne perdit pas une miette de la conversation, et elle sentit son coeur se serrer, alors qu'une pointe d'angoisse commençait à percer douloureusement dans sa poitrine. On voulait envoyer son Damian combattre des Démons? Maintenant? Elle posa instinctivement ses mains sur son ventre. Comme s'il sentait la nervosité de sa mère, le bébé se mit à s'agiter, malgré le peu de place qu'il avait encore.

Elle n'avait jamais eu affaire à ces créatures. Elle en avait entendu parler, bien sûr, mais jamais elle n'avait eu vent de leur présence si loin au nord. Elle savait qu'ils se cantonnaient en général au sud où ils étaient stoppés tant bien que mal, mais là... Elle avait peur qu'il n'arrive quelque chose à son époux. Ce dont elle était sûre, c'est que ces monstres étaient terriblement dangereux. Et avec le bébé qui arriverait bientôt...

Quand ils s'en furent, elle entendit le Métamage revenir dans la chambre. Elle ne dit pas un mot, le coeur serré d'angoisse, mais son visage devait en dire long, et parler pour elle. Elle frissonna malgré les couvertures alors qu'elle se redressait. Il faisait glacial dans la chambre, le poêle étant éteint, mais ce n'était sans doute pas la seule raison de ses frissons... Il la rejoignit sur le lit et l'attira dans ses bras. Elle se laissa faire, trop angoissée pour résister, et trop angoissée pour pleurer.


- Oh, Lou ! Pardonne-moi, je... Je n'ai pas le choix, je dois obéir aux ordres... J'aimerais tellement rester, et te soutenir. J'ai... si peur de rater sa venue au monde... Pourquoi maintenant, par les dieux ?!


- Ne t'en fais pas. Je vais le retenir jusqu'à ce que tu rentres. Il pourra attendre un peu...

Elle lui fit un sourire forcé qui se voulait convainquant. Retenir la naissance... Autant que cela lui était possible, oui. Mais surtout, il ne faudrait pas qu'il traîne trop à rentrer, sinon elle ne pouvait rien garantir. Elle se mordit la lèvre. Avec sa fatigue et sa cécité en plus, elle avait besoin de lui pour certaines choses de la vie quotidienne. Elle risquait d'avoir du mal à se débrouiller seule en son absence, surtout pour ses bains. Mais après tout... elle n'avait pas le choix. Et elle avait vécu si longtemps seule... même si c'était différent.

Elle n'ajouta rien pendant qu'il allait préparer ses affaires. Elle l'entendait s'affairer dans la pièce, tandis qu'elle restait plongée dans ses pensées, muette. Tout cela lui donnait la nausée. Elle se blottit dans les draps, caressant son ventre. Elle espérait que tout se passerait bien, pour elle comme pour lui, mais elle se gardait bien de lui dire qu'elle redoutait ce temps sans lui. Et pire encore, elle ne voulait même pas penser au risque de ne jamais le voir revenir.


- Je reviendrais vite, je te le jure, pour veiller sur vous deux. Tu me manques déjà...

- Toi aussi. Sois prudent surtout, je préfère que tu reviennes tard que... pas du tout. Je t'aime."

Il était venu l'embrasser, et elle y répondit volontiers. Elle inspira un grand coup, s'imprégnant de son odeur familière et réconfortante. Elle le laissa caresser une dernière fois son ventre avant qu'il se retire finalement. Elle l'entendit s'éloigner, puis passer la porte qui se referma sur lui. Cela lui laissa l'impression d'un grand vide. Le coeur lourd et serré, elle se recoucha simplement, avant de sentir les premières gouttes humides couler le long de ses joues, en silence.
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L'appel du devoir [Privé Lou Aenor]
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