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 Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]

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Lou Dozendhaar
Humain
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MessageSujet: Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]   Ven 18 Nov - 17:16

Un petit mois avait passé depuis la venue au monde de Léo. L'hiver était définitivement bien installé, en cette mi-saison, et il n'avait pas l'air de vouloir se montrer clément. De fait, Lou se montrait particulièrement prudente et attentive avec le petit. Ce dernier était donc toujours bien emmitouflé, et ne semblait pas s'en plaindre. Il passait toujours autant de temps à dormir, bien au chaud dans son berceau, et il n'était vraiment pas une contrainte pour ses parents.

Cependant, remis de sa blessure, Damian avait dû recommencer à s'absenter en journée, même si moins longtemps qu'avant. Il était généralement là pour chaque déjeuner, ce qui lui permettait de baver tranquillement sur les langes de son fils. Son épouse avait dû apprendre à se débrouiller seule au maximum. Tout ce qui touchait à la tétée, au sommeil, au lavage et à l'habillage ne lui posait pas de problème. En revanche, elle avait toujours du mal à lui changer ses langes et à le nettoyer en cas de gros besoin, et elle avait encore terriblement peur de le laisser tomber quand elle le portait.

Dans le même temps, la jeune mère se sentait étrangement légère, depuis qu'elle n'était plus enceinte. Ne plus souffrir de partout et se traîner était un vrai bonheur. Elle avait hâte de pouvoir monter à nouveau un peu, mais avant cela, elle avait de nouvelles obligations à remplir. Mais peut-être quand le petit aurait un peu grandi, et qu'ils pourraient le confier à quelqu'un l'espace d'une heure ou deux... Pour le moment, elle répugnait à le laisser à une nourrice, comme d'autres mères le faisaient. Mais si c'était pour le garder un moment, par la suite, pourquoi pas...

Elle était occupée à tricoter des vêtements un peu plus grands pour son bébé, en cette fin d'après-midi. Il mangeait bien et dormait beaucoup, et la guérisseuse avait assuré qu'il ne tarderait pas à pousser comme un champignon. Tout en faisant cela, elle picorait dans un bol d'assortiment de fruits confits, friandises qu'elle avait découvert récemment et dont elle raffolait, et que son époux avait eu la délicatesse de lui apporter. Elle s'interrompit en entendant les premiers pleurnichements de Léo.

Elle eut un léger sourire et posa son tricot sur le divan près d'elle, avant de se lever. Elle fit très attention en se déplaçant, et alla jusqu'à la chambre. Elle le prit délicatement dans ses bras, avec mille précautions, et alla s'asseoir sur le bord de son lit pour donner à manger au petit affamé. Rien qu'à sa façon de pleurer, elle savait ce qu'il voulait. Il se mit à téter goulument quand elle le mit au sein, ce qui l'amusa.


" Jake a raison, tu es aussi goinfre que ton père...

Elle lui déposa un petit baiser sur le crâne et attendit patiemment qu'il aie terminé. Quand ce fut fait, elle le prit contre elle pour lui faire faire son rot. Cela se fit un peu attendre avant qu'il en lâche un bien sonore. Comme quoi, il s'était une fois de plus gavé. Au moins, il deviendrait vite assez fort pour résister aux fléaux qui pouvaient emporter les nourrissons dans leurs premiers mois ou années de vie... C'était rassurant.

- On va te donner ton bain avant qu'il fasse trop froid, d'accord bonhomme?

Le gardant dans ses bras, elle se leva pour se rendre dans la salle d'eau. Elle reviendrait chercher ses affaires pour l'habiller dès qu'il serait installé au fond du divan. Dans son état, elle ne pouvait pas tout prendre en une fois. Elle fit attention en marchant, comme d'habitude. Malheureusement, elle posa mal son pied sur une des trois marches qui surélevaient la chambre par rapport au reste de l'appartement, et elle trébucha.

Ne pouvant se retenir à rien, elle ne put que tomber. Sa première pensée alla à Léo, tandis qu'elle sentait les doigts glacés de la peur lui serrer le coeur. Elle le serra contre elle de telle manière à ce qu'il soit au mieux protégé du choc, surtout au niveau de la tête. Quand elle rencontra le sol, elle sentit une vive douleur la transpercer. Le bébé se mit à pleurer contre elle, lui ayant un peu glissé des bras. Paniquée, elle ne savait pas quoi faire. Elle ne pouvait voir s'il avait mal ou juste peur, s'il allait bien...


- Je suis là mon bébé, ne pleure pas..."

Elle essaya de se redresser en prenant appui sur ses mains, et ce fut à ce moment qu'elle sentit vraiment à quel point la douleur dans son bras était vive. Sans doute était-il cassé... Et elle s'était également cogné la tête contre le sol. Elle sentit le goût du sang sur ses lèvres, alors que tout se mettait à tourner. Elle perdait ses repères, obsédée par les pleurs du bébé. Son incapacité à l'aider la paralysait, tandis qu'elle restait là, les larmes ne tardant pas à couler, perdue et morte de peur.
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]   Ven 18 Nov - 23:50

Quelques semaines s'étaient écoulées paisiblement à Lytsoul. Le petit Léo venait tout juste d'avoir un mois, et se portait comme un charme, pour le plus grand bonheur de ses parents. Aux dires de la guérisseuse, il allait bientôt commencer à grandir de manière très significative, ce pourquoi la jeune maman s'était attelée à la confection de nouveaux vêtements plus grands. Damian, de son côté, s'était chargé de commander des tissus un peu plus légers que la laine, afin que son épouse aie une petite réserve à sa disposition pour faire des vêtements plus adaptés aux beaux jours, quand ils reviendraient.

Depuis peu remis presque totalement de sa grave blessure, le Métamage avait pu reprendre une activité minime au château, ainsi qu'un entraînement très léger pour se refaire du muscle, sous la surveillance d'un supérieur qui veillait à ce qu'il ne force pas. Si la plaie était refermée et en cours de cicatrisation, elle pouvait encore le lancer terriblement s'il faisait un faux mouvement. De plus, d'être resté convalescent pendant presque un mois faisait qu'il se fatiguait un peu plus vite qu'avant, il devait donc écourter les séances, préférant en général donner des leçons à de jeunes Métamages.

Il pouvait se transformer de nouveau depuis un peu moins d'une semaine également, et à cette occasion, on lui avait retiré l'armure de cuir enchantée qu'il avait gardée cachée sur sa forme animale depuis tout ce temps, et d'en être enfin débarrassé réveilla en lui une folle envie de courir comme un fou pour dégourdir ses quatre jambes d'étalon, mais il se contenta de se rouler copieusement dans le sable de la piste, puis de trottiner sur quelques mètres tout en se secouant, avant de reprendre forme humaine. Il fallait rester raisonnable.

Naturellement, de ne plus être en permanence dans ses appartements pour s'occuper de son tout jeune fils et de son épouse contrariait un peu Damian, qui s'en voulait de la laisser seule pour s'occuper du nourrisson. Il savait qu'elle avait du mal à faire certaines choses, en raison de sa cécité, et qu'elle avait très peur de mal faire. Et de plus, lui avait terriblement peur qu'il arrive quelque chose en son absence, à la mère comme à l'enfant. Cette peur était là, persistante au creux de son ventre, depuis que Léo était né. Il avait réalisé avec les évènements récents, à savoir sa blessure, à laquelle il aurait pu succomber, et la naissance de son fils, que ce dernier et sa mère étaient devenus les êtres les plus précieux de son univers, et qu'il aurait bien du mal à se remettre de la disparition de l'un comme de l'autre...

En cette fin d'après-midi, le jeune homme était allé faire un tour aux écuries, où l'on avait réclamé sa présence pour régler un petit problème de jeune cheval peu coopératif. En tant que Métamage de la même espèce, il était tout indiqué pour essayer de comprendre ce qui n'allait pas, et comme il ne pouvait pas s'entraîner de manière intensive, cela l'occupait, et il n'était pas payé à ne rien faire. Un peu à contrecœur bien qu'il appréciât ce genre de tâche, d'ordinaire, il avait donc laissé Léo aux bons soins de sa mère, et l'avait laissée sur un gentil baiser au coin des lèvres alors qu'elle s'attaquait à un nouveau tricot, assise près du feu.

L'affaire n'avait pas été très longue. Le Métamage avait prit sa forme animale, et on l'avait laissé avec l'équidé à problèmes dans un rond de longe. Il était resté immobile, tandis que le jeune étalon, d'une belle robe noire aux crins méchés de feu, galopait comme un fou autour de lui. Voyant que son "congénère" ne bronchait pas, il s'était approché de lui pour venir lui souffler dans les naseaux, et ainsi, faire connaissance. Damian lui avait rendu son salut, calmement, poussant un petit hennissement rassurant, et tâchant par la même occasion de comprendre ce qui clochait chez le noiraud. Puis, après avoir trottiné un petit moment avec lui, et conversé plus ou moins à force de mouvements d'oreilles et de battements de queue, il était sorti du rond de longe et reprit forme humaine pour s'adresser aux garçons d'écurie.


- Il est très énergique, et n'aime pas rester en stalle. Du coup, dès qu'on le sort, surtout avec ce froid, il se défoule tout simplement, et ne se montre pas très obéissant, fatalement. Je pense que vous devriez le lâcher en liberté un petit moment avant de le monter. Et quand les beaux jours reviendront, il sera mieux au pré.

Quelque part, il ne comprenait pas comment certains chevaux pouvaient se faire à la vie en box. Lui-même, bien que de tempérament calme, éprouvait ponctuellement un grand besoin de se défouler. Et il avait hâte d'être totalement remis de sa blessure pour pouvoir galoper sur des kilomètres, à s'en user les sabots, sans risquer de souffrir le martyr. Son petit travail terminé, il se hâta de prendre le chemin du retour, impatient de retrouver sa tendre épouse et son adorable petit bout.

En se dirigeant vers l'intérieur du château, il vit, assis sur le rebord de la fontaine gelée, deux jeunes Métamages qui se dévoraient du regard, enlacés tendrement, l'air très amoureux. Cela éveilla une étrange sensation au creux de ses reins, qui lui rappela que cela faisait un moment qu'il n'avait même pas esquissé ne serait-ce qu'un geste enjôleur envers Lou, dans l'espoir d'assouvir un besoin après tout naturel.

A vrai dire, cela avait été peu approprié lorsqu'il était rentré de la bataille contre les Démons, autant en raison de sa blessure que de la naissance toute proche du bébé. Et après avoir assisté à celle-ci, ensuite, il aurait trouvé déplacé de réclamer quoi que ce soit. Puis le temps avait passé et tous deux pensaient plutôt à s'occuper de leur petit garçon, et le jeune homme s'était dit que peut-être Lou n'avait pas la tête à ce genre de choses. Et finalement, il avait fini par ne plus trop y penser, et même maintenant que le hasard lui avait rappelé qu'il était en manque, il préférait encore ne pas importuner son épouse avec ses désirs.

C'est donc pourquoi il s'efforça de chasser cela de son esprit et, l'écharpe remontée jusqu'au nez, il pressa le pas pour remonter chez lui. Léo venait de s'endormir lorsqu'il était parti, et au vu du temps qu'il avait passé dehors, il devait s'être réveillé depuis peu pour réclamer sa tétée à grands cris. Il trouverait sans doute Lou en train de lui donner son bain, lorsqu'il rentrerait, avant que le froid de la nuit, impitoyable, ne s'installe. Avec un peu de chance, il pourrait l'aider à laver le petit, qui sait... Il affichait un petit sourire heureux à cette pensée en approchant de ses appartements.

Et son expression changea aussitôt lorsqu'il entendit les pleurs de Léo derrière la porte. Ils n'avaient rien d'habituel, ils semblaient... apeurés. Et la peur l'oppressait d'ailleurs même là d'où il était. Il tourna donc précipitamment la clé dans la porte, et ne se soucia même pas de la refermer lorsqu'il vit Lou à terre au pied des marches de leur chambre, le visage en sang et le bébé en pleurs contre elle. Sentant son cœur se serrer comme lorsque le jour où il l'avait retrouvée dans la neige, il se précipita vers sa femme, se laissant tomber à genoux à ses côtés.


- Par les dieux, Lou ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

Sa voix était tremblante, et à voir le sang qui s'écoulait de son front, il espérait qu'elle ne se soit pas ouvert mortellement le crâne. Mais elle releva péniblement la tête vers lui, et elle aussi pleurait, semblant terrifiée. Sans un mot, le jeune homme comprit qu'elle s'en faisait pour le bébé, et il le prit aussitôt dans ses bras pour s'assurer qu'il n'avait rien. A première vue, rien, pas de sang ni de bosse, et ses membres semblaient intacts. Il le berça doucement contre lui pour le calmer. Visiblement, plus de peur que de mal.

- Léo n'a rien, apparemment. Ne bouge pas, je vais chercher une serviette.

Il se releva tout doucement, continuant de câliner le nourrisson qui, peu à peu, cessait de pleurer, et se saisit du premier linge propre qu'il trouva dans la salle d'eau avant de revenir auprès de sa compagne. Là, il l'aida à s'asseoir, et remarqua qu'elle maintenait un de ses bras relevés, et grimaçait lorsqu'elle devait le bouger. Puis il passa doucement le linge sur son front pour éponger le sang qui s'était étalé dessus. Blessure superficielle, à première vue, mais ça ne l'exemptait pas de filer à l'office des guérisseurs au plus vite. Et ils s'assureraient que Léo n'avait vraiment rien, par la même occasion. Tout doucement, il amena le visage de la jeune femme contre son torse à lui, se fichant bien de tâcher sa chemise avec son sang, tellement il était soulagé.

- Les dieux soient loués, ça n'a pas l'air très grave. Mais ton bras... Il faut aller chez les guérisseurs. Eh là, ça va aller, arrête de pleurer mon amour...

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]   Sam 19 Nov - 0:40

Lou passa ce qui lui sembla être une éternité sur le sol froid, à entendre son bébé pleurer, impuissante à l'aider. Cela lui nouait les entrailles, et elle était tellement secouée par ce qu'elle avait fait, et par son incapacité à agir, qu'elle ne trouvait même plus la force de parler à Léo. La douleur l'assommait avec acharnement, et elle n'arrivait plus à penser convenablement. Elle essaya bien de se relever, mais avec le bébé si près, sans rien y voir, et avec la douleur de son bras, elle n'y parvint pas. Finalement, elle entendit la porte s'ouvrir, comme dans le brouillard, et les pas précipités de son compagnon s'approcher.

" Par les dieux, Lou ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Le bébé...

C'est tout ce qu'elle avait été capable d'articuler à travers ses sanglots. Elle se souciait bien plus de ce qui pouvait être arrivé au nourrisson que de son propre état. Elle pestait terriblement contre ses yeux aveugles et inutiles. Elle avait craint plus que tout d'être un danger pour son enfant, et de toute évidence, cela tendait à se confirmer. Elle qui avait fini par croire que peut-être elle finirait par y arriver, avec l'aide de Damian...

- Léo n'a rien, apparemment. Ne bouge pas, je vais chercher une serviette.

Amusant... Ce n'est pas qu'elle n'avait pas tenté de se redresser, mais elle en était bien incapable, comme une tortue retournée sur le dos. Alors elle ne risquait pas d'aller bien loin... Elle était légèrement rassurée de l'entendre dire que le bébé n'avait rien, mais elle ne le serait pas totalement avant d'en être absolument sûre. Ce qui impliquait de l'emmener chez les guérisseurs au plus vite. Même si rien n'était visible extérieurement, cela ne voulait pas dire que tout allait bien, surtout sur un bébé si jeune et fragile... Et elle s'y connaissait en blessures en tous genres.

Elle se laissa faire quand son époux l'aida à s'asseoir. Chaque mouvement avec son bras était un supplice. Il lui épongea le front, et elle ne broncha pas. Elle se sentait poisseuse jusque dans le cou, et les traînées de sang avaient déjà séché à certains endroits, notamment dans les cheveux. Un bon bain serait de rigueur, mais il y avait des choses vitales à faire avant. Elle ne parvenait pas à cesser de pleurer, même quand il l'attira dans ses bras.


- Les dieux soient loués, ça n'a pas l'air très grave. Mais ton bras... Il faut aller chez les guérisseurs. Eh là, ça va aller, arrête de pleurer mon amour...

- J'aurais pu le tuer... Je suis tombée dans les escaliers... et...

Elle se tut, un sanglot lui serrant la gorge. Elle se défit de l'étreinte de son compagnon et se releva lentement. Elle avait toujours un terrible mal de crâne, comme si on s'était amusé à le lui défoncer. Elle aurait sans nul doute une bosse magnifique sur le front pendant quelques temps... Comme si elle n'offrait déjà pas assez de sujets de moqueries. Bien que, elle devait l'admettre, depuis qu'elle était mariée et mère, tout allait mieux à ce niveau là.

- Je veux que les guérisseurs voient Léo. Si jamais il est blessé par ma faute...

Elle laissa sa phrase en suspens, et ne pipa pas mot jusqu'à ce qu'ils soient à l'office des guérisseurs. Elle avait pris la peine de prendre son bâton, qu'elle tenait de son côté valide. Léo n'était pas tout à fait calme. Il ne cessait de se remettre à pleurnicher, brièvement, ou de gémir, et il avait même rendu sa tétée. Peut-être sentait-il l'angoisse et le malaise de sa mère, qui ne cessait de ressasser de sombres idées. Elle s'en voulait. Terriblement. Elle avait peur de ce qui aurait pu se passer, de ce qu'elle avait fait. Involontairement certes, mais cela revenait au même.

Deux guérisseurs les prirent en charge. La femme qui s'était chargée de l'accouchement de Lou s'occupa d'examiner le bébé, tandis qu'un des rares hommes de l'office inspectait les blessures de sa mère. Cette dernière se laissa faire sans trop broncher. Il avait beau être un homme, c'était un guérisseur, et Damian était là. Et elle était bien plus préoccupée par Léo. Quand bien même l'homme aurait eu des intentions mauvaises, elle ne s'en souciait pas. Elle dut leur raconter exactement ce qu'il s'était passé, à savoir sa chute dans l'escalier, sa manière de protéger le petit pendant qu'elle tombait, puis la douleur et son incapacité à agir... Cela lui brûlait la gorge.


- Plus de peur que de mal dans son cas. Votre petit garçon va bien, vous l'avez protégé de la chute qui aurait pu lui être très dangereuse... Il est juste secoué, c'est pour ça qu'il a rendu. Et sans doute votre angoisse le rend-elle nerveux.

- Quant à vous, vous aurez une belle bosse au front. La plaie est superficielle, mais c'était impressionnant. A la tête, cela saigne toujours beaucoup, même pour rien. En revanche, vous avez le bras cassé. Je vais vous l'immobiliser.

Lou se laissa faire, rassurée par rapport à Léo. Restait qu'elle avait voulu faire aussi bien qu'une mère normale, et que l'incident lui avait brutalement renvoyé en pleine figure ce qu'elle était. Elle ne savait pas comment elle allait pouvoir s'y prendre dans les semaines à venir avec un bras immobilisé. Et surtout, elle sentait qu'elle aurait peur à vie qu'un tel incident se reproduise... En l'absence de Damian en journée, comment allait-elle faire?

On les relâcha finalement, la jeune aveugle soignée, avec des recommandations et des traitements en plus. On leur avait dit de prendre du repos afin de se remettre de tout ça, mais Lou sentait qu'elle ne pourrait pas fermer l'oeil avant un moment. Elle garda le silence jusqu'à leur retour dans leurs appartements. Il fallait donner son bain à Léo, et le changer. Il fallait aussi laver ses vêtement sur lesquels il avait rendu. Le petit avait fini par s'endormir d'épuisement, mais on allait encore l'embêter jusqu'à ce qu'il puisse se reposer.


- Occupe-toi de lui. Je n'ai pas envie de le tuer la prochaine fois que je le touche. De toute façon, avec mon bras..."
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]   Dim 20 Nov - 23:23

Damian garda Léo dans ses bras tout le temps qu'ils passèrent à marcher entre leurs appartements et l'office des guérisseurs, le bras intact de Lou passé sous le sien pour qu'il puisse la guider. Blotti tout contre lui, le bébé s'était d'abord calmé à force d'être bercé, mais l'angoisse évidente de sa mère semblait l'affecter malgré cela, si bien qu'il chouinait de temps à autres tout en la fixant de ses grands yeux bleus humides. Il avait rendu sa tétée, sans doute sous le coup du choc, et en avait plein ses vêtements qui tâchaient de fait ceux de son père. Mais ce dernier s'en moquait bien. En l'occurrence, tout ce qui l'inquiétait était de savoir si son garçon n'avait vraiment rien, et si les blessures de son épouse n'étaient pas trop graves.

On le rassura sur ces deux points lorsqu'ils furent arrivés à l'office, où deux guérisseurs prirent le nourrisson et sa mère en charge. Cette dernière dut raconter ce qui était arrivé, et le fit avec la gorge nouée. Mais elle avait bien réagi pour protéger le petit, et celui-ci n'avait rien eu, si ce n'était une bonne frayeur. Quant à Lou, sa blessure au front était superficielle, comme l'avait deviné son mari. En revanche, elle avait le bras cassé, ce qui ne faciliterait certainement pas les choses pour elle dans les jours à venir...

Le trajet retour se fit ensuite en silence, bien que les jeunes parents furent rassurés. La jeune aveugle semblait perdue dans de sombres pensées, tandis que son fils s'était finalement endormi dans les bras de son père, vaincu par la fatigue. Damian lui donnerait un petit bain rapide et lui changerait ses vêtements avant de le mettre au lit, après quoi, il faudrait sans doute s'occuper aussi de sa mère, qui avait l'air complètement retournée par son accident. De toute évidence, elle s'en voulait terriblement. Et le jeune homme ne savait pas trop quoi dire ou faire pour la réconforter, encore secoué lui aussi. Lorsqu'ils furent de retour chez eux, il referma la porte tout en tenant Léo bien calé contre lui, et vint vers Lou qui était restée immobile au milieu de la pièce.


- Occupe-toi de lui. Je n'ai pas envie de le tuer la prochaine fois que je le touche. De toute façon, avec mon bras...

- Mais non voyons, qu'est-ce que tu racontes...

Elle avait toutefois raison pour ce qui était de son bras. Elle ne pouvait pas donner son bain au bébé dans ces conditions, étant donné qu'il lui fallait un bras pour le tenir et la main de l'autre pour le laver. Mais Damian ne voulait pas qu'elle reste seule à broyer du noir pendant qu'il s'occupait de Léo. Si elle se mettait à ruminer qu'elle était une mauvaise mère, ça n'engendrerait rien de bon. Il lui prit tout doucement le poignet pour l'entraîner avec lui dans la salle d'eau.

- Viens avec moi. Même avec un seul bras, tu pourras m'aider quand même. Le pauvre est fatigué avec toutes ces émotions, donc autant faire vite pour pouvoir le coucher.

En l'occupant, il espérait qu'elle penserait peut-être à autre chose, et se sentirait un peu utile. Lorsqu'ils furent dans la salle d'eau, il posa doucement Léo sur la table à langer, où il demanda à sa mère de le surveiller en lui laissant sa main valide sur le ventre pendant que lui remplissait le fond de la vasque pour pouvoir baigner le petit. Il la sentait nerveuse et mal à l'aise, encore remuée par sa chute et sa peur de faire du mal au bébé, mais c'était selon lui comme après une chute de cheval. Même si elle ne se sentait pas tout à fait à son aise, il ne fallait pas qu'elle attende pour se remettre en selle, ou cela risquerait de prendre beaucoup de temps avant qu'elle ne reprenne confiance en elle.

Lorsqu'il y eut assez d'eau bien chaude pour y plonger le corps du nourrisson, le Métamage revint à la table haute pour le déshabiller tout doucement et défaire ses langes, qu'il avait bien pleines, depuis le temps qu'il aurait du être changé... Il allait devoir lui passer un peu de pommade sur le derrière pour éviter les irritations. Il eut un petit sourire malgré lui à cette pensée. Il devenait vraiment spécialiste, à force... Gardant toujours une main sur le corps de Léo pour éviter qu'il ne tombe en gigotant, il se débrouilla comme il put pour retirer sa chemise souillée, et cela fait, il se saisit des vêtements sales du bébé et donna le tout à Lou.


- Pourrais-tu poser ça avec le reste du linge sale, et me ramener des vêtements et des langes propres pour lui, s'il-te-plaît, mon amour ?

Il avait dit cela avec douceur, et l'avait ponctué d'une petite caresse sur le bras avant qu'elle ne s’exécute. Puis, il prit Léo dans ses bras et attrapa une épaisse serviette au passage, avant d'aller le baigner, lui plongeant tout le corps dans l'eau bien chaude, en maintenant sa tête à la surface. Tout en s'adressant à lui d'une voix douce pour l'apaiser, il fit vite, d'autant que le petit garçon se mettait à geindre par moments, visiblement contrarié qu'on ne le laisse pas simplement se reposer. Une rapide toilette dans le moindre petit pli de peau, un débarbouillage bienvenu et un lavage de cheveux tout en douceur pour ne pas blesser son crâne encore très fragile, et Damian put le sortir de l'eau après l'avoir bien rincé, et l'envelopper dans la serviette, bien à l'abri du froid.

Lou était déjà de retour avec ce qu'il lui avait demandé, il s'empressa donc de sécher minutieusement le nourrisson pour le langer et lui passer ses vêtements, que sa mère avait choisis bien chauds. Léo pleurnicha de nouveau quand son père lui enfila les habits de laine, mais se calma ensuite lorsqu'il le souleva dans ses bras pour le bercer tout en lui parlant doucement. Il n'y avait plus qu'à le coucher, à présent. Le Métamage avisa Lou, qui était restée là, attendant peut-être de nouvelles instructions, muette comme une carpe et ses yeux aveugles perdus dans le vague.


- Fais-toi couler un bain, je reviens tout de suite pour m'occuper de toi. Lui, il sera mieux dans son lit. Dis au revoir à maman, bonhomme...

Tout doucement, il approcha le visage du petit endormi à la hauteur de celui de la jeune femme pour qu'elle puisse l'embrasser, avant de prendre le chemin de la chambre, avec mille précautions. Il me manquerait plus que l'incident se reproduise pour achever de paniquer son épouse... Mais tout se passa bien, et il installa Léo bien confortablement dans son berceau, le bordant soigneusement, avant de revenir auprès de Lou.

Elle n'était pas encore dans l'eau, mais le bain semblait prêt. Il attendit poliment qu'elle s'y plonge avant de faire quoi que ce soit, ayant tout de même signalé sa présence pour ne pas l'effrayer, et assuré que Léo allait bien, qu'il était parti pour dormir quelques heures avant de réclamer une nouvelle tétée. Une fois la jeune femme rentrée dans la vasque, il vint à elle pour lui passer de l'eau sur les épaules, avant de se saisir du savon pour les lui laver tout en les massant, les passant également sur son dos. Un peu de sang avait coulé jusque là, guidé par ses longs cheveux.


- Tu sais, mon ange, je sais que tu t'en veux beaucoup pour ce qui s'est passé, mais tu ne devrais pas. Ça aurait pu arriver à n'importe quelle mère, même avec des yeux fonctionnant parfaitement. D'ailleurs, c'est déjà arrivé. Mais toi, tu as eu au moins le bon réflexe, et même si tu te retrouves avec un bras immobilisé, notre bébé va bien, grâce à toi... Je ne dis pas ça en l'air pour te remonter le moral, c'est la vérité.

Damian était particulièrement fier d'elle pour avoir eu la bonne réaction, que d'autres femmes n'auraient pas forcément eu à sa place. Il avait eu très peur pour elle, mais finalement, plus de peur que de mal... Restait que, toute seule, elle ne s'en sortirait pas. Et la connaissant, elle ne retrouverait pas toute sa confiance en elle du jour au lendemain, il fallait donc qu'il soit là pour l'épauler... Il la laissa plonger la tête sous l'eau avant de se mettre à lui laver les cheveux.

- Pour les jours à venir, je crois que je vais rester ici pour t'aider. Tant pis pour le reste, j'ai des obligations bien plus importantes ici. Je sortirais peut-être ponctuellement s'il y a des choses vraiment importantes à régler, mais du reste, je n'aurais pas la conscience tranquille de te laisser comme ça toute seule.

Oui, ça lui semblait très bien comme ça. Et puis, après tout, il était encore convalescent il n'y a pas si longtemps, ça ne pouvait pas lui faire de mal de rester encore un peu tranquillement chez lui, non ? Il regarda un instant la jeune femme, et réalisa à la vue de son corps complètement nu dans cette eau délicieusement chaude qu'elle lui manquait terriblement. Puis il s'en voulut un peu de penser à ça dans un moment pareil. Il inspira profondément et expira pour chasser toutes sortes d'images de son esprit, et rinça la tête de la jeune aveugle pour enlever toute la mousse qui restait dans ses cheveux, à présent parfaitement propres, sans le sang qui les poissait.

- Je... hum... Je te laisse terminer. Je vais faire monter le dîner, il se fait tard.

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]   Lun 21 Nov - 0:14

Lou se laissa entraîner à contrecoeur dans la salle d'eau. Elle avait presque peur de toucher Léo, maintenant, comme si son simple contact allait lui être néfaste. Elle l'aimait toujours autant, évidemment, mais avec ce qu'il venait de se passer, elle craignait plus que jamais d'être un danger pour lui et de lui faire du mal. La fragile confiance en elle qu'elle avait acquis depuis la naissance du petit avait volé en éclats quand elle était tombée.

Elle seconda cependant son compagnon comme il le lui demandait, sans rien dire. Quand elle eut la main sur le ventre du bébé, elle put en apprécier la douceur et la chaleur. Son coeur se serra. Elle avait tellement peur qu'il lui arrive quelque chose... Elle qui ne voulait que son bonheur ne pouvait même pas le protéger comme il se devait, et cela la désolait. Elle alla chercher les vêtements que Damian lui réclama, se rendant prudemment dans leur chambre pour prendre ce qu'il fallait dans le coffre. Elle sélectionna des vêtements de laine bien chaude, douce et épaisse, pyjama et bonnet pour protéger sa petite tête, et revint en prenant son bâton au passage pour assurer sa marche.

Quand elle revint dans la salle d'eau, le jeune homme était occupé à sécher le petit. Elle lui passa les vêtements et les langes propres pour lui laisser le soin de l'habiller. En temps normal, elle aurait pu le faire elle-même, mais... Léo se mit à pleurnicher quand il se fit manipuler. A sa manière de pleurer, elle devina qu'il était épuisé et souhaitait simplement qu'on cesse de le réveiller pour l'importuner à chaque fois qu'il commençait à s'assoupir. Elle finissait, sans le voir, par lire en lui comme dans un livre ouvert...


" Fais-toi couler un bain, je reviens tout de suite pour m'occuper de toi. Lui, il sera mieux dans son lit. Dis au revoir à maman, bonhomme...

Elle sentit la bonne odeur de bébé de son fils quand son époux l'approcha de son visage. Elle l'embrassa timidement sur le front, avant qu'il ne l'emporte pour le coucher. Prudemment, elle alla se faire couler un bain. Elle en avait bien besoin, rien que pour se décrasser du sang séché. Elle ne devait vraiment pas avoir fière allure... Mais elle allait devoir faire attention à ne pas mouiller son attelle. Il fallait qu'elle guérisse rapidement, pour ne pas être complètement inutile trop longtemps. Elle resta à ruminer ses pensées alors que le bassin se remplissait, et que Damian revenait.

Il l'aida à se glisser dans l'eau, et elle fut obligée de poser son bras immobilisé sur le bord du bassin pour qu'il ne se mouille pas. Elle se laissa faire sans broncher, mais toujours en silence quand il commença à lui faire sa toilette. Quelque part, elle eut honte qu'il doive s'occuper d'elle comme de Léo, mais elle n'avait pas la force ni l'envie de protester. Ses massages étaient agréables, mais contrairement à d'habitude, ils ne parvinrent pas à la détendre complètement ni à chasser son malaise.


- Tu sais, mon ange, je sais que tu t'en veux beaucoup pour ce qui s'est passé, mais tu ne devrais pas. Ça aurait pu arriver à n'importe quelle mère, même avec des yeux fonctionnant parfaitement. D'ailleurs, c'est déjà arrivé. Mais toi, tu as eu au moins le bon réflexe, et même si tu te retrouves avec un bras immobilisé, notre bébé va bien, grâce à toi... Je ne dis pas ça en l'air pour te remonter le moral, c'est la vérité.

- Arrête, tu veux? J'aurais pu le tuer... Moi, sa propre mère, j'aurais pu tuer notre bébé. Ma plus grande peur c'est de ne pas être à la hauteur, d'être un danger pour lui. J'ai failli... Et en plus maintenant, avec le bras comme ça, je ne vais pas pouvoir m'occuper de lui. Même pour les tétées, je ne sais pas comment je vais me débrouiller. J'ai peur de le toucher maintenant. Je crois que c'est mieux pour lui que tu t'en occupes, toi au moins tu y vois quelque chose...

Elle se tut, nauséeuse. Ces considérations qui la tourmentaient, prononcées à voix haute, lui donnaient presque envie de vomir, tant sa gorge était serrée. Elle plongea la tête sous l'eau tout en gardant son bras blessé en dehors, afin de se mouiller les cheveux pour les débarrasser du sang séché. Damian se mit à les lui laver, et elle ferma les yeux. Elle avait beau continuer à se sentir mal et préoccupée, elle appréciait tout de même le massage de son cuir chevelu.


- Pour les jours à venir, je crois que je vais rester ici pour t'aider. Tant pis pour le reste, j'ai des obligations bien plus importantes ici. Je sortirais peut-être ponctuellement s'il y a des choses vraiment importantes à régler, mais du reste, je n'aurais pas la conscience tranquille de te laisser comme ça toute seule.

Elle se contenta d'acquiescer. De toute façon, seule, elle n'arriverait à rien. Elle avait envie de se rouler en boule dans un coin, seule, et d'oublier. Mais elle ne le pouvait pas, elle avait des obligations. Vis à vis de son bébé, vis à vis de son époux. Quelque part, cela la terrifiait, à l'heure actuelle. Elle avait fini par penser qu'elle était peut-être capable de vivre normalement aussi bien que n'importe qui, mais elle n'en était plus si sûre à présent. Le doute refaisait surface.

- Je... hum... Je te laisse terminer. Je vais faire monter le dîner, il se fait tard.


Elle se demanda comment il espérait qu'elle sortirait seule du bassin avec son bras, mais elle n'ajouta rien. Elle se rinça, pour ce qui restait à faire, et sortit péniblement de l'eau. Elle dut prendre appui sur son bras blessé, ce qui manqua de la faire défaillir sous le coup de la douleur, mais elle put y arriver et commença à se sécher. Finalement, elle rejoignit son compagnon dans la pièce à vivre quand on leur apporta le dîner. Elle mangea sans grand appétit, tourmentée, elle qui avait toujours fait honneur à tout depuis qu'elle vivait là.

- Comment est-ce que tu vas faire? Si un jour je le tue vraiment par mon incompétence?

Elle eut un rictus amer et détourna la tête. Elle savait qu'elle n'y survivrait pas. Damian avait beau être l'amour de sa vie, sa principale raison de vivre, elle en avait une deuxième à présent. Et c'était quelque chose de... différent. Plus profondément ancré en elle, malgré tout l'amour qu'elle vouait à son époux. Pour une mère, perdre son enfant était pire que tout. Et c'était encore pire si c'était par son unique faute.

- Je ne suis pas capable de m'occuper de lui seule, tu l'as bien vu. Un jour, ça va mal tourner parce que je vais faire un faux pas, et là..."

Elle secoua la tête, et repoussa son assiette. Même le délicieux fumet du poulet grillé qu'elle contenait ne parvenait pas à la remettre de bonne humeur, et à lui ouvrir l'appétit. Elle se coucherait le ventre vide... ou pratiquement. Elle se leva et saisit son bâton, avant de se rendre dans leur chambre sans rien ajouter. Elle enfila gauchement ses vêtements de nuit, posa son bâton de marche près d'elle contre le mur, et se glissa dans les draps sans même s'approcher du berceau pour un dernier baiser à son bébé, comme elle en avait l'habitude. Ce soir, elle n'osait pas.
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]   Lun 21 Nov - 23:09

Les serviteurs ne mirent pas bien longtemps avant de monter des plateaux tous chauds dans les appartements de Damian, qui les avait demandés. Ils étaient certainement aussi garnis qu'à l'accoutumée de mets riches en tous genres. Mais pour une fois, le Métamage n'avait pas très faim. La réponse cinglante que lui avait adressée Lou lorsqu'il avait tenté de la réconforter tout en la lavant l'avait déstabilisé, si bien qu'il n'avait pas su quoi surenchérir pour inverser la tendance. Pour ne rien envenimer, il avait donc préféré changer de sujet.

Lui qui détestait par-dessus tout la voir mal, voilà qu'il était servi... Le pire dans tout cela était d'être totalement impuissant face à ça, de ne pas savoir quelle attitude adopter. Si ça n'avait pas été Lou, il n'aurait sans doute pas hésité à hausser un peu le ton pour la faire réagir, et qu'elle cesse de se dévaloriser, mais il savait d'instinct que ce n'était pas la bonne attitude à adopter avec elle. Mais apparemment, tâcher de se montrer attentionné et rassurant n'était pas plus efficace, il se trouvait donc totalement démuni face à la détresse de la jeune femme.

Ses craintes étaient évidemment compréhensibles, et il ne lui en voulait pas d'avoir des doutes après ce qui s'était passé, elle qui avait mis tellement de temps a se sentir digne de lui, d'une vie au château et de porter son enfant. Il avait simplement espéré, naïvement, que tout irait pour le mieux ensuite, et qu'elle n'aurait plus à faire face au doute, avec cette nouvelle vie bien plus confortable et sous la protection de son mari. Mais voilà, il avait fallu qu'il arrive un petit incident...

La jeune aveugle le rejoignit peu après que les serviteurs aient quitté les appartements, traînant des pieds, l'air totalement abattu. La voir dans un tel état serra le cœur du Métamage, qui sentit son estomac se nouer et, de fait, la sensation de faim disparaître aussitôt. Mais il ne fit pas de commentaire et s'attabla en silence, grignotant à peine sa cuisse de poulet. Lui qui n'était pas grand amateur de viande en temps normal, le cœur y était encore moins dans ces conditions...

Un certain temps s'écoula sans aucun bruit autre que de timides bruits de couverts et de mastication. Lou non plus n'avait visiblement pas d'appétit. Rien de bien étonnant, mais cela rajouta au chagrin de son époux, qui but une gorgée d'eau claire pour tâcher de faire passer le peu qu'il parvenait à avaler. Ce silence était terriblement oppressant, mais comme il n'avait aucune idée de ce qu'il pourrait bien dire pour tenter de remonter le moral de la jeune femme, il préférait encore se taire. Finalement, ce fut elle qui brisa le silence. Sa gorge était serrée, et elle détourna la tête en prenant la parole.


- Comment est-ce que tu vas faire ? Si un jour je le tue vraiment par mon incompétence ? Je ne suis pas capable de m'occuper de lui seule, tu l'as bien vu. Un jour, ça va mal tourner parce que je vais faire un faux pas, et là...

Littéralement soufflé par cette déclaration, Damian demeura sans voix, se contentant d'ouvrir grand les yeux de stupeur. Comment pouvait-elle douter d'elle-même à ce point ? Ne se rendait-elle pas compte d'à quel point elle était une femme extraordinaire, qui avait d'autant plus de mérite sur ce premier mois de vie avec son bébé que les mères "normales", qui n'ont pas à s'inquiéter d'élever un enfant sans rien y voir ? Seule avec son désespoir, la jeune femme repoussa son assiette à peine entamée et quitta péniblement la table, sondant l'espace devant elle avec son bâton qu'elle tenait dans sa main valide pour prendre la direction de la chambre.

Le Métamage resta assis encore un moment, immobile, le regard dans le vague. Que pouvait-il bien faire ? Il ne supportait pas de la voir comme ça, il avait l'impression que cela le détruisait de l'intérieur, comme s'il absorbait la souffrance de son épouse et que celle-ci le narguait en lui chantonnant qu'il ne pouvait rien y faire. Mais il ne pouvait tout simplement pas se résoudre à la laisser comme ça, si triste et découragée, au point de préférer que ce soit lui qui s'occupe de leur fils, persuadée qu'elle le tuerait en s'y risquant. Finalement, il reposa les cloches de métal sur les plats tout juste grignotés pour les protéger de la poussière et des quelques insectes qui auraient résisté au froid. Ils ne seraient pas perdus, ainsi.

Le pas et le cœur lourds, il se rendit à la salle d'eau pour se faire une brève toilette, avec un simple seau rempli d'eau pour se débarbouiller et se rafraîchir un minimum. En temps normal, il se serait laissé couler dans un bon bain, mais il n'avait pas envie de laisser Lou triste et seule plus longtemps. Il ne prit même pas la peine de se raser, trop las pour cela, et se rendit aussitôt propre dans la chambre, où il trouva sa femme blottie sous les draps, recroquevillée sur elle-même.

Son vêtement de nuit enfilé, il se glissa à son tour sous les couvertures, sans oser la toucher. Il avait peur qu'elle n'en aie pas envie, et qu'elle le repousse. Si, après tout, elle avait besoin qu'il la laisse tranquille, il le ferait, même s'il n'en dormirait pas de la nuit... Il esquissa toutefois un mouvement timide vers la longue chevelure châtain de la jeune femme, qu'il effleura. Comme elle n'eut aucune réaction de rejet, il y glissa ses doigts, avec malgré tout un certain malaise.

Après avoir autant cogité, il eut soudain envie de simplement laisser parler son cœur. Dans son état, Lou ferait ce qu'elle voudrait de ce qu'il lui dirait, mais peut-être que le choc passé, elle y repenserait et s'efforcerait de croire qu'il avait au moins un peu raison ? Il ne perdrait rien à essayer... Et puis, cet interminable silence lui nouait beaucoup trop les tripes pour être supporté plus longtemps.


- Moi, je ne crois pas que tu sois incompétente. Jusqu'ici, tu t'es très bien débrouillée avec Léo, avec ou sans moi. Je vais me répéter, mais un accident peut arriver à n'importe qui... Tu connais cet endroit par cœur, depuis le temps que tu y vis, ça aurait très bien pu être moi glissant sur cette marche.

Tout en parlant, il avait fait glisser sa main sur l'épaule de la jeune femme, et, comme elle ne le repoussait toujours pas, il se risqua à venir la prendre dans ses bras, amenant son dos à la peau douce et délicate contre son torse puissant, et en faisant bien attention à ne pas malmener son bras cassé, immobilisé par une solide attelle. Doucement, il vint enfouir son visage dans le creux du cou de Lou, inspirant son odeur à pleins poumons, ce qui l'apaisa un peu bien qu'il y perçoive de manière évidente l'angoisse qui envahissait la jeune mère.

- Et puis, que tu le veuilles ou non, ce petit bout à besoin de sa mère. Tu ne vas tout de même pas le priver de toi parce que tu as peur de lui faire du mal, si ? Quelle idée, franchement... Tu es autant un danger pour lui que Jake un exemple de droiture et de chasteté.

Il eut un petit rire un peu forcé. Il n'était pas vraiment d'humeur à plaisanter, mais ça lui était venu tout seul. Il leva un instant les yeux vers le berceau, où le petit dormait tranquillement. Si sa mère restait dans un tel état d'angoisse, ça ne risquait pas de durer. Les bébés étaient de vraies éponges à émotions de leur mère. Et si Léo tenait de son père, Métamage ou pas, cela devait être encore pire...

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]   Lun 21 Nov - 23:42

Lou ruminait ses pensées, couchée seule dans les draps, sans que le sommeil daigne l'approcher. Elle entendit son compagnon la rejoindre au bout d'un moment, et se coucher lui aussi. Elle n'osa pas esquisser un mouvement dans sa direction. Elle avait honte de ce qui s'était passé. Elle ignorait pourquoi, mais elle avait honte. Elle savait pourtant qu'il ne lui en voulait pas, mais elle voulait bien évidemment se montrer digne de lui, et être une bonne mère pour Léo. Et cet accident ne lui faisait pas vraiment cet effet.

" Moi, je ne crois pas que tu sois incompétente. Jusqu'ici, tu t'es très bien débrouillée avec Léo, avec ou sans moi. Je vais me répéter, mais un accident peut arriver à n'importe qui... Tu connais cet endroit par cœur, depuis le temps que tu y vis, ça aurait très bien pu être moi glissant sur cette marche.

Elle avait sursauté très légèrement quand il avait glissé ses doigts dans ses cheveux. Non par peur, simplement parce qu'elle ne s'y attendait pas. Elle ne répondit pas à ce qu'il venait de dire, mais elle y réfléchit cependant. C'est vrai qu'il était tellement maladroit... Il était déjà tombé sur ces quelques marches, depuis qu'ils vivaient ensemble, et certainement aussi avant cela. Restait qu'il y avait deux choses pour lesquelles il n'était pas plus empoté ou maladroit qu'un autre: leurs câlins et tout ce qui touchait au bébé. Et de fait, cette constatation ne l'aida pas vraiment. Elle se laissa câliner sans se dérober. C'était agréable, même si cela ne chassait pas cette boule qu'elle avait au creux de la poitrine et qui la rongeait.

- Et puis, que tu le veuilles ou non, ce petit bout à besoin de sa mère. Tu ne vas tout de même pas le priver de toi parce que tu as peur de lui faire du mal, si ? Quelle idée, franchement... Tu es autant un danger pour lui que Jake un exemple de droiture et de chasteté.

Il eut un petit rire qui sonnait faux. Elle-même se sentait de plus en plus mal. C'était comme si quelque chose de brûlant et douloureux lui remontait depuis le vendre jusque dans la gorge. Elle mourait de chaud, subitement, alors qu'il ne faisait franchement pas caniculaire dans la pièce, surtout en cette saison glaciale. Elle le repoussa doucement, et grimaça. Le moindre geste avec son bras gauche la mettait au supplice, malgré l'attelle.

- J'ai peur Damian. J'ai peur qu'un autre accident ne finisse plus mal que ça. J'ai eu de la chance pour cette fois, il n'a rien eu. Mais il aurait pu... Comment est-ce que je pourrais me montrer devant toi si jamais par ma maladresse forcée, je lui fais vraiment du mal?

Ce n'était pas l'envie qui lui manquait d'aller serrer son petit bout tout contre elle, de le couvrir de baisers et de lui murmurer des mots tendres à l'oreille, mais elle avait peur de le faire. Elle n'osait plus tenter quoi que ce soit qui pourrait le mettre en danger. Elle n'aurait pas le choix pour les tétées, évidemment, mais le reste... D'autant qu'avec son bras immobilisé, même le nourrir allait se révéler délicat. Elle se mit à pleurer doucement, sans pouvoir se retenir.

- Je l'aime tellement... Je ne peux pas supporter l'idée d'être à l'origine de son malheur, ou d'être un danger pour lui. S'il faut que je me prive du plaisir de m'en occuper, pour son bien, je le ferai...

Elle poussa un soupir légèrement entrecoupé par un sanglot. Elle avait presque envie de se lever pour aller jusqu'au berceau lui donner le baiser qu'elle ne lui avait pas fait en allant se coucher. De vérifier s'il était bien bordé, bien couvert, s'il avait bien chaud, si tous ses vêtements étaient bien mis, y compris le bonnet qui tenait sa tête fragile au chaud. Quelque chose la retint, sans qu'elle sache trop quoi. Mais ne pas le faire lui laissa une sensation de vide.

Mais il y avait aussi autre chose. Depuis que le bébé était né, elle avait eu le temps de récupérer de son accouchement. Mais ce n'était pas pour autant que Damian s'était remis à la traiter comme sa femme. Pas une seule nuit câline depuis, rien de la sorte. Elle ne reconnaissait même plus son petit étalon de mari. Elle en était venue à se demander si cela venait d'elle, mais elle n'avait pas osé lui demander, ni réclamer quoi que ce soit. Elle n'avait pas encore perdu toutes ses formes de sa grossesse. La trouvait-il repoussante à présent? Peut-être qu'il ne la désirait plus? Tout cela la tourmentait également, en plus de ce qu'elle avait subi ce jour là. Elle tourna les yeux dans sa direction, la gorge nouée.


- Dis, tu ne m'aimes plus? Est-ce que je suis... laide, depuis la naissance de Léo? Je pensais que tu aurais hâte qu'on puisse partager à nouveau plus que des baisers. Moi aussi j'avais envie... Mais pas une seule fois tu n'as voulu. Tu n'as plus envie de moi?"
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Damian Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]   Mar 22 Nov - 23:21

- J'ai peur Damian. J'ai peur qu'un autre accident ne finisse plus mal que ça. J'ai eu de la chance pour cette fois, il n'a rien eu. Mais il aurait pu... Comment est-ce que je pourrais me montrer devant toi si jamais par ma maladresse forcée, je lui fais vraiment du mal ?

La jeune aveugle s'était dégagée de l'étreinte de son mari tout en disant cela, et ce dernier la vit grimacer lorsqu'elle dut bouger son bras cassé. Il ne la retint pas, bien qu'il aurait bien aimé la garder tout contre lui, sentir la chaleur de sa peau contre la sienne. Malgré le malaise palpable qui régnait, cela lui faisait du bien. Le Métamage la considéra un instant, cherchant un peu ses mots, et se redressa en position assise.

- Il n'y a pas de raison que les choses se passent mal, si nous faisons bien attention. Je ne peux pas te promettre que tout ira toujours merveilleusement bien, tout peut arriver, et je te mentirais en affirmant le contraire, mais nous ferons de notre mieux, tous les deux. Tu as eu un petit accident, finalement, tout se termine bien, et tu n'en seras que plus prudente et attentive à l'avenir. D'ailleurs, le fait que tu t'inquiètes autant de tout cela prouve que tu es une bonne mère. Enfin... Je pense.

Il fit remonter la couverture sur lui, comme il frissonnait un peu. En un sens, les peurs de la jeune mère étaient justifiées, mais elle se fourvoyait en mettant tout sur le compte de sa cécité. Comme il le lui avait déjà dit, ça ne faisait pas d'elle une mère plus incapable qu'une autre, et n'importe qu'elle femme aurait pu avoir le même accident qu'elle. Et se serait sûrement sentie tout aussi coupable, à la place de Lou... Celle-ci s'était mise à pleurer, et repris la parole dans un sanglot.

- Je l'aime tellement... Je ne peux pas supporter l'idée d'être à l'origine de son malheur, ou d'être un danger pour lui. S'il faut que je me prive du plaisir de m'en occuper, pour son bien, je le ferai...

- Ce n'est pas qu'une question de ton plaisir, tu sais. Il a besoin de toi, et j'aurais beau être le meilleur père du monde, lui donner tout l'amour que j'ai, je ne pourrais jamais te remplacer.

Le jeune homme eut un petit soupir. C'était un peu vexant, quelque part, d'avoir le second rôle, alors qu'il était certain d'aimer son fils tout autant que Lou l'aimait. Mais c'était comme ça, il y avait cette relation si particulière entre un enfant et sa mère, que bien peu de choses pouvaient ébranler, et il ne pouvait rien y faire. Il ferait tout de même de son mieux pour seconder son épouse, qui en aurait bien besoin le temps que son bras se ressoude, et que sa confiance lui revienne. Soudain, après un regard aveugle en direction du berceau, la jeune aveugle reporta celui-ci sur son mari. Elle l'avait toujours embué de larmes, malgré les paroles rassurantes du Métamage, et sa voix se brisa légèrement quand elle s'adressa de nouveau à lui.

- Dis, tu ne m'aimes plus ? Est-ce que je suis... laide, depuis la naissance de Léo ? Je pensais que tu aurais hâte qu'on puisse partager à nouveau plus que des baisers. Moi aussi j'avais envie... Mais pas une seule fois tu n'as voulu. Tu n'as plus envie de moi ?

- Que... Quoi ?!

Damian, qui était adossé à ses oreillers, se redressa brusquement en entendant les paroles de Lou, qui lui serrèrent le cœur à lui faire mal, et il eut l'impression que tout s'écroulait autour de lui. Il réalisait qu'à vouloir bien faire en la ménageant, il n'avait réussi qu'à installer un peu plus de doute dans son esprit, et lui rajouter du souci. Et maintenant, elle croyait qu'il ne l'aimait plus. Décidément, quel idiot il faisait...

Déjà assez secoué par la vision qu'il avait eu en rentrant chez lui, la peur qui l'avait prise au ventre à ce moment-là, et par la situation d'angoisse pesante depuis qu'ils étaient rentrés, cette déclaration l'acheva purement et simplement. Ses dernières défenses craquèrent, et il se mit à pleurer lui aussi. Un peu timidement, il posa sa main, qui tremblait un peu, sur l'épaule de la jeune femme.


- Ne plus t'aimer ? Comment le pourrais-je, Lou ? Si j'ai envie de toi ? Je rêve de ton corps jour et nuit, depuis bien avant qu'on m'envoie combattre les Démons. Mais je... Je pensais que tu n'avais pas la tête à ça, ou... que tu serais trop fatiguée... Je ne voulais pas t'imposer mes désirs, tu comprends... ? Je suis vraiment stupide... Pardonne-moi, mon amour...

Un gros sanglot secoua sa gorge alors qu'il l'attirait de nouveau dans ses bras pour la serrer tendrement contre lui, et venir enfouir son visage dans le creux de son cou pour y pleurer tout ce qu'il avait accumulé d'émotions dans la journée. Il ne pouvait tout simplement pas s'arrêter. Par ailleurs, il se sentait horriblement coupable d'avoir pu laisser croire à Lou qu'il ne la désirait plus. C'était plutôt ironique, lui qui s'était fait violence tant de fois ces derniers temps, aurait été au final plus que bien accueilli dans les initiatives qui lui étaient venues à l'esprit. Lorsque le flot de larmes se tarit un peu, il se détacha un peu de Lou, gardant tout de même un bras passé dans son dos, et essuya ses yeux d'un revers de la main.

- Je suis... désolé, tellement désolé... Moi qui pensait bien faire, je t'ai juste causé davantage de souci... Tu n'es pas laide mon amour, au contraire. Tu me rends fou...

De sa main libre, il vint caresser la joue de la jeune femme, puis ses lèvres fines avant d'y poser les siennes, et lui donner un baiser à la fois tendre et désireux, mais surtout empli d'amour, pour appuyer ses dires. Parfois, les actions parlaient mieux que les mots. Cela faisait un certain temps qu'il ne l'avait pas embrassée comme ça, et cela lui fit un peu tourner la tête, au vu du temps considérable qui s'était écoulé depuis leur dernière étreinte. Mais il se freina avant de réveiller un peu trop le désir contenu en lui. Pas ce soir. Pour le coup, elle n'était vraiment pas en état pour cela. Il descella donc leurs lèvres, mais pour la reprendre aussitôt dans ses bras, le menton posé sur le sommet de son crâne, caressant sa chevelure et lui murmurant des "je t'aime" à n'en plus finir.

Ils restèrent ainsi un long moment, jusqu'à ce que les pleurs de Léo se fassent entendre depuis le berceau. Il devait avoir pris conscience du vide dans son estomac, avec sa tétée rendue un peu plus tôt. Damian relâcha doucement sa femme et lui effleura la joue d'une énième caresse, et se leva pour aller prendre le petit affamé dans ses bras. Rien que de l'avoir contre lui l'apaisait un peu plus, et il espérait qu'il en serait de même pour Lou.


- Je crois qu'il y a un petit bout qui a faim...

Le Métamage berça doucement son bébé le temps que sa mère s'installe aussi confortablement que possible pour lui donner une tétée dans son état, et lorsqu'elle fut en position, il lui posa le nourrisson sur le ventre, et reprit sa place dans le lit, prêt à l'assister au moindre problème. Alors que le petit buvait à grandes gorgées, comme toujours, son père lui caressait doucement la tête et, de l'autre main, prit celle de son épouse. Une idée venait de lui traverser l'esprit.

- Voudrais-tu le voir, rien qu'un petit peu ?

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Lou Dozendhaar
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MessageSujet: Re: Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]   Mer 23 Nov - 22:00

" Ne plus t'aimer ? Comment le pourrais-je, Lou ? Si j'ai envie de toi ? Je rêve de ton corps jour et nuit, depuis bien avant qu'on m'envoie combattre les Démons. Mais je... Je pensais que tu n'avais pas la tête à ça, ou... que tu serais trop fatiguée... Je ne voulais pas t'imposer mes désirs, tu comprends... ? Je suis vraiment stupide... Pardonne-moi, mon amour...

Lou se laissa faire quand il la prit contre lui pour la câliner. Elle se sentait stupide, quelque part, elle aussi. Elle savait pertinemment que Damian l'aimait, mais elle s'était vraiment demandé pourquoi il ne la touchait plus. Par égards, elle aurait pu s'en douter, mais elle s'était plutôt mise à douter d'elle. Au moins, elle savait qu'ils pourraient reprendre leurs nuits câlines bientôt. Elle n'aurait jamais cru que cela pourrait lui manquer...

- Je suis... désolé, tellement désolé... Moi qui pensait bien faire, je t'ai juste causé davantage de souci... Tu n'es pas laide mon amour, au contraire. Tu me rends fou...

- J'aurais dû m'en douter, désolée... C'est juste que...

Elle se tut, ne sachant pas au juste comment le dire. Mais elle n'eut pas le temps d'y réfléchir, car elle sentit la caresse sur sa joue juste avant que les lèvres de son compagnon se posent sur les siennes. Elle se laissa embrasser, notant qu'il le faisait de manière un peu plus... fougueuse que d'habitude, peut-être. Sans doute pour appuyer ce qu'il venait de lui dire. Après quoi, il l'attira à nouveau contre lui en lui murmurant des mots d'amour au creux de l'oreille. Cela l'apaisa, et elle ferma les yeux, peut-être un peu plus en paix qu'avant.

Elle somnolait quand les pleurs de Léo déchirèrent le silence de la pièce. Elle sentit son coeur faire un bond angoissé dans sa poitrine. Mais pour le coup, elle n'aurait pas le choix, elle devrait s'en occuper: il devait avoir faim. Elle sentit son amant la relâcher pour se lever et ramener le bébé. Ils faisaient généralement comme ça, même quand elle allait bien. Sans doute parce que cela faisait plaisir au jeune père...

Elle repoussa les couvertures jusqu'au niveau de son nombril, et retourna précautionneusement à sa place dans le lit, en veillant à ne pas faire de faux mouvement. Elle s'adossa aux oreillers, couchée sur le dos, et entreprit de défaire les boutons de sa robe de nuit pour que le petit puisse manger. Elle serait obligée de procéder comme ça jusqu'à ce que son bras soit remis, car elle ne pourrait pas le tenir... Surtout qu'il allait continuer à grandir et prendre du poids.

Damian lui posa le nourrisson sur le ventre quand elle fut prête, et il trouva tout seul le chemin pour aller se gaver. Après un instant d'hésitation, la jeune femme lui posa sa main valide sur le dos, afin d'éviter qu'il glisse, et pour avoir un contact un peu plus prononcé. Comme d'habitude, il mangea avec appétit, même à cette heure tardive pour lui. Et le fait d'avoir rendu son repas précédent ne semblait absolument pas le perturber.


- Voudrais-tu le voir, rien qu'un petit peu ?

Le Métamage venait de lui prendre la main. La jeune aveugle hésita. Après ce qu'elle avait subi dans la journée, elle ne savait pas si c'était vraiment la meilleure idée possible... Elle fronça les sourcils. D'ordinaire, elle n'aurait pas rechigné à voir son petit bout autant qu'il lui était possible. Ce n'était pas comme si elle lui en voulait, au contraire... et le regarder n'allait sans doute pas le tuer. Elle finit donc par acquiescer.

- Je veux bien.

Elle attendit qu'il aie fini sa tétée pour le prendre contre son épaule aussi bien que possible, se redressant légèrement pour lui tapoter le dos. Il la récompensa par un rot sonore, avant de s'étirer comme un chaton repus. Elle se recoucha comme avant, et toucha Damian pour prendre sa vue. Pas longtemps, juste le temps de le voir un peu... Elle sentit rapidement la sensation de la vue de son époux qui lui venait. Elle ferma les paupières et les rouvrit, voyant ce qui l'entourait.

Elle baissa les yeux sur Léo, et sentit son coeur se serrer un peu. Pas d'angoisse ou de tristesse. Peut-être de honte... Elle le serra doucement tout contre elle de son bras valide, et il en profita pour aller se pelotonner tout contre elle, le visage enfoui dans le creux de son cou, ses petits poings serrés de part et d'autre de la tête. Il poussa un petit soupir de bien-être et de satisfaction, de toute évidence parfaitement à l'aise pour dormir, et tout à fait détendu.

Le voir comme ça fit monter les larmes aux yeux de Lou, qui se remit à pleurer. Pas de tristesse, cette fois, elle ne savait pas vraiment pourquoi... toujours était-il qu'elle pleurait sans pouvoir se retenir. Elle lui fit un petit baiser sur la tête, et remonta la couverture jusqu'aux épaules du petit, soit au niveau de son propre menton, afin qu'il aie bien chaud. Ils ne pourraient pas dormir comme ça, mais au moins câliner un peu...

Elle rendit sa vue à son amant au bout de quelques minutes. Elle caressait très délicatement le dos du nourrisson, qui était à présent endormi, et assez profondément sans doute. Elle sentait son souffle régulier et léger contre la peau de son cou, et il émettait un très léger ronflement. Elle fit signe au jeune père de le prendre pour le mettre dans son berceau. Tandis qu'il le faisait, elle se frotta les yeux avant de se coucher convenablement. Quand Damian la rejoignit, elle se pelotonna prudemment dans ses bras avant de fermer les yeux, et de lui glisser avant de s'endormir:


- Je vais faire encore plus attention à l'avenir, quand mon bras sera guéri... Je crois qu'il n'arrivera pas à se passer de moi, et moi non plus."
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Baby blues [Privé Damian Dozendhaar]
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