Magic RPG 2.0

Version 2.0 du forum Magic RPG, un monde fantasy revu et corrigé s'offre à vous pour de nouvelles aventures palpitantes!
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Une vie de château [Privé Maven Danehill]

Aller en bas 
AuteurMessage
Akeno Baleon
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 48
Age RPG : 25
En couple avec : Maven Danehill

MessageSujet: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Jeu 16 Fév - 20:07

Après le voyage dans le Nord pour rendre visite au père de Maven, la suite du programme était d'aller voir la famille d'Akeno. Cependant, la visite fut repoussée à la fin du printemps, pour des raisons de disponibilité par rapport à l'Ordre. On les envoya en effet plusieurs fois dans des petites missions, de patrouille ou de sécurité. Des choses simples, peu dangereuses, mais néanmoins importantes. Le jeune homme brûlait d'envie de revoir les siens, depuis le temps qu'il n'était pas retourné au domaine.

L'avantage, c'est que le voyage qu'ils avaient à faire était moins long, et que le temps était bien meilleur. Il faisait bon, presque chaud. Ils avaient pu dormir un peu plus longtemps le matin, car ils n'auraient qu'une nuit à passer dans une auberge en chemin. On leur avait pour le coup fourni trois coursiers rapides, de plus haute taille et d'un autre genre que ceux qu'ils avaient montés dans le Nord. Ils furent assez rapidement à destination, du coup, ayant voyagé par un temps radieux, sans la moindre embûche en cours de route.

Akeno chevauchait en tête, sur un bel étalon pangaré. Le nez au vent, il savourait la caresse de la brise tiède sur son visage. Ils étaient presque arrivés, et traversaient les villages sur les terres des Baleon. Certains paysans le reconnaissaient au passage et le saluaient. Droite et juste, sa famille était aimée et respectée, et cela se voyait. Les gens n'étaient pas riches, mais les impôts exigés étaient assez souples pour qu'ils aient de quoi se nourrir suffisamment, se vêtir, entretenir leur maison. On ne pouvait pas en dire autant de tous les habitants du royaume...

Au loin, surplombant le paysage, le château des maîtres des lieux dominait tout. Erigé sur une hauteur, il offrait de ses remparts une vue magnifique et en profondeur sur les quatre points cardinaux. Un excellent atout en cas d'attaque. Loin d'égaler le gigantisme de Lytsoul qui devait accueillir des milliers de personnes, celui-ci était toutefois de belle taille, avec une silhouette à la fois massive et élancée, élégante. Le Métamage dut se retenir pour ne pas piquer des deux et rejoindre les remparts au galop. Sa monture sentait son excitation, et piaffait sous lui.


" Nous sommes presque arrivés. Par les dieux, ça fait plusieurs saisons que je n'ai pas remis les pieds ici, tu n'as pas idée d'à quel point ça m'a manqué.

Arrivés finalement au pont-levis, les gardes vérifièrent leur identité avant de les laisser aller plus loin. Reconnaissant Akeno, ils le laissèrent passer en le saluant, et envoyèrent quelqu'un prévenir de son arrivée. Le jeune homme avait prévu de rester là plusieurs jours, voire un peu plus d'une semaine. Il y avait énormément à faire, et ils n'auraient pas à se plaindre du manque de place ou de confort, alors pourquoi se priver?

Ils parvinrent dans la vaste cour fortifiée, baignée par le soleil en cette fin d'après midi. Les sabots des chevaux claquaient sur les pavés, et les têtes se tournèrent à leur arrivée. Le Métamage tira sur les rênes pour stopper sa monture. Il posa les deux mains sur le pommeau de la selle avant d'inspirer un bon coup et de se laisser glisser à terre. Deux garçons d'écurie se précipitèrent à leur rencontre pour prendre les bêtes en charge. Ils furent bientôt suivis par le vieux maître d'écurie, un homme grisonnant, à la démarche raide et à l'expression bourrue, mais qui était encore fort et alerte malgré tout.


- Seigneur Akeno... c'est bon de vous voir parmi nous.

- Tu ne diras plus ça quand je vais mettre tes écuries sens dessus dessous dans les prochains jours, Altrecht!

Il pouffa en donnant une tape amicale sur l'épaule de l'homme. Les écuries domaniales étaient un petit bijou. Cela faisait plusieurs décennies qu'Altrecht en supervisait le moindre détail, depuis les saillies jusqu'aux mises bas, en passant par les ventes, les achats, les débourrages et autres entraînement de chaque animal... Le résultat était convainquant: les bêtes, qui n'avaient pas la diversité de celles qu'on trouvait à Lytsoul, étaient cependant extrêmement performantes, et d'une grande qualité. Le jeune homme alla rejoindre sa compagne alors que des serviteurs récupéraient le chargement du cheval de bât pour le porter dans sa chambre, comme de coutume.

- Nous pourrons passer un peu de temps aux écuries, demain. Ca vaut le détour, et je sens que je ne vais pas pouvoir me priver du plaisir d'aller côtoyer quelques-uns de mes sauvageons préférés. Altrecht est une mine de savoir en matière de chevaux, je crois qu'il en aurait même à apprendre à ceux qui gèrent l'écurie de Lytsoul, Métamages chevaux ou pas!

Il l'embrassa du bout des lèvres, encourageant. Il espérait qu'elle ne serait pas intimidée par tout ça. Lui se sentait comme un poisson dans l'eau, mais il doutait qu'elle ait déjà vu dans sa vie un étalage de luxe comme cela serait le cas à l'intérieur... Les garçons d'écurie emmenèrent leurs chevaux pour s'en occuper et leur trouver des boxes, et le Métamage resta un moment à attendre tranquillement, simplement pour s'imprégner de l'atmosphère des lieux. Alors qu'il se tournait pour se décider à entrer dans le château et se présenter à ses parents, un cri retentit.

- Mon chatooooooooooooooon!

Une jeune femme venait de débouler dans la cour, et courait vers lui. Il réagit immédiatement, et le temps de cligner des yeux, il avait pris sa forme de tigre. Il se rua vers elle, et en quelques bonds, il avala la distance qui les séparait. Là, il sauta et la renversa à terre, lui sur elle. Il la regarda un moment, la queue fouettant paresseusement l'air, puis elle éclata de rire en enfouissant ses doigts dans la fourrure épaisse qui lui couvrait le cou. En réponse, il fourra sa tête dans le creux de son cou et se mit à ronronner comme un forcené. Il ne reprit forme humaine en riant qu'une fois que Maven les eut rejoints. Il s'essuya les yeux et aida la jeune femme à se relever, puis il fit les présentations.

- Maven, je te présente Elea, ma soeur. Elea, Maven, ma compagne.

- Par les dieux, enfin! Je commençais à me dire que tu n'y parviendrais jamais. Je suis enchantée, Maven.

Elea était ravissante, avec ses longs cheveux châtains légèrement ondulés, et ses beaux yeux bleu ciel. A vingt-sept ans déjà, elle restait apparemment éternellement jeune, comme lorsqu'elle avait quelques bonnes années de moins. Mariée à un brave homme de sang noble, pas d'une très grande importance d'un point de vue rang, mais que sa vive intelligence rendait indispensables aux plus hautes sphères de l'armée, elle se retrouvait souvent seule suite aux absences de son mari, sans cesse sollicité. Alors, elle rentrait au château paternel, laissant le soin de leur domaine à leur intendant. Elle les invita tout naturellement à entrer, et son frère lui emboîta le pas en entraînant la rouquine par la main.

- Vous devriez rentrer. Père et mère vont être ravis, de même que Theon et Vandian."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maven Danehill
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 43
Age RPG : 21
En couple avec : Un tigre en rut

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Dim 19 Fév - 23:31

Au terme de deux journées de cheval, Maven vit devant elle se dessiner la silhouette du château des Baleon, là où son compagnon était né, et avait grandi avant de rejoindre les rangs des Métamages à Lytsoul. Celui-ci ne tenait pas en place, et avait presque ignoré la jeune femme depuis qu'ils avaient quitté l'auberge où ils avaient passé la nuit, trop impatient de retrouver les siens après tout ce temps. Elle ne l'en blâmait pas, après tout, il y avait bien plus longtemps qu'il les avait vus qu'elle-même avait rendu visite à son père, mais elle ne pouvait pas prétendre que ça ne la contrariait pas.

Et il n'y avait pas que ça. Jusqu'à ce que le jour fatidique du départ n'arrive, elle ne s'était pas sentie nerveuse ou inquiète à l'idée de cette présentation, au contraire, plutôt enthousiaste. Mais plus ils avaient avancé, plus elle avait senti l'appréhension la gagner, et encore plus et plus rapidement quand ils avaient pénétré les terres de la famille d'Akeno, et c'était pire encore maintenant qu'elle avait vu à quoi ressemblait le château. Moins immense que Lytsoul, mais certainement beaucoup plus fastueux. Elle prenait conscience de l'importance et de l'influence de la famille Baleon, et cela ne pouvait que la rendre plus nerveuse. Si l'étalon pangaré de son compagnon piaffait de l'impatience de son cavalier, qui s'il avait été seul aurait sans doute talonné sa monture pour rentrer chez lui au grand galop, le grand alezan crins lavés qu'on avait prêté à Maven renâclait et soufflait, yeux roulés et naseaux dilatés par l'énervement.

Ça n'alla pas vraiment en s'arrangeant quand ils parvinrent au pont-levis menant à l'intérieur des remparts. Déjà, quand plusieurs villageois avaient salué le jeune homme sur la route, elle avait eu l'impression d'être une étrangère. Pire, étant à l'origine de la même condition qu'eux, elle avait eu la désagréable sensation de ne pas avoir sa place là où elle allait. Aussi se sentit elle un peu de trop quand les gardes reconnurent leur seigneur et le laissèrent passer, n'accordant à la rouquine qu'un bref regard intrigué.

Le luxe et le faste n'étaient pas vraiment sa tasse de thé, par ailleurs... Elle s'était faite au confort qu'offrait Lytsoul, à force, mais elle ne savait pas si elle parviendrait à vraiment apprécier ce château-là. Et dire qu'ils y passeraient plus d'une semaine... Rien que d'y penser, elle avait terriblement envie de faire demi-tour et s'enfuir. Akeno ne remarquerait rien, de toute façon. Tout ce qui constituait son monde pour le moment était ce gigantesque tas de pierres qui constituait sa demeure, alors après tout... Non, lui était venu chez elle sans rechigner, elle ne pouvait pas lui faire ça. Elle ravala donc sa bile en mettant pied à terre dans la cour. Les regards qui se posèrent sur eux achevèrent de la mettre mal à l'aise.


- Seigneur Akeno... c'est bon de vous voir parmi nous.

Deux garçons d'écurie s'était précipités vers eux pour prendre les rênes de leurs montures, suivies d'un homme plus âgé, qui avait la démarche caractéristique des cavaliers aguerris, celui qui interpella le Métamage. Dans d'autres circonstances, Maven l'aurait sans doute trouvé fort sympathique, mais dans son état actuel, elle ne put que lui adresser un bref hochement de tête en guise de salut, les dents aussi serrées que son estomac était noué. Akeno lui donna congé après lui avoir lancé une petite boutade, d'humeur radieuse. Cela tira un léger sourire à la jeune femme, mais crispé malgré tout. Elle avait vraiment le sentiment de faire tâche dans le décor. Quand les serviteurs se furent saisis des bagages que portait leur cheval de bât, il vint vers sa compagne, tout sourire.

- Nous pourrons passer un peu de temps aux écuries, demain. Ça vaut le détour, et je sens que je ne vais pas pouvoir me priver du plaisir d'aller côtoyer quelques-uns de mes sauvageons préférés. Altrecht est une mine de savoir en matière de chevaux, je crois qu'il en aurait même à apprendre à ceux qui gèrent l'écurie de Lytsoul, Métamages chevaux ou pas !

- Hm... Oui, si tu veux.

Il lui donna un petit baiser sur les lèvres, qu'elle hésita un instant à lui refuser, un peu vexée qu'il ne s'intéresse de nouveau à elle que maintenant. Elle n'était pas vraiment férue de chevaux, mais si ça pouvait lui faire plaisir... Pour elle, ils constituaient un moyen de transport fort pratique, et une compagnie sympathique, mais ça s'arrêtait là, et elle ne s'y connaissait pas particulièrement en élevage. Elle savait distinguer les montures les plus adaptées à chaque utilisation, et c'était déjà bien suffisant. Quant à monter... Oui, elle tenait sur un cheval, il le fallait bien, mais ne pouvait pas se vanter d'être une cavalière aguerrie. Et sa nature animale de panthère ressortant beaucoup, il lui fallait des montures calmes, capables de ne pas s'offusquer de son agressivité naturelle. Alors les "sauvageons" dont il lui avait parlé, très peu pour elle.

- Mon chatooooooooooooooon !

Maven tourna la tête vers la source du cri, avisant une jeune femme, toutefois plus âgée qu'elle, qui venait vers eux en courant. Elle fronça les sourcils, et un rictus se dessina au coin de ses lèvres. "Mon chaton" ? Qu'est-ce que c'était que ce surnom ? Elle assista ensuite au spectacle du Métamage prenant sa forme de tigre pour foncer à larges foulées jusqu'à la jeune femme, pour la faire doucement tomber sous son poids avant de se laisser câliner et grattouiller, tandis qu'elle riait. Sa sœur aînée, sans doute. La ressemblance, même de loin, était assez remarquable. Malgré ça, elle sentit une pique désagréable lui titiller le cœur. Elle n'était pas particulièrement jalouse d'ordinaire, encore moins d'une sœur, ce qui était totalement ridicule, mais sa nervosité lui faisait voir tout en noir, et c'est d'un pas traînant qu'elle vint vers eux quand Akeno eut reprit forme humaine et aidé sa victime à se relever.

- Maven, je te présente Elea, ma sœur. Elea, Maven, ma compagne.

- Par les dieux, enfin ! Je commençais à me dire que tu n'y parviendrais jamais. Je suis enchantée, Maven.

- Moi de même.

Le ton sincèrement enjoué d'Elea avait assez agréablement surpris la rouquine, mais elle ne se dérida pas pour autant, et eut un mal fou à ne pas se montrer trop sèche dans sa réponse. Quand elle saurait d'où elle venait, peut-être serait-elle moins ravie pour son frère. Ça y était, les présentations à la famille, et donc, les inévitables et insupportables interrogatoires commençaient. Elle espérait naïvement qu'on la laisserait tranquille pour ce soir, n'ayant absolument pas envie d'affronter tout ça maintenant, mais autant demander à un Démon de secourir un chaton perdu... Elle se laissa donc traîner à la suite d'Elea à l'intérieur, la main d'Akeno pressant doucement la sienne, comme pour l'encourager. Mais, quelques pas plus loin, elle freina des quatre fers.

- Elea, vous nous excusez juste un instant ? Nous vous rejoignons dans une minute.

La sœur d'Akeno acquiesça, non sans une petite pointe de surprise dans la voix et l'expression, et s'éclipsa derrière une lourde porte, les laissant seuls tous les deux. Ils avaient à peine traversé un couloir que Maven se sentait déjà mal à l'aise. Les tapisseries, les décorations... Tout était magnifique. En soi, ça ne la laissait pas en état d'extase ultime. C'était très beau, oui, objectivement, mais ça ne la touchait pas plus que ça. Seulement, tout ce faste d'un seul coup, c'était... Vraiment trop. Elle avait pris les mains de son compagnon dans les siennes, mais détournait le regard. Comment lui faire comprendre, lui qui avait l'air tellement bien ici, de retour chez lui ?

- Akeno... Je ne sais pas si je... Enfin, regarde-moi ! Je n'ai rien à faire ici, et regarde ta sœur, je suis sûre qu'elle ne m'aime déjà pas.

Totalement perdue, déboussolée, elle ne savait plus quoi penser, comment se comporter, si c'était une bonne idée... Et par-dessus tout, elle n'avait pas envie de décevoir Akeno, qui se faisait une telle joie de la présenter à sa famille. Mais elle ne s'en sentait pas capable, elle n'arrivait même pas à apprécier la beauté des lieux, et devenait même paranoïaque, à avoir cette impression que tout le monde l'avait regardée de travers depuis qu'elle était arrivée. Elle ne se reconnaissait même plus... Elle refoula des larmes de panique qui lui montaient aux yeux, et si son compagnon ne lui tenait pas les mains, elle aurait probablement déjà tourné les talons.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akeno Baleon
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 48
Age RPG : 25
En couple avec : Maven Danehill

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Lun 20 Fév - 12:31

Alors qu'ils suivaient Elea dans les grands couloirs du château, ornés de superbes tapisseries représentant les ancêtres, ou bien l'Histoire de Magikheart, Maven s'arrêta et demanda à la soeur d'Akeno de les laisser. Cette dernière fut un peu intriguée, mais elle obéit et disparut derrière une porte toute proche. Le jeune homme se contenta de lever un sourcil étonné et de la dévisager, ne comprenant pas trop ce qui lui prenait. Elle lui prit les mains avant de parler.

" Akeno... Je ne sais pas si je... Enfin, regarde-moi ! Je n'ai rien à faire ici, et regarde ta sœur, je suis sûre qu'elle ne m'aime déjà pas.

Le Métamage la considéra avec surprise. Lui se sentait tellement bien chez lui qu'il trouvait sa réaction un peu étrange, mais dans le fond, compréhensible. Il ne s'était pas posé ce genre de questions en allant voir le père de la rouquine, alors qu'il aurait très bien pu agir en noble hautain et insupportable, et annoncer qu'il n'aurait même pas fait dormir ses chiens dans la petite maison. Qu'elle puisse ne pas se sentir à l'aise ici, en étant de condition modeste, n'était pas étonnant. Même en vivant à Lytsoul... C'est vrai qu'ici, c'était plus riche, fastueux, luxueux, même si ses parents n'étaient pas les plus à cheval sur tout ce qui était bibelots de valeur... En revanche, elle s'était trompée concernant sa soeur.

- Qu'est-ce que tu racontes... Du moment que tu m'aimes, et moi aussi, il n'y a aucun souci à se faire. L'important c'est que je sois heureux, ils se moquent du reste. Tu seras parfaite, tu verras.

Il lui effleura la joue d'une caresse, avant de l'embrasser. Il ne voyait pas quoi lui dire de mieux, car c'était la stricte vérité. Beaucoup d'autres familles nobles très puritaines l'auraient regardée de travers comme un insecte, mais ici, c'était la valeur de la personne qui primait avant sa condition sociale. Alors Maven n'avait vraiment pas à s'en faire. D'autant plus que le statut de Métamage royal lui avait assuré une certaine élévation sociale.

- Quant à ma soeur, tu ne dirais pas ça si tu la connaissais. Elle est adorable, extrêmement gentille et ouverte. Elle ressemble un peu à Selenia... Je pense que vous allez bien vous entendre. Allez, on continue. Et arrête de t'en faire, d'accord?

Il l'embrassa sur le front, puis la lâcha pour aller chercher sa soeur, et c'est tout ensemble qu'ils pénétrèrent dans la grande salle, qui servait à la fois au seigneur et maître pour recevoir ses audiences, et pour y organiser de grands repas. Les châtelains étaient déjà là, à attendre. Quand Akeno s'avança en premier, sa mère descendit de l'estrade pour le prendre dans ses bras, et il lui rendit son étreinte. Malgré son âge et ses cheveux gris, elle avait gardé sur le visage la trace de sa beauté d'antan, dont le reflet se voyait parfaitement sur Elea qui était son portrait au même âge. Ses yeux bleus pétillaient de plaisir quand elle dévisagea son fils.

- Bienvenue à la maison.

- Merci. Père, mère, j'aimerai vous présenter ma compagne, Maven. Elle est Métamage de l'ordre royal, comme moi.

Ce disant, il se tourna vers elle en lui tendant la main pour qu'elle s'approche. Il était conscient que la vaste pièce de pierres, aux murs ornés de tentures et autres tapisseries, avec une table gigantesque qui trônait en son centre, pouvait être impressionnante. Lui pourtant s'y sentait bien. Il avait passé des heures à contempler le paysage depuis le balcon qui s'ouvrait face au trône, loin au bout de la pièce. Mais pour l'heure, il regardait plutôt ses parents. Son père, l'air sérieux, ne s'était pas levé. Malgré son âge, il était encore bien charpenté, toujours musclé. Ses cheveux autrefois de jais étaient à présent gris, comme la barbe courte et bien taillée qui lui ornait la mâchoire. Ses yeux bleus, en revanche, exprimaient bienveillance et intérêt.

- Soyez la bienvenue au château de Blanchelame, Maven. J'espère que le voyage aura été bon. Je pense qu'il sera plus agréable pour vous que nous fassions plus ample connaissance autour du repas de ce soir? Vous devez avoir hâte de vous détendre un peu. Si vous le voulez, Elea vous conduira.

Akeno ne broncha pas. Son père était à la fois protocolaire et soucieux du bien être de la nouvelle venue. Il devinait à quel point ses parents étaient curieux de faire sa connaissance, et c'était plutôt courtois de ne pas l'assommer de questions maintenant. Pour sa part, il comptait aller fureter à la recherche de ses frères, en partant du principe qu'eux-mêmes ne viennent pas de leur propre chef à sa rencontre.

Ils se retirèrent en emboîtant le pas à Elea, qui les conduisit à travers les couloirs jusqu'à la vaste et spacieuse chambre d'Akeno. Il n'y avait rien de plus qu'une chambre, un coin d'études et une salle d'eau privée, mais le tout était pratiquement aussi spacieux que leurs appartements de Lytsoul. Des fenêtres ouvraient sur l'extérieur et offraient une vue magnifique. Dans la chambre, le lit, large et long, était à baldaquins de velours rouge brodé d'or. Le matelas et les oreillers étaient de plumes d'oie, offrant un confort optimal, et les draps étaient à la fois doux et chaud. Une grande cheminée sculptée réchauffait la pièce pendant l'hiver, bien plus efficacement qu'un vulgaire poêle. La salle d'études comprenait quelques étagères garnies de livres et de parchemins, ainsi qu'un bureau contenant tout ce qui était nécessaire pour écrire. Quant à la salle d'eau, le bassin était encore plus large et profond que celui qu'ils avaient à Lytsoul, et en pierre marbrée polie, douce comme de la soie. Leurs affaires avaient été déposées dans la pièce. Elea les laissa afin qu'ils puissent se reposer, puisqu'ils se reverraient tous au repas. Mais Akeno ne l'entendait pas de cette oreille.


- Si ça ne te gêne pas, avant de faire un brin de toilette et de se reposer avant le repas, j'aimerai te présenter mes frères. Ils doivent traîner quelque part je suppose, sans doute dehors.

Il alla se passer un peu d'eau sur le visage malgré tout, avant de sortir en entraînant sa compagne dans les couloirs jusqu'à une cour secondaire, où on s'entraînait généralement au maniement des armes. Sans trop de surprise, il aperçut ses frères de loin, en train de ferrailler l'un contre l'autre. Avant de s'approcher, il attira Maven dans ses bras pour l'embrasser. Il avait un peu de mal à contenir son excitation et sa hâte de tout lui faire découvrir, mais il tentait de se tempérer tant bien que mal. Il resta un moment à la regarder, la tenant toujours contre lui.

- Tu verras que tout se passera très bien ce soir. Mes parents ont l'air de vraiment s'intéresser à toi, même si tu n'en as peut-être pas eu l'impression... Mais le fait qu'ils ne t'aient pas interrogée tout de suite montre bien qu'ils se soucient de ton bien-être. Et du mien, évidemment.

Il sourit, l'embrassa puis la relâcha, avant de s'approcher des deux combattants. Theon, l'aîné, était marié et père de trois enfants. Agé de six ans de plus que le Métamage, il était de haute taille, musclé, assez bien charpenté, le portrait de son père. Il avait des cheveux de jais, et une légère barbiche bien entretenue sur le menton. Comme toute sa famille, il avait les yeux bleus. Plus tempéré de caractère que ses deux frères, il participait déjà énormément à la vie de la seigneurie, afin de pouvoir reprendre les rênes quand le moment serait venu. Vandian, lui, âgé de quatre ans de plus qu'Akeno, était en constante compétition avec ses frères, mais sans méchanceté. Plus fin et élancé que son aîné, il avait lui aussi des cheveux noirs, taillés courts, et il était rasé de près. Son regard bleu était vif et pénétrant. Il n'était pas encore marié, ne se montrant jamais totalement satisfait de ses prétendantes, ce qui ne lui permettait pas de se décider. Tous deux stoppèrent le combat quand ils virent le couple arriver.

- Par les dieux, Akeno! Tu aurais pu t'annoncer par une lettre!

- Je pensais plus intéressant de vous faire la surprise... Theon, Vandian, je vous présente Maven, ma compagne.

Il échangea des bourrades affectueuses avec ses frères. Ces derniers observèrent avec intérêt la rouquine. Si Theon, en parfait héritier du domaine, la salua cordialement, et avec toute la galanterie que son rang exigeait, un petit sourire aux lèvres, Vandian croisa les bras, l'air un peu bougon, même si ce n'était absolument pas à l'encontre de la rouquine. La preuve, c'est qu'il lança un regard faussement fâché à Akeno.

- Dire que je me fais coiffer au poteau par mon petit frère l'immature... C'est quand même un comble!

- Si tu te montrais moins difficile dans le choix d'une épouse, rétorqua Theon en lui donnant une claque sur l'épaule, le problème serait réglé depuis longtemps!

- D'autant que tu es beaucoup moins beau que moi, et que ça ne va pas en s'arrangeant, alors ne tarde pas trop!"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maven Danehill
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 43
Age RPG : 21
En couple avec : Un tigre en rut

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Jeu 23 Fév - 1:07

- Qu'est-ce que tu racontes... Du moment que tu m'aimes, et moi aussi, il n'y a aucun souci à se faire. L'important c'est que je sois heureux, ils se moquent du reste. Tu seras parfaite, tu verras.

Maven releva le regard vers Akeno quand il lui caressa doucement la joue puis l'embrassa, tâchant de se convaincre que ce qu'il lui disait était vrai. Elle savait, tout au fond d'elle, que son appréhension était carrément exagérée, mais elle ne serait pas parvenue à la contenir sans le soutien de son compagnon. Et comme il était trop content d'être rentré au pays pour remarquer le mal-être de la jeune femme, il avait bien fallu qu'elle aille chercher ces paroles rassurantes, sous peine de paniquer pour de bon.

Et puis, elle avait tellement peur de faire mauvaise impression... Pour la première fois de sa vie, d'ailleurs. En temps normal, elle se moquait totalement de plaire aux gens, et se contentait de faire ce qui lui plaisait, quand elle en avait envie, peu importe ce qu'en pensent les autres. Mais là, il s'agissait de la famille de l'homme qu'elle aimait, et elle aurait été probablement aussi inquiète s'ils avaient été de condition plus modeste. A une autre échelle, sans cet immense château et tout ce qu'il contenait, mais tout de même. Elle ne voulait pas paraître grossière ou quoi que ce soit, pour ne pas causer de tort à Akeno, mais tout en restant fidèle à ce qu'elle était.


- Quant à ma sœur, tu ne dirais pas ça si tu la connaissais. Elle est adorable, extrêmement gentille et ouverte. Elle ressemble un peu à Selenia... Je pense que vous allez bien vous entendre. Allez, on continue. Et arrête de t'en faire, d'accord ?

Maven acquiesça d'un bref haussement d'épaules, après quoi il lui déposa un baiser sur le front avant de la laisser pour aller chercher Elea. La rouquine en profita pour s'adosser au mur et se laisser aller, sentant un besoin irrépressible d'évacuer la pression. Tandis que de grosses larmes roulaient sur ses joues, les angoisses de la jeune femme s'évaporant en même temps que l'eau salée sur sa peau, elle s'efforçait de respirer profondément, yeux clos, pour se calmer. Elle se sentait progressivement plus sereine, mais lui manquait encore un petit rien qui l'aurait peut-être apaisée pour de bon, rien qu'un instant ou Akeno l'aurait prise dans ses bras, et où elle aurait pu fermer les yeux dans le creux de son épaule, rassurée par sa chaleur et son odeur. Mais elle n'y avait pas pensé, sur le coup, et quand il revint avec sa sœur, elle s'essuya les yeux d'un revers de la manche de sa chemise crottée par le voyage avant de leur emboîter le pas, toujours un peu soucieuse, mais beaucoup plus calme.

La grande salle dans laquelle ils pénétrèrent lui fit l'effet d'un décor un peu plus familier, bien que plus joliment décoré qu'à Lytsoul, qui la rassura. Mais elle déchanta quand elle se trouva face à ses beaux-parents, assis dans leurs trônes sur l'estrade. Sa mère, une femme d'apparence douce, et restée belle malgré les années qui l'avaient progressivement marquée, se leva pour en descendre, saluant son fils tout en lui ouvrant les bras pour l'étreindre doucement. Le châtelain, en revanche, resta assis, son visage affichant une expression impénétrable. Impossible de dire s'il était heureux ou contrarié, ou quoi que ce soit d'autre. Maven resta en arrière, arrangeant ses cheveux à la hâte avant de se triturer les doigts, nerveuse, jusqu'à ce que son compagnon tende la main vers elle, l'invitant à approcher. Elle déglutit discrètement avant de s'avancer d'un pas timide, glissant sa main dans celle d'Akeno.


- Père, mère, j'aimerai vous présenter ma compagne, Maven. Elle est Métamage de l'ordre royal, comme moi.

- Je... Enchantée... Akeno m'a beaucoup parlé de vous tous.

La châtelaine lui adressa un sourire bienveillant, que Maven lui rendit timidement avant de serrer un peu plus la main de son compagnon dans la sienne en se tournant vers le père de ce dernier, dont le visage demeurait insondable. Cela exaspéra un peu la jeune femme, qui n'arrivait pas à déterminer si cela marquait une réelle indifférence, du mépris ou de la joie contenue. A en croire Akeno, il n'y avait pas de raisons que ses parents désapprouvent leur relation, mais si la panthère lui faisait confiance, car après tout il connaissait ses parents mieux qu'elle, cette attitude la déstabilisait. Elle avait plutôt l'habitude de la franchise, et aurait autant aimé qu'il affiche directement son ressenti à son égard. Mais bon, c'était une autre éducation, après tout, elle ne pouvait pas franchement en vouloir au vieil homme, qui finalement se redressa légèrement pour s'adresser à elle.

- Soyez la bienvenue au château de Blanchelame, Maven. J'espère que le voyage aura été bon. Je pense qu'il sera plus agréable pour vous que nous fassions plus ample connaissance autour du repas de ce soir ? Vous devez avoir hâte de vous détendre un peu. Si vous le voulez, Elea vous conduira.

- Avec plaisir.

Et elle ne se fit pas prier pour suivre Akeno et son aînée jusqu'à la chambre de celui-ci quand ils prirent tout trois congé, ravie qu'on lui épargne les nombreuses questions qu'on devait se poser à son sujet pour le moment. A voir son amant, elle doutait qu'il aie l'intention de se reposer maintenant, mais rien que quelques minutes de tranquillité ne pourraient qu'être bénéfiques à la rouquine. Elle se laissa donc tomber sur le grand lit moelleux quand Elea les laissa seuls, avec un grand soupir. Le pire, avant l'inévitable interrogatoire, était passé. Restait à faire la connaissance des deux frères de son compagnon, perspective qui effrayait beaucoup moins la jeune femme que tout le reste.

A entendre Akeno en parler, ils n'avaient pas l'air du genre qui lui prendrait la tête. Peut-être Theon serait-il plus difficile à aborder dans un premier temps, au vu de son âge et de son statut d'héritier, mais elle se faisait moins de souci pour Vandian, qui avait l'air de la même trempe que le Métamage. Être en présence de personnes avec lesquelles elle n'aurait pas de mal à parler lui ferait le plus grand bien, sans nul doute. Toujours étendue sur le matelas douillet, elle avisa le jeune homme quand il s'approcha d'elle après avoir fait le tour de la pièce. Toutes leurs affaires avaient été montées là, il n'y avait plus qu'à les ranger.


- Si ça ne te gêne pas, avant de faire un brin de toilette et de se reposer avant le repas, j'aimerai te présenter mes frères. Ils doivent traîner quelque part je suppose, sans doute dehors.

- Ça ne me gêne pas, mais j'aimerais qu'on ne tarde pas trop dehors non plus. Je suis épuisée, et on est pas au bout de nos peines pour ce soir...

Elle resta allongée encore un moment, le temps qu'il aille se passer un peu d'eau sur le visage, puis se leva lentement pour le suivre dans les méandres du château, après s'être elle-même brièvement rafraîchie. C'était moins gigantesque que Lytsoul, mais ça restait assez grand pour se perdre si l'on ne connaissait pas le moindre couloir. Ils aboutirent sur une petite cour intérieure, que Maven devina aisément être un lieu privilégié pour s'entraîner à manier des armes. Au loin, elle distingua deux hommes, jeunes tous les deux, qui croisaient le fer. A voir l'expression d'Akeno lorsqu'il les vit, Maven compris qu'il s'agissait de ses deux frères. Elle s'apprêtait à le suivre pour les rejoindre, mais au lieu de s'avancer vers eux, il l'attira dans ses bras et l'embrassa. Un peu surprise, mais heureuse qu'il lui témoigne enfin un peu de tendresse sans qu'elle aie besoin de réclamer qu'on la rassure, elle se laissa faire et se blottit contre lui, le visage enfoui dans le creux de son épaule.

- Tu verras que tout se passera très bien ce soir. Mes parents ont l'air de vraiment s'intéresser à toi, même si tu n'en as peut-être pas eu l'impression... Mais le fait qu'ils ne t'aient pas interrogée tout de suite montre bien qu'ils se soucient de ton bien-être. Et du mien, évidemment.

- Si tu le dis, c'est que ça doit être vrai...

Elle poussa un léger soupir dans son cou, puis se redressa pour le laisser l'embrasser de nouveau, puis la relâcher pour se diriger vers ses deux aînés. Elle le suivit à quelques enjambées de distance, prenant le temps d'observer les alentours. Elle aurait presque pu se croire dans un coin reculé du château des Métamages à cet endroit, ne manquait que le brouhaha habituel du gigantesque château. Elle assista à leurs retrouvailles avec amusement, et elle s'avança lorsqu'Akeno la présenta une énième fois. Elle répondit au galant salut de Theon avec un petit sourire gêné, peu habituée à ce genre de traitement, et avisa ensuite Vandian, qui croisa les bras avant de foudroyer son cadet d'un regard faussement fâché.

- Dire que je me fais coiffer au poteau par mon petit frère l'immature... C'est quand même un comble !

- Si tu te montrais moins difficile dans le choix d'une épouse, le problème serait réglé depuis longtemps !

- D'autant que tu es beaucoup moins beau que moi, et que ça ne va pas en s'arrangeant, alors ne tarde pas trop !

Maven rit franchement, les regardant tous les trois se chamailler comme des gamins, qu'ils étaient encore il n'y avait pas si longtemps, en fin de compte, puis vint aux côtés de son compagnon, lui passant un bras dans le dos. Voilà un univers qu'elle connaissait un peu mieux, elle ne s'était pas trompée en acceptant de sortir les rencontrer.

- Non, moi je pense qu'il a raison de se montrer exigeant. Je suis moi-même assez difficile, mais Akeno a su me prouver que je ne pouvais pas me passer de lui...

- Ah, enfin quelqu'un qui me comprend ! Si tu t'en lassais un jour, Akeno, tu me la prêterais ?

- Sans vouloir être vexante, je suis aussi d'accord avec Akeno : de vous deux, il est le plus séduisant.

- Encore raté...

Vandian leva les yeux au ciel avec un soupir, mimant une grande déception, ce qui acheva de dérider la rouquine. Ils discutèrent encore un peu, puis, pressée de pouvoir se détendre pour de bon avant le dîner, Maven pressa un peu son compagnon pour regagner sa chambre. Elle n'aurait rien eu contre y monter seule, si elle avait pu, mais elle avait peur de se perdre dans ces lieux encore inconnus, et déstabilisants, de surcroît. Une fois de retour dans les quartiers d'Akeno, elle réquisitionna le bassin pour prendre un long bain chaud, dans lequel elle somnola une fois propre, jusqu'à ce que l'eau commence à devenir trop fraîche pour y rester plus longtemps.

Elle céda ensuite la place à Akeno le temps de passer une tenue propre, sur laquelle elle hésita un moment. Elle voulait quelque chose de sobre, simple, mais en même temps, qui ne la dénature pas. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle n'avait pas emmené le moindre jupon ou autre fanfreluche. Elle opta finalement pour un pantalon beige et une chemise blanche brodée de fil vert émeraude au col et aux manches, ce qui faisait ressortir ses yeux. Elle n'eut plus qu'à attendre que le jeune homme aie fini de se laver lui aussi pour prendre la direction de la grande salle. En chemin, sa main glissée dans celle de son compagnon, elle la lui pressa doucement pour l'interpeller avant de prendre la parole.


- Au fait, je suis désolée pour tout à l'heure... J'ai paniqué, j'angoissais tellement à l'idée de te faire du tort, de quelque manière que ce soit... Je t'avouerais que je suis encore un peu inquiète, mais ça va un peu mieux maintenant. J'avais besoin que tu me rassures...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akeno Baleon
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 48
Age RPG : 25
En couple avec : Maven Danehill

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Ven 24 Fév - 18:27

Akeno fut rassuré, mais pas étonné de voir Maven se détendre avec ses frères. Après tout, ils avaient tout deux quelque chose de commun avec lui. Ils ne tenaient vraiment leur rôle qu'en public, au sein de la famille, c'était plus détendu. Il sourit en l'entendant plaisanter avec Vandian, et il ne put se retenir d'échanger un regard entendu avec Theon. Ce dernier lui glissa un discret clin d'oeil, comme pour approuver son choix. C'était sans doute un jugement physique avant tout... il pourrait juger du caractère de la rouquine dans les prochains jours.

" Repas de circonstance ce soir je suppose?

- Evidemment. Je pense qu'ils vont voir les choses en grand pour l'occasion... Je ne vais pas trop m'en plaindre, je meurs de faim.

- Dis, ça te dirait d'aller chasser demain? Vous n'avez qu'à venir tous les deux si vous êtes assez reposés...

- Tu parles, il va encore tricher, comme d'habitude...

Le Métamage se contenta de hausser les épaules avec un petit sourire en coin. La cicatrice qu'il portait à l'épaule était une preuve de ses méthodes un peu... hasardeuses en matière de chasse. Il n'avait jamais dit à Maven à quoi elle était due, mais elle restait terriblement impressionnante. Il faudrait qu'il pense à lui raconter l'anecdote... Elle comprendrait au moins pourquoi son frère avait parlé de tricher. Il accepta volontiers la partie de chasse du lendemain, avant que sa compagne ne le pousse à regagner ses appartements afin de se préparer pour le soir.

Après s'être tous les deux soigneusement lavés dans un bon bain chaud, et une fois vêtus de manière convenable pour le repas, ils sortirent ensemble pour rejoindre la grande salle. L'estomac d'Akeno se mit à gronder de manière significative. Rien que l'idée du festin qui les attendait lui mettait l'eau à la bouche. Il était tout à ses pensées quand il sentit Maven lui presser la main avant de prendre la parole.


- Au fait, je suis désolée pour tout à l'heure... J'ai paniqué, j'angoissais tellement à l'idée de te faire du tort, de quelque manière que ce soit... Je t'avouerais que je suis encore un peu inquiète, mais ça va un peu mieux maintenant. J'avais besoin que tu me rassures...

- Ca ne fait rien... Tu verras que d'ici la fin de la semaine tu n'auras plus envie de partir! On s'amusera bien dans la partie de chasse de demain. Je te parie ce que tu veux que Theon et Vandian vont nous lancer un défi en deux contre deux...

Il eut un petit sourire, puis l'embrassa au coin des lèvres. Ils arrivèrent bientôt devant les portes de la salle, que le jeune homme ouvrit. Toute la famille était déjà présente autour de la longue table, qui n'était occupée qu'en partie en raison du comité restreint qu'ils formaient. Il y avait là les châtelains, évidemment, ainsi qu'Elea, vêtue élégamment d'une longue robe bleu ciel brodée d'argent, ce qui la mettait terriblement en valeur. Theon était là aussi, dans une tenue qui seyait à l'héritier des lieux, accompagné de sa femme, une sublime créature aux grands yeux verts et aux cheveux châtain clair. Leurs trois enfants n'étaient pas là, pris en charge par leur nourrice. Vandian était assis non loin de son aîné. Akeno n'avait pas trop à rougir de sa tenue, un ensemble assez simple en velours noir brodé d'argent, ce qui lui allait comme un gant. Il conduisit sa compagne à leurs place, et ils s'assirent.

- J'espère que vous avez pris vos aises facilement au château, tous les deux... Si vous manquez de quoi que ce soit, n'hésitez pas à le dire.

- Tout est parfait, en ce qui me concerne.

Le père d'Akeno fit un signe aux domestiques restés dans un coin de la pièce, afin que le repas soit apporté. Ceux préposés aux boissons s'avancèrent aussitôt avec des cruches de vin, de bière ou d'hydromel, au choix des convives. Puis les premiers plats furent servis: pains divers, fruits secs, salades et diverses sortes de terrines dans de grands plats de grès. Il y avait là du pâté de lapin au cassis, de canard à la sauge, d'agneau au vinaigre et de sanglier à l'hypocras. Le Métamage se fit servir un peu de tout, n'ayant aucunement l'envie de se priver.

- Alors dites-moi un peu... Vous vous êtes connus à Lytsoul, tous les deux?

- Oui. Dans la salle d'entraînement, pour tout dire, et on s'est de moins en moins quitté au fil du temps, jusqu'à ce qu'on décide de vivre ensemble.

- En d'autres termes, c'est du sérieux cette fois?

- Oui. Il était temps, je sais. Mais cette fois, j'ai trouvé la femme qu'il me faut.

Tout le monde mangeait tranquillement. Le maître des lieux avait pris l'initiative des questions. S'il restait assez réservé en apparence, il parlait de manière assez cordiale. Rien à voir avec le père de Maven, mais le jeune homme espérait que cette dernière serait quand même à l'aise. Lui avait répondu à son père en toute sincérité, sans détourner le regard. Il savoura ses pâtés, laissant le silence momentané s'installer. Comme il s'y attendait, son géniteur se tourna vers la rouquine.

- Dites-moi, qu'est-ce qui vous plaît chez mon fils?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maven Danehill
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 43
Age RPG : 21
En couple avec : Un tigre en rut

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Lun 27 Fév - 0:42

C'est avec une légère boule de nervosité au ventre que Maven prit place à la grande table aux côtés d'Akeno, au milieu de la famille proche de celui-ci au grand complet, les enfants de Theon mis à part. Tous l'avaient regardée en silence lorsqu'elle avait fait son entrée au bras de son compagnon, mais sans méchanceté, et étaient tous retournés à leurs conversations aussitôt après. De cela, la jeune femme leur était reconnaissante. Il n'aurait plus manqué qu'ils la dévisagent tout au long du repas pour qu'elle perde définitivement l'appétit. La châtelaine, assise non loin d'eux, adressa un regard aimable au couple.

- J'espère que vous avez pris vos aises facilement au château, tous les deux... Si vous manquez de quoi que ce soit, n'hésitez pas à le dire.

- Tout est parfait, en ce qui me concerne.

- Évidemment, tu es chez toi, fit remarquer Maven avec amusement tout en donnant un petit coup de poing sur l'épaule de son compagnon, avant de se tourner vers la femme. Je n'ai rien à redire pour l'instant, mais merci. C'est un peu déstabilisant pour moi d'être ici, alors il est bon de savoir que je peux compter sur votre aide...

La mère d'Akeno la gratifia d'un sourire chaleureux tandis que son mari donnait d'un signe de la main l'ordre aux serviteurs de commencer à servir le repas. Maven regarda alors s’exécuter devant ses yeux le ballet de domestiques amenant et servant les entrées diverses et variées dans une agréable symphonie de cliquetis de couverts et autres bruits de vaisselle, spectacle assez proche de ce à quoi elle était à présent habituée à Lytsoul, mais à plus grande échelle néanmoins. Elle-même se fit servir du vin, et prit une petite part d'un peu tout ce qui lui faisait envie sur la table, assez curieuse de goûter à tout, mais en petites quantités pour garder de l'appétit pour le reste du repas. Elle commença à manger lentement, dressant les oreilles quand le père d'Akeno se tourna vers le jeune couple, le regard posé sur son fils.

- Alors dites-moi un peu... Vous vous êtes connus à Lytsoul, tous les deux ?

- Oui. Dans la salle d'entraînement, pour tout dire, et on s'est de moins en moins quitté au fil du temps, jusqu'à ce qu'on décide de vivre ensemble.

- En d'autres termes, c'est du sérieux cette fois ?

- Oui. Il était temps, je sais. Mais cette fois, j'ai trouvé la femme qu'il me faut.

La rouquine ne vit rien à ajouter, et garda donc momentanément le silence, reconnaissante à son compagnon d'avoir répondu pour eux deux. Le ton sur lequel celui-ci avait parlé d'elle, avec conviction, avait réussi à colorer d'une jolie teinte rosée les joues de la jeune femme. Ils ne s'étalaient pas vraiment sur leurs sentiments en public, d'ordinaire, elle n'avait donc pas l'occasion de l'entendre parler d'elle comme cela, ce qui maintenant lui faisait prendre conscience de l'importance qu'elle avait pour lui. Elle ne se posait pas vraiment la question, en réalité, les gestes de son compagnon suffisant à exprimer ce qu'il pouvait ressentir à son égard. Mais c'était toujours plaisant à entendre, et puis, c'était réciproque... Elle tâcha de ne pas se figer quand le châtelain se tourna vers elle, son regard bleu lui exprimant plutôt de la chaleur, bien qu'elle se doutât que, ne la connaissant pas, il pouvait encore avoir quelque réserve à son sujet, c'était bien normal.

- Dites-moi, qu'est-ce qui vous plaît chez mon fils ?

Eh bien, ça avait le mérite d'être direct... Elle lui devait au moins d'être aussi franche, aussi ne prit-elle pas beaucoup de temps pour réfléchir à sa réponse. Elle but une gorgée de vin avant de poser sa main sur le bras d'Akeno, cherchant dans les yeux de celui-ci cet amour qu'il éprouvait pour elle, qui lui avait paru tellement étrange sur le moment, quand il le lui avait avoué, mais qui constituait à présent sa principale source de force et de courage, et alimentait doublement le feu qui parcourait déjà naturellement ses veines. Puis, elle toussota légèrement, un peu nerveuse malgré tout, avant de reporter toute son attention sur le père du Métamage.

- A peu près tout, à dire vrai. Quand il m'a abordée, la première fois, j'étais d'une humeur telle que j'aurais pu l'envoyer paître assez violemment... Mais je n'ai pas pu, quelque chose au fond de moi m'en a dissuadée. Peut-être étions nous destinés l'un à l'autre, je n'en sais rien. Toujours est-il que comme Akeno vous l'a dit, il a été de plus en plus difficiles de rester séparés l'un de l'autre avec le temps. Et puis, il sait ce qu'il veut...

Elle considéra le vieil homme avec un léger sourire. Ses craintes s'étaient estompées d'elle-même à mesure qu'elle avait parlé. Après tout, ils s'aimaient, c'était aussi simple que ça, et même un aveugle aurait pu le voir, aux dires d'Ethan. Alors un homme aussi sage que l'était le Seigneur Baleon, d'après ce que son fils et tous ses sujets en disaient, devrait bien s'en rendre compte. Cela sembla se confirmer lorsqu'il laissa finalement son visage s'éclaircir d'un sourire bienveillant.

- C'est vrai, Akeno a toujours été assez obstiné... Il nous a causé bien du souci, à sa mère et à moi. Mais de le voir heureux à vos côtés me ravit. En toute franchise, j'avais peur que vous n'ayez été appâtée par son rang, mais ça n'a pas l'air d'être le cas.

- Je ne savais même pas qu'il était noble quand on a commencé à se fréquenter. J'ai été assez surprise d'ailleurs, on ne peut pas dire que cela se voie au premier coup d’œil...

- Ah ça, on ne changera jamais Akeno ! S'il ne me ressemblait pas autant, j'aurais du mal à croire qu'il est mon frère...

L'intervention de Theon, assorti d'un sourire adressé à la compagne de son cadet, détendit parfaitement cette dernière, qui put se reconcentrer sur son assiette alors que son beau-père s'intéressait de nouveau lui aussi au contenu de la sienne. Des conversations plutôt légères accompagnèrent l'arrivée et la dégustation des plats, aussi variés et nombreux que le début du dîner, à tel point que Maven dut se faire violence pour ne pas prendre de tout, sans quoi il ne lui resterait plus de place pour le dessert. Elle commençait presque à se plaire ici. Et elle ne s'offusqua même pas quand le maître des lieux l'interpella de nouveau du regard pour aborder des sujets un peu plus délicats.

- Et, dites-moi, songez-vous à avoir des enfants bientôt ?

- "Bientôt", je ne sais pas. Je suis encore jeune, et je ne me sens pas vraiment... prête, pour tout ça. Mais je serais ravie de donner de beaux enfants à votre fils quand l'heure sera venue.

Malgré toute sa bonne volonté, elle n'avait pu masquer totalement la pointe d'appréhension dans sa voix, et espérait que ça ne s'était pas trop remarqué. Elle n'avait pas vraiment envie de se justifier quant à ce report d'un évènement que la famille d'Akeno, et que son père, par ailleurs, attendaient tous avec impatience. Son père a elle pouvait le comprendre mieux, cependant, c'était plus fort que lui, son caractère aimant le poussait à espérer des petits-enfants pour bientôt. Et elle ne pouvait pas faire autrement que de craindre de subir le même sort que sa défunte mère, et rien que d'y songer, elle sentit son estomac se tordre légèrement. Elle tâcha de plutôt penser aux jours à venir, qu'elle espérait moins chargés en sombres pensées de ce genre, et notamment à la partie de chasse du lendemain, qui s'avèrerait fort intéressante si, comme Akeno l'avait suggéré, elle se changeait en défi humains contre Métamages. Elle avait toujours adoré mettre sa part animale à contribution pour ce genre d'activités, cela lui donnant un avantage considérable...


Dernière édition par Maven Danehill le Mer 29 Fév - 18:27, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akeno Baleon
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 48
Age RPG : 25
En couple avec : Maven Danehill

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Mer 29 Fév - 18:23

Alors que les convives finissaient de faire un sort aux pâtés, les serviteurs apportèrent du cidre, ainsi que des tourtes diverses. Akeno se fit servir une belle part de tourte au pigeon, pruneaux et épices, qu'il dévora avec appétit comme s'il n'avait encore rien mangé, mais en se tenant aussi convenablement qu'il était nécessaire. Pendant que les assiettes de chacun se remplissaient de nouveaux mets, le maître des lieux tourna son intérêt vers Maven, et il la questionna personnellement. Le jeune homme n'intervint pas, se contentant d'écouter tout en mangeant, donnant simplement le soutien que sa compagne lui demandait par le regard ou le contact. Il savait ce que son père craignait. Une sangsue qui s'accroche à lui par intérêt. Mais ce n'était pas le cas, loin de là, comme il put très vite le constater. Il eut même l'honnêteté de faire part de ses craintes à la rouquine.

Le repas continua tranquillement, avec une Maven apparemment plus détendue. Aux tourtes succédèrent des plats de viande, plus alléchants les uns que les autres: cygne aux épices, jambon en croûte, civet de cerf aux châtaignes, agneau au miel et amandes, porc braisé sur lit d'oignons confits. Un repas qui pouvait sembler démesuré pour un comité si restreint, mais les restes serviraient à nourrir les serviteurs une fois de retour aux cuisines, et tout ce qui n'était pas bon à manger pour eux servirait au chenil. Pour accompagner le tout, on trouvait nombre de flans de légumes, salades et fruits. Alors que le Métamage était en grande discussion avec ses frères concernant la chasse du lendemain, qui viserait du gros gibier comme du cerf ou du sanglier, son père interpella à nouveau la jeune femme. La question du mariage n'avait pas été posée, et ne le serait sans doute pas: pour ce milieu noble, c'était quelque chose qui allait de soi, et la question ne se posait même pas. Le jeune homme se sentait prêt à franchir le cap, mais il avait peur que sa compagne trouve ça encore un peu prématuré...

La question que le châtelain posa concernait leur éventuelle descendance prochaine, question que Maven n'appréciait pas trop. La réponse fut assez semblable à celle qu'elle avait donné à son propre père, mais elle semblait angoissée par cette perspective. Akeno ne dit rien, mais il lui posa une main sur le bras. Croisant le regard de sa mère, qui avait capté que quelque chose n'allait pas, il lui fit un léger signe de dénégation afin de lui faire comprendre qu'il valait mieux ne pas poursuivre dans ce sens. Vandian prit le relai de leur père en relançant la discussion sur leur partie de chasse du lendemain, ce qui dissipa la tension.


" Demain, nous partirons après le repas de midi. A cheval, naturellement, et ce sera une chasse virile. La fauconnerie est agréable, mais pas assez musclée pour moi... Nous emmènerons les chiens avec quelques hommes. Si on doit lever un cerf ou un sanglier, c'est le minimum dont nous avons besoin. Si vous vous en sentez capables, tous les deux...

- Tu oses me poser la question?

- Essaie de ne pas te tuer, ce sera déjà pas mal...

Akeno haussa les épaules en adressant un sourire à Theon qui venait d'intervenir. Il savait parfaitement pourquoi son frère avait dit une chose pareille. Mais entre temps, il avait appris beaucoup de choses. Il ne s'en faisait donc absolument pas. Les desserts furent finalement apportés pour finir le copieux repas, accompagnés de vin sucré. Il y avait là des fruits secs ou confits, des dragées à base d'amandes ou de girofle, de gros pâtés de fruits, du pain d'épice, des gâteaux au miel, de la crème de noix, des gâteaux parfumés à la fleur d'oranger... Le Métamage sentait son estomac sur le point d'exploser, mais il put se faire violence pour manger encore un peu de tout.

Ils purent se retirer dès que la décence le permit, et on les laissa volontiers aller se reposer. Le jeune homme avait prévu de voir pas mal de choses le lendemain, mais ils dormiraient sans doute tard... Un passage aux écuries s'imposait pour sa part. Mais à part ça, il avait mille endroits à faire découvrir à Maven... Une fois la porte de ses appartements refermée sur eux, il alla se laisser tomber sur son lit. Il faisait délicieusement bon dans la chambre, un feu de belle taille ronflait dans l'âtre. Le zèle des serviteurs, au moins aussi efficace qu'à Lytsoul...

- Je crois que je ne vais plus pouvoir bouger, avec tout ce que j'ai mangé... Ca faisait longtemps que je n'avais pas goûté un tel festin.

Il poussa un soupir de plaisir et ferma les yeux un moment. Encore un peu, et il se serait mis à ronronner. Il les rouvrit pour observer sa compagne. Peut-être qu'elle ne s'en rendait pas vraiment compte, mais elle faisait dès à présent partie de la famille, et elle serait traitée comme les maîtres des lieux. Elle était libre d'aller où bon lui semblait, et on ne serait pas très regardant sur son comportement, du moment qu'il restait décent.

- Rassurée maintenant? Tu fais déjà partie de la famille, tu sais...

Il s'étira paresseusement avant de se lever. Il retira sa chemise et sa veste pour se retrouver torse nu, et il attira Maven dans ses bras pour l'embrasser, le dos contre sa poitrine puissante. Il n'avait absolument pas froid, et il écarta doucement ses longs cheveux pour l'embrasser langoureusement dans le cou et sur la nuque. Il la sentit frissonner contre lui, et il eut comme le pressentiment que, ventre plein ou pas, fatigue ou non, ils ne dormiraient pas immédiatement... Il vint se planter devant elle en lui désignant la cicatrice qu'il avait sur une épaule.

- C'est de ça que parlait Theon, avant. Quand j'étais plus jeune, nous étions partis chasser tous les trois. On traquait un sanglier quand j'ai décidé de continuer la chasse sous ma forme de tigre. Je l'ai débusqué le premier, et lui ai sauté sur le dos. Mais il était vraiment énorme... Presque plus grand que moi. Sa défense s'est enfoncée dans mon épaule pendant qu'il se débattait et que je le mordais à la nuque pour le tuer. Je n'ai pas lâché, et l'aide de mes frères n'a pas été de trop pour m'aider à en venir à bout. Il a bien failli m'éventrer... Je me suis fait passer un de ces savons... Mais je me débrouille mieux depuis, pas de souci à se faire pour demain. Je pense qu'on va bien s'amuser."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maven Danehill
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 43
Age RPG : 21
En couple avec : Un tigre en rut

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Dim 4 Mar - 0:33

La soirée était bien avancée quand Maven et son compagnon prirent finalement congé, parfaitement repus, mais aussi rompus de fatigue. Après avoir salué l'ensemble de la famille, il prirent le chemin des appartements du jeune homme en silence. La rouquine était encore un peu préoccupée par tout ce qui s'était déroulé dans la journée, même si elle était à présent tout à fait rassurée quand à sa place dans ce château. Ils avaient tous l'air de l'avoir acceptée, et sans le moindre mal. Mais elle était encore sous le coup de l'émotion, et surtout, de la fatigue, et il lui faudrait encore une bonne nuit de sommeil pour digérer tout ça et se sentir parfaitement à l'aise à Blanchelame.

Akeno alla s'étaler sur son lit à peine la porte de sa chambre refermée derrière eux, visiblement aussi fatigué que sa compagne, même si lui n'avait pas eu en prime toutes les appréhensions que la jeune femme avait eu à gérer, qui avaient pas mal affecté son moral un peu plus tôt. Couplé à son épuisement physique, ça avait été assez lourd a porter, et à bien y repenser, sa petite crise de panique, bien qu'injustifiée sur le fond, avait une explication tout à fait logique. Le Métamage laissa échapper un petit soupir de satisfaction après s'être déclaré plein à craquer, avant de relever les paupières pour regarder Maven, laquelle était restée debout, face à la fenêtre, pensive. Elle lui rendit son regard alors qu'il reprenait la parole.


- Rassurée maintenant ? Tu fais déjà partie de la famille, tu sais...

- J'ai encore un peu de mal à me faire à... tout ça. C'est un monde tout à fait différent du mien, tu comprends ? Mais ils sont tous adorables, donc oui, ça va mieux maintenant. Et après une bonne nuit de sommeil, je devrais réussir à ne plus m'en faire du tout...

Elle lui sourit tandis qu'il ôtait sa veste et sa chemise, puis reporta son attention vers l'extérieur, tachant de s'aérer l'esprit. Il en profita pour venir vers elle, la prenant dans ses bras pour l'embrasser tendrement, d'abord doucement sur les lèvres, puis plus langoureusement le long de la nuque et dans le creux du cou, ce qui ne manqua pas de réveiller les étincelles dans le bas de son ventre, la faisant frissonner malgré la fatigue. Le jeune homme y sembla réceptif, puisqu'elle sentit un frémissement dans son souffle qui effleurait la peau douce de son cou. Cependant, il la relâcha pour venir face à elle, lui désignant l'épaule qu'il avait balafrée d'une impressionnante cicatrice dont Maven s'était toujours demandé l'origine. Elle n'avait cependant jamais songé à le lui demander, peut-être par peur de se voir confirmer qu'elle était le résultat du caractère imprudent de son amant...

- C'est de ça que parlait Theon, avant. Quand j'étais plus jeune, nous étions partis chasser tous les trois. On traquait un sanglier quand j'ai décidé de continuer la chasse sous ma forme de tigre. Je l'ai débusqué le premier, et lui ai sauté sur le dos. Mais il était vraiment énorme... Presque plus grand que moi. Sa défense s'est enfoncée dans mon épaule pendant qu'il se débattait et que je le mordais à la nuque pour le tuer. Je n'ai pas lâché, et l'aide de mes frères n'a pas été de trop pour m'aider à en venir à bout. Il a bien failli m'éventrer... Je me suis fait passer un de ces savons... Mais je me débrouille mieux depuis, pas de souci à se faire pour demain. Je pense qu'on va bien s'amuser.

La rouquine poussa un long soupir, désabusée, ne pouvant se retenir de sourire malgré tout. Au fond, elle ne pouvait rien lui reprocher, elle-même avait commis pas mal d'imprudences étant plus jeune, au grand dam de son père. Elle espérait simplement qu'il ne se mettrait pas en danger le lendemain, malgré l'absence totale de craintes qu'il affichait. Pour sa part, elle restait espiègle et encore prompte à agir comme une petite fille, mais seulement lorsqu'elle savait que cela n'aurait aucune conséquence dangereuse. Grimper aux arbres ou sur les toits était une de de ses spécialités. Mais Akeno... Il restait un homme, après tout. Toujours à jouer au plus malin et à prendre des risques inconsidérés pour se rendre intéressant. Mais après tout, elle l'aimait aussi pour ça...

- Si tu le dis. Fais quand même attention à toi, d'accord ? De quoi j'aurais l'air, si je ramène du tigre à dîner parce que le sanglier ne s'est pas montré conciliant ?

Elle pouffa de rire avant de s'avancer pour se laisser tomber contre le torse d'Akeno, le visage contre son épaule, yeux clos. Elle poussa un long soupir en le laissant l'entourer de ses bras, faisant courir ses doigts sur l'épaule blessée. Plus sérieusement, elle garderait tout de même un œil sur lui quand ils iraient chasser. Elle ne doutait pas qu'il saurait se débrouiller, mais c'était plus fort qu'elle. Voilà qu'elle se mettait à se faire du souci pour lui... Si on lui avait dit ça quelques mois plus tôt, elle aurait trouvé ça assez risible, et surtout improbable.

Le contact de la peau du jeune homme contre la sienne lui fit soudainement l'effet d'une étincelle, qui se mua en courant de chaleur qui parcourut son corps tout entier. Avec cette journée difficile, elle n'avait même pas pensé ne serait-ce qu'une seule seconde au désir qu'elle éprouvait pour lui, qui l'habitait d'ordinaire en permanence, plus ou moins intensément selon les jours. En l'occurrence, tout déferlait en elle d'un seul coup, prenant instantanément le pas sur sa fatigue. Ses mains vinrent se poser sur ses pectoraux, et elle le repoussa très légèrement avant de les faire glisser le long de son torse et de son ventre, pour finalement agripper son pantalon de velours noir. La perspective ne sembla pas déplaire à Akeno, mais il avait tout de même l'air un peu surpris. Peut-être s'attendait-il à la voir s'écrouler comme une masse. En guise d'argument convaincant, elle vint capturer ses lèvres en un baiser furtif, mais passionné, assez pour lui traduire la force de son envie.


- S'il te plaît...

Elle se doutait bien qu'elle n'avait pas nécessairement besoin de se faire prier, mais savait aussi que ce genre de demande, sur un ton suppliant, ne pourrait que l'encourager davantage à lui donner ce qu'elle voulait. Sans plus de cérémonie, elle reprit ses lèvres tout en l'entraînant avec elle vers le lit, où elle se laissa coucher sur le dos tout en le délestant du vêtement qu'il lui restait, sans cesser de l'embrasser. Les braises en elle, jusqu'alors cachées sous la cendre de ses angoisses, brûlaient de plus belle, rendant son souffle déjà court et sa poitrine brûlante du désir qui la consumait. Elle se laissa ensuite déshabiller, savourant les petits baisers que son amant lui donnait sur tout le corps, comme à son habitude, en la délestant des pièces de tissu trop encombrantes.

Il se montra aussi délicat que d'ordinaire, et prit tout son temps pour la préparer. Elle-même ne fut pas avare de caresses et de baisers, l'épuisement sous-jacent se faisant tout de même ressentir par une envie de quelque chose de simple, rien d'acrobatique pour cette nuit. Juste leurs deux corps unis en un seul, la puissance de leur amour et de leur union, qui à coup sûr lui ferait oublier tout le reste et la conduirait ensuite vers un profond sommeil, et c'était tout ce dont elle avait besoin à présent. Leur étreinte dura dans la nuit, mais pas de façon exceptionnelle en comparaison de ce dont ils étaient capable au mieux de leurs capacités, et Maven rendit grâce en gémissant le nom de son compagnon, fermement accrochée à lui à l'instant même ou il se libérait en elle.

Lorsqu'il roula sur le côté un moment après, elle vint aussitôt se lover dans ses bras, trempée de sueur, le souffle court, mais parfaitement détendue, le corps vidé de toute énergie, et son esprit de toute pensée trop complexe, son univers se limitant en cet instant à la peau humide de transpiration contre laquelle elle était blottie. Tant bien que mal, elle se redressa pour l'embrasser tendrement sur le torse, remontant ensuite dans le creux de son cou, puis sur sa mâchoire et enfin ses lèvres. Le pauvre semblait littéralement à bout de forces, mais elle ne valait pas beaucoup mieux. Elle se laissa glisser sous les draps moelleux avec volupté, et vola un dernier baiser à Akeno en s'installant confortablement contre lui pour dormir, et elle sombra dans le sommeil tout juste après lui avoir murmuré dans un soupir :


- Je t'aime...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akeno Baleon
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 48
Age RPG : 25
En couple avec : Maven Danehill

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Mar 6 Mar - 21:52

" Si tu le dis. Fais quand même attention à toi, d'accord ? De quoi j'aurais l'air, si je ramène du tigre à dîner parce que le sanglier ne s'est pas montré conciliant ?

- Ne t'en fais pas. N'empêche, je crois que ce serait une image très amusante que de me voir couché sur un plat d'argent avec une pomme en bouche...

Akeno pouffa, sincèrement amusé. Il était confiant: il avait combattu pire qu'un sanglier ou un cerf, et la chasse du lendemain ne faisait que l'enthousiasmer. Mais toutes ces idées furent bientôt aspirées de son esprit par de toutes autres pensées. Du désir pur et ardent qui se réveillait en lui. D'abord mussée contre lui, elle avait laissé glisser ses mains le long de son corps d'une façon très suggestive, et la réaction du jeune homme ne se fit pas attendre. Il l'allongea bientôt sur le lit, en l'embrassant avec voracité, mais tout de même doucement.

Ils restèrent un long moment nus l'un contre l'autre à se préparer mutuellement, avec force caresses et baisers. Puis, il lui fit l'amour, sans empressement, aussi bien que d'habitude, mais très simplement. Au lieu de fougueux, il se contenta de quelque chose de tendre, profond et intense. Quand il serait moins fatigué, il pourrait se remettre aux prouesses du lit comme il était capable d'en faire. Finalement, un bon moment plus tard, Maven gémit son nom quand le plaisir eut raison d'elle, accrochée à lui comme s'il était la dernière chose qui la sauvait de la noyade. Lui-même poussa un râle de satisfaction fébrile en se libérant en elle au même instant, avant de se laisser rouler sur le flanc, haletant et tremblant. Il se sentait totalement vidé de ses forces, mais terriblement bien.

Il s'installa sous les draps douillets, bénissant le confort indécent de son lit. Incomparable, vraiment... Il avait bien l'intention d'en profiter pour de nombreuses étreintes pendant leur séjour. S'en priver aurait été... idiot. Sa compagne vint se musser contre lui en lui dérobant un baiser, puis elle lui souffla tout bas un "je t'aime" fatigué, mais sincère. Il la contempla un moment. Cet air de satisfaction béate et de détente parfaite qui imprimaient ses traits était vraiment agréable à voir. Il l'embrassa sur la joue, avant de fermer les yeux et de succomber au sommeil.


Le lendemain matin, ils ne se levèrent que très tard. Le voyage les avait épuisés, et le festin puis leur nuit d'amour n'avaient rien arrangé à l'affaire. Surtout que se prélasser dans le grand lit moelleux était un vrai délice... Akeno se réveilla plusieurs fois en se rendormant à tous les coups avant d'émerger pour de bon, en profitant pour câliner et embrasser Maven au passage. Il se serait presque senti d'attaque pour une étreinte matinale, mais ils avaient beaucoup à faire... Il lui effleura les seins d'une caresse, décidé à finalement s'extraire du lit à contrecoeur, et enfouit ses lèvres dans le creux de son cou pour y déposer de tendres baisers, tout en respirant son odeur à pleins poumons.


- Debout mon amour, c'est l'heure...

C'était rare qu'il soit le premier levé. Il devait l'avoir bien achevée la veille. Il parcourut tout son corps de petites caresses pleines de douceur, juste destinées à lui montrer son amour plus qu'à lui donner envie de s'adonner aux plaisirs charnels. Sur un langoureux baiser sur les lèvres, une fois qu'elle fut totalement réveillée, il se leva, toujours nu, et alla se faire couler immédiatement un bain. Il enfila une robe de chambre et sortit demander aux serviteurs qu'un repas leur soit apporté dans la chambre. Il était assez tard pour faire un repas de midi directement, sans attendre le repas officiel. Ils avaient des choses à voir et à faire avant la chasse.

Quand il fut totalement réveillé, après son bain, il laissa à la rouquine le temps de se préparer alors qu'il s'habillait de manière appropriée pour leur journée d'activité, et qu'il se coiffait. Quand elle le rejoignit, le repas était apporté, et ils purent se mettre à table. Le Métamage se sentait en parfaite forme, revigoré, et extrêmement bien. Il était heureux, et il ne pensait à rien de plus qu'au plaisir d'être chez lui avec celle qu'il aimait. Il mangea de bon appétit tout en commentant ce qu'il avait prévu pour la visite.


- Je vais t'emmener faire le tour du château avant qu'on aille chasser. Ca t'aidera à t'y repérer. La bibliothèque, les cuisines, la volière... Enfin, il y a plein de choses à voir.

Ce fut donc d'autorité qu'il l'embarqua avec lui une fois l'estomac plein. Il commença par un tour du propriétaire en lui expliquant comment se repérer dans les différents couloirs, ce que contenaient les différentes tours, la localisation des cuisines... Il lui montra la vaste bibliothèque et toutes sortes de pièces plus ou moins importantes, en prenant le soin de tout lui commenter et lui expliquer. Ils croisèrent les nombreux chats qui habitaient les lieux, chassant les rongeurs nuisibles qui pouvaient se mettre en tête de coloniser le château. Il y en avait de toutes sortes et de tous poils, qui côtoyaient les quelques chiens qui vivaient à l'intérieur et non au chenil.

Il la mena ensuite à la volière qui contenait corbeaux et pigeons voyageurs pour l'envoi de messages, puis il la conduisit à la fauconnerie, où une superbe collection de rapaces vivait. Ils étaient utilisés pour la chasse, évidemment, et même sa soeur Elea s'adonnait à ce genre de loisirs de temps à autres. Puis ce fut le tour du chenil, où les mâtins côtoyaient bouviers et limiers. Il termina la visite par un endroit qu'il appréciait, et où ils retrouveraient sous peu ses frères: l'écurie. Elles étaient vastes et bourrées de chevaux d'une extrême qualité, aussi bien pour la monte que la chasse ou la bataille. Ils y trouvèrent leurs chevaux de Lytsoul, bien soignés, mais Akeno continua plus loin. On entendait parfois des hennissements puissants et hargneux retentir.


- Je pense que celui-là risque de t'impressionner. Il est un peu... particulier. Evite peut-être de l'approcher, il peut se montrer dangereux avec les gens qu'il n'a pas choisis.

Il s'arrêta finalement devant le box d'où sortait le boucan. Un splendide étalon noir comme la nuit s'y trouvait, et maltraitait sa porte à coups de sabots, les yeux roulés dans leurs orbites et les oreilles plaquées contre le crâne. Il avait l'air de tout, sauf d'une brave bête, et tout le monde s'accordait à dire qu'il était totalement fou et dangereux. Seulement, c'était une bête d'une grande qualité, qui produisait des poulains aux qualités exceptionnelles, et heureusement dénués de son caractère de feu. Seuls Altrecht, le seigneur Baleon et Akeno pouvaient le monter. Ce dernier vint s'accouder à la porte, nullement effrayé, même quand l'animal s'approcha avec les yeux qui lançaient des éclairs.

- Alors, on fait encore des ravages parce que c'est la saison pour satisfaire ces dames, pas vrai Beorn?

L'étalon le considéra avec un air farouche, avant de faire mine de se jeter sur lui pour le mordre. Le jeune homme, en guise de réponse, l'attrapa par les naseaux et plaqua son front contre le chanfrein de l'animal en l'amenant à lui. Ils restèrent un moment les yeux dans les yeux, puis il donna un coup de boule au cheval avant de le relâcher. Ce dernier s'ébroua puis, oreilles pointées en avant, vint fourrer ses naseaux dans le cou de celui qu'il s'était choisi pour maître, tandis que ce dernier le grattait sous le toupet. S'il n'avait pas été indispensable pour la reproduction, et aussi dangereux avec tout le monde, le Métamage l'aurait volontiers amené à Lytsoul.

- Encore avec ce monstre démoniaque fou? Il t'a manqué en plus je parie, pas vrai?

Akeno se tourna vers Vandian qui venaient de les rejoindre. Il était en tenue de chasse, l'épée au côté, une selle sur l'épaule et la bride à la main. Beorn l'avisa en couchant les oreilles, l'air menaçant. Le jeune homme lui flatta l'encolure pour l'apaiser. Il savait déjà qui il allait monter pendant la chasse. L'étalon noir était aussi docile qu'une biche sous sa selle, alors qu'il avait bien failli tuer ses deux frères la seule fois où ils avaient tenté l'expérience.

- C'est vrai, et nos retrouvailles ont été des plus émouvantes.

- J'imagine... Maven, tu veux que je t'aide à choisir un cheval pour laisser un peu d'intimité à ces deux erreurs de la nature?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maven Danehill
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 43
Age RPG : 21
En couple avec : Un tigre en rut

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Jeu 8 Mar - 0:12

Maven se laissa guider à travers les murs du château après un copieux déjeuner, et c'est donc détendue et le ventre bien plein qu'elle écouta les indications de son compagnon qui lui faisait visiter les lieux. Se tirer du lit indécemment confortable d'Akeno avait été un véritable supplice, même pour elle qui n'était pas du genre à traîner au lit, et elle s'y laisserait de nouveau tomber de fatigue avec grand plaisir le soir venu. La journée précédente l'avait par ailleurs tellement épuisée que son amant s'était réveillé avant elle, et s'était ensuite attelé à la tirer du sommeil par des mots tendres et de douces caresses, pas vraiment de quoi lui donner envie de se lever, en somme. Mais ils auraient tout le temps de traîner au lit dans les prochains jours. Akeno était assez impatient de lui faire visiter Blanchelame aujourd'hui, et elle n'allait pas lui gâcher son plaisir.

La jeune femme se sentait bien plus sereine que la veille, ayant pu digérer toutes les émotions qu'elle avait vécues, et finalement assez à l'aise entre ces murs, qui l'avaient impressionnée au premier abord. Elle se faisait déjà une joie de retrouver les frères de son compagnon pour la chasse, plus tard, même si elle se demandait ce qu'elle vaudrait dans leur façon de la pratiquer. Lorsqu'elle avait chassé avec son père, plus jeune, c'était comme ils pouvaient, avec des armes rudimentaires et leurs formes animales combinées, et quand ils avaient vraiment besoin de faire leurs réserves. L'activité était ici considérée comme un loisir également, et comme une forme d'art, ce qui était tout à fait inédit pour la nordique. Elle n'aurait qu'à faire de son mieux, après tout, mais était tout de même curieuse de savoir ce que cela donnerait.

En attendant, le Métamage donna à sa compagne des indications pour se repérer dans le château, et lui fit visiter quelques pièces : l'immense bibliothèque, les cuisines, et d'autres pièces avec plus ou moins d'importance. Il ne fit qu'en mentionner d'autres dans lesquelles elle n'aurait pas besoin de se rendre. Il l'emmena ensuite jusqu'à la volière et le chenil, où elle put admirer un certain nombre de bêtes aux utilisations diverses. Elle se montra attentive, par politesse, car les oiseaux comme les chiens ne la passionnaient guère. Elle ne le détestait pas, mais comme pour les chevaux, elle n'avait pas d'intérêt particulier pour eux mis à part leur utilité et leur compagnie si elle n'était pas trop encombrante. Les nombreux chats qui déambulaient dans les vastes couloirs avaient davantage attiré son attention, et elle perdit une petite minute à gratouiller le crâne d'un grand mâle tigré gris clair à ventre blanc venu se frotter contre ses jambes.

Ils se rendirent finalement aux écuries, lesquelles semblèrent encore plus grandes que celles de Lytsoul, vues de loin. Et cela se confirma une fois à l'intérieur. Même sans être une fine connaisseuse, Maven remarqua la qualité toute particulière des chevaux que le château abritait. Elle espérait trouver une monture assez calme pour elle parmi ces bêtes d'une qualité exceptionnelle, qui devaient pour beaucoup être aussi sanguines que superbes. Les mains jointes dans le dos, elle suivait nonchalamment son compagnon qui progressait vers le fond des écuries. Elle s'arrêta à la hauteur d'un hongre gris, assez maigre, à l'allure moins fière que ses voisins d'écurie, qui avait attiré son attention à ses grands hochements de tête lorsqu'elle était arrivée devant lui. Sans doute s'agissait-il d'un animal destiné aux travaux moindres, ou à une monte occasionnelle. Pour l'apprentissage, peut-être ? En tout cas, il n'avait pas l'air bien nerveux, et ne s'affola pas le moins du monde lorsque la panthère tendit ses griffes vers lui pour lui effleurer le chanfrein.


- Soit tu es d'une grande sagesse, soit complètement idiot, mon ami.

Elle sourit et lui souffla furtivement dans les naseaux en faisant vibrer ses lèvres, déclenchant une nouvelle frénésie de secouage de tête chez le cheval. La jeune femme haussa les épaules, optant plutôt pour la seconde possibilité qu'elle avait évoquée, et allongea légèrement sa foulée pour rejoindre Akeno, qui s'était aventuré loin dans les allées de boxes. Maintenant qu'elle y prêtait attention, elle entendait des bruits de coups de sabots répétés et de hennissements autoritaires s'élever depuis une stalle située presque au fond du bâtiment, vers laquelle le Métamage se dirigeait. Curieuse, elle pressa encore l'allure jusqu'à se retrouver à la hauteur de son compagnon.

- Je pense que celui-là risque de t'impressionner. Il est un peu... particulier. Évite peut-être de l'approcher, il peut se montrer dangereux avec les gens qu'il n'a pas choisis.

Maven ne dit rien, se contentant de songer que si l'animal en question n'avait pas appartenu à sa belle-famille, elle se serait fait une joie de lui briser la nuque s'il tentait de la piétiner. Quand Akeno s'arrêta finalement devant le box d'où provenait le raffut, elle se trouva face à un grand étalon noir de jais qui s'agitait dans sa stalle, soufflant rageusement, les oreilles plaquées sur sa nuque et les yeux roulés dans leurs orbites. La rouquine ne se sentit pas particulièrement effrayée, ni même impressionnée, ne sentant émaner du superbe cheval qu'un mauvais caractère sans réelle méchanceté. Il n'était simplement pas de ceux qui se laissaient faire, et ça lui plaisait assez, sur le fond, mais elle n'avait pas la patience pour ce genre de monture. Elle laissa donc son compagnon saluer l'étalon d'une manière un peu... particulière, plus blasée qu'autre chose. A cavalier désespérant, monture désespérante... Elle tourna la tête lorsqu'elle entendit des pas s'approcher d'eux, et salua Vandian qui le lui rendit d'un hochement de tête assorti d'un sourire, les bras chargés d'une selle et d'une bride.

- Encore avec ce monstre démoniaque fou ? Il t'a manqué en plus je parie, pas vrai ?

- C'est vrai, et nos retrouvailles ont été des plus émouvantes.

- J'imagine... Maven, tu veux que je t'aide à choisir un cheval pour laisser un peu d'intimité à ces deux erreurs de la nature ?

- Oui, s'il te plaît. Je commençais justement à me sentir de trop !

Maven adressa un sourire espiègle à son compagnon, venant quand même lui voler un baiser avant d'emboîter le pas à son aîné, et se contentant d'un regard foudroyant à Beorn, en réponse à celui dont le grand noir l'avait gratifié. Jaloux ? Dommage pour lui ! Elle suivit Vandian jusqu'au box de la monture de ce dernier, où il posa son matériel avant de se tourner vers elle, non sans avoir flatté l'encolure de son étalon gris pommelé au passage.

- Bien, dis-moi, quel genre de monture te conviendrait ?

- Un cheval très calme, qui ne s'offusque pas de mon tempérament et fait ce qu'on lui demande sans poser de question. Le gris là-bas, qui dit oui à tout, il ferait l'affaire non ?

- Louka ? Ah, oui, il est adorable, mais pas assez rapide et endurant pour chasser. Et un peu trouillard sur les bords, du genre à faire un écart devant une planche... Tu pourras le monter un autre jour pour le plaisir, si tu veux. Suis-moi, on va bien te trouver quelque chose.

La Métamage se laissa entraîner une nouvelle fois dans les allées par Vandian, s'appliquant à ne pas se montrer trop difficile face aux chevaux qu'il lui présenta. Mais les deux premiers semblèrent trop sensibles à l'aura de fauve qu'elle dégageait, et le troisième, entier, se révéla trop énervé par les premières chaleurs des juments et par ses rivaux. Finalement, il l'amena jusqu'à la stalle d'un hongre de taille respectable et assez massif tout en étant de manière visible taillé pour la vitesse, et à la robe assez particulière : un poil couleur caramel brûlé et des crins argentés. Sans doute était-il issu d'un croisement avec un demi-trait ou approchant, qui pouvait arborer une robe semblable.

- Bon, Eros n'a pas l'air de te craindre, reste à voir comment il se tiendra une fois sur le terrain. Il est très docile, mais il est distrait par un rien et adore faire des bêtises. Il ne fera rien pour te mettre par terre, mais bon, il faut voir si ça te va...

- Ça devrait aller. Je ne suis pas férue de chevaux, mais je me débrouille bien, je saurais le gérer. Merci !

Vandian prit congé sur un "pas de quoi", demandant au passage à un garçon d'écurie d'apporter à Maven de quoi harnacher sa monture. La jeune femme, quant à elle, s'attela à donner un coup de brosse à la terreur aux crins argentés le temps que selle et bride lui soient amenées. Une fois Eros brossé et sellé, elle le fit sortir de sa stalle au signal que lui donna Theon, qui avait lui aussi préparé son cheval dans l'entrefaite, n'ayant plus qu'à rejoindre Akeno et Vandian pour partir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akeno Baleon
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 48
Age RPG : 25
En couple avec : Maven Danehill

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Lun 12 Mar - 22:50

Akeno regarda son frère emmener Maven pour lui choisir une monture. Il lança un regard en coin à Beorn, et ne put s'empêcher de rire devant son air sauvage et courroucé. Il lui claqua l'encolure, avant de faire signe à un garçon d'écurie pour qu'il lui amène le harnachement de l'étalon. Quand on lui eut donné le tout, il entra tranquillement dans le box, sans la moindre trace de frayeur, contrairement au pauvre garçon qui lui avait ramené les affaires, et que le grand noir avait fait mine de mordre.

Il constata qu'il n'avait aucun pansage à faire. La robe de l'animal brillait, preuve qu'Altrecht était déjà passé par là. Il se contenta donc de harnacher sa monture qui se laissa faire docilement, paisible comme une bonne grosse vache dans son pré. Pour le sortir, le Métamage lui laissa les rênes reposer sur le garrot, et Beorn le suivit sans chercher à comprendre ni faire de bêtise. Il fut le premier dans la cour, les doigts fourrageant dans la crinière de l'étalon. Il n'était pas vraiment seul: les garçons de chenil sortaient la meute pour la chasse. Les limiers aboyaient d'excitation, bondissant parfois l'un sur l'autre. Beorn plaqua les oreilles en arrière en leur décochant un regard réprobateur et agacé.

Finalement, la rouquine le rejoignit avec ses deux frères. En voyant approcher l'étalon pommelé de Vandian, Akeno prit la bride de sa monture. Les deux chevaux se détestaient cordialement, et c'était toujours difficile de les gérer tous les deux ensemble. En revanche, le hongre qu'on avait donné à Maven, tout comme l'étalon gris truité de Theon, ne posèrent pas de problème. Le gris pommelé manqua de mordre le noir en passant, mais un clappement de langue du jeune homme retint Beorn. Theon pouffa.


" A voir le comportement de leurs chevaux, on croirait les voir eux. Allez, tout le monde en selle.

Il joignit le geste à la parole, et Akeno se mit en selle avec enthousiasme. Il sentit bientôt la formidable puissance musculaire de l'étalon entre ses cuisses. Il était d'une exceptionnelle docilité avec lui, mais Akeno savait que Beorn n'attendait qu'un geste, un signe, pour bondir en avant et foncer comme un fou. Au lieu de quoi, les cavaliers avancèrent vers le pont-levis pour se rendre en forêt, accompagnés par les hommes qui lèveraient le gibier, et par les garçons de chenil avec leur meute. Les aboiements des chiens rendaient les chevaux un peu nerveux, mais leurs cavaliers surent heureusement les tenir.

Quand ils parvinrent à la lisière de la forêt, les hommes à pieds s'engouffrèrent en premier dans les bois avec la meute, afin de lever le gibier. Les cavaliers restèrent seuls à bavarder le temps qu'ils reviennent, annonçant qu'ils avaient trouvé un sanglier de belle taille, et une harde de daims. Comme de coutume, c'était au châtelain ou à son aîné de choisir ce qui allait être sur le tableau de chasse du jour. Theon étudia donc la proposition, puis il trancha.


- Ce sera le sanglier pour cette fois Tomas. Allez nous chercher ça.

L'homme s'inclina, et ils partirent en avance. Les cavaliers suivirent. Avant de donner la chasse à leur proie, il fallait la débusquer. En attendant, ils pouvaient bavarder tranquillement. Près d'eux, des serviteurs transportaient des lances qui serviraient à la mise à mort. Avec un sanglier, il y avait toujours une part de danger plus importante, et il fallait être rapide. Pour le moment, les jeunes nobles laissaient faire leurs hommes, et ils chevauchaient dans la bonne humeur. Vandian en profita pour commencer à charrier son cadet.

- Franchement Akeno, je me demande. Qu'est-ce que tu lui as trouvé de spécial à Maven, au juste? C'est vrai qu'elle est ravissante, mais tu en a déjà eu des centaines, des belles femmes, je te connais.

Le Métamage ne répondit pas tout de suite. Il jeta un regard en coin à sa compagne, et lui posa une main sur la cuisse, dans un geste d'amour et d'affection. Il espérait qu'elle comprendrait que son frère cherchait simplement à le taquiner et à l'embêter gentiment. Il lui fit un tendre sourire quand elle croisa son regard, puis il se décida à répondre à la provocation.

- C'est vrai qu'un connaisseur comme toi peut se permettre ce genre de jugement... Une preuve que tu ne connais rien aux femmes! Tu verras d'ici à notre départ, tu sauras pourquoi elle est unique.

- Sans doute, mais si elle parvient à te supporter, c'est sans doute elle qui porte la culotte.

- Tu n'es peut-être pas si loin de la vérité... Attends de voir la fin de la chasse. De toute façon, vous êtes toujours d'aussi mauvais chasseurs, tous les deux. Je pourrai avoir ce sanglier tout seul et le ramener au château, avant même que les piquiers ne l'aient levé.

- Tu parles... On n'est plus dans une chasse d'adolescents! Si tu es si sûr de toi, si on faisait deux équipes? Le premier à tuer le sanglier gagne.

- Ca marche."

Akeno eut un sourire malicieux. Il s'y était attendu. Il connaissait son frère à la perfection. Theon leva les yeux au ciel, un petit sourire au coin des lèvres. Lui aussi s'y était sans doute attendu. Le Métamage rapprocha sa monture de celle de sa compagne. Ils allaient faire ça à sa manière. Pas besoin pour eux d'attendre que les piquiers aient fait tout le travail. Sous leurs formes animales, ils arriveraient bien plus rapidement à un résultat.

Ils mirent donc pied à terre. Deux hommes prirent en charge leurs montures, même si Beorn leur donna naturellement du fil à retordre. Akeno s'écarta sans hésitation vers le couvert des bois, entraînant Maven avec lui. Sans même lui parler, sachant qu'elle avait compris, il ferma les yeux une fois dissimulé aux yeux de tous, et il prit sa forme animale. Une fois devenu tigre, il huma l'air, attendant que sa compagne en fasse autant. Quand ce fut fait, il fonça vers ses frères, comme quand il était plus jeune, et il passa comme une flèche entre leurs chevaux qui se cabrèrent, paniquant. Fier de son coup, il disparut dans les fourrés, à la recherche de la piste du sanglier.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maven Danehill
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 43
Age RPG : 21
En couple avec : Un tigre en rut

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Mer 14 Mar - 23:30

Maven se mit en selle quand Theon en donna le signal une fois les quatre cavaliers réunis dans la cour, leurs montures prêtes, et suivit le mouvement en direction de la forêt, en terrain inconnu dans tous les sens du terme. Elle se contenterait sans doute de faire ce qu'on lui dirait quand on le lui dirait, même si elle était plutôt du genre à prendre des initiatives, en temps normal, et que cette perspective ne l'enchantait pas beaucoup. Mais en tant qu'invitée, il était bien normal qu'elle se plie rien qu'un peu aux règles de ses hôtes, après tout. Elle prendrait sur elle...

Quand ils eurent franchi le pont-levis les uns derrière les autres, la jeune femme vint placer son gros hongre à la hauteur de Beorn pour chevaucher aux côtés de son compagnon. L'étalon noir se tenait à carreaux sous la selle d'Akeno, mais décochait un regard furibond à son voisin de temps à autre, lequel l'ignorait superbement, plutôt intéressé par tout ce qu'il pouvait voir alentour. Comme Vandian l'avait expliqué à Maven, il se montrait très curieux et semblait s'extasier sur la moindre fleur, ralentissant parfois son pas pour fixer les dieux seuls savaient quoi, ce qui lui valait une légère réprimande agacée de sa cavalière. Lorsqu'ils s'arrêtèrent en bordure de forêt, le temps que les serviteurs partent en repérage, Eros étendit l'encolure pour renifler la croupe de l'étalon de Theon, lequel fouetta l'air de sa queue, courroucé, faisant sourire son cavalier qui s'était retourné pour voir ce qu'il se passait.


- Désolée Theon, je crois bien que j'ai choisi une monture peu soucieuse des convenances...

- Ça ne fait rien, il est comme ça avec tout le monde.

La rouquine fit reculer son cheval en le traitant de "grosse barrique écervelée", puis avisa du regard les hommes qui revenaient faire leur rapport à l'aîné, qui dut trancher entre des daims et un sanglier, choisissant finalement la seconde option. Prête à passer à l'action, la Métamage fut déçue de comprendre qu'ils ne feraient que mettre à mort l'animal, sans vraiment le traquer eux-même. C'était ce qu'elle trouvait de plus excitant dans la chasse, et elle ne voyait pas grand intérêt à simplement lui courir après pour l'embrocher. Mais elle se fit violence et suivit les autres sans broncher, comme elle s'était promis de le faire. Tâchant de penser à autre chose, elle prit part à la conversation avec enthousiasme, avisant au bout d'un moment une lueur amusée dans le regard de Vandian.

- Franchement Akeno, je me demande. Qu'est-ce que tu lui as trouvé de spécial à Maven, au juste ? C'est vrai qu'elle est ravissante, mais tu en a déjà eu des centaines, des belles femmes, je te connais.

La remarque laissa Maven interloquée un instant, surprise qu'elle intériorisa, se contentant d'afficher une expression neutre. Elle sentit bientôt la main d'Akeno se poser sur sa cuisse, et le sourire tendre qu'il lui adressa lorsqu'elle tourna le regard vers lui la conforta dans son impression. Vandian ne faisait que plaisanter, autrement, il n'aurait pas dit cela de cette manière. Et au fond, quand bien même cela aurait été sincère, il en aurait fallut plus à la jeune femme pour la blesser personnellement. Sa réputation de croqueuse d'hommes au château lui avait valu tellement de commentaires désobligeants qu'elle était complètement hermétique à ce genre de réflexions. Elle laissa à son compagnon le soin de répondre à son aîné, sentant ses joues rosir de plaisir en l'entendant la qualifier d'"unique", surtout sur ce ton plein d'amour... Dans d'autres circonstances, elle lui aurait volontiers sauté au cou pour l'embrasser !

- Sans doute, mais si elle parvient à te supporter, c'est sans doute elle qui porte la culotte.

Maven ne put se retenir de pouffer. Il était vrai qu'elle n'était pas facile à gérer, et elle le savait, et admirait Akeno de se montrer aussi doux et patient avec elle, sans manquer de la taquiner parfois, tout de même...

- Tu n'es peut-être pas si loin de la vérité... Attends de voir la fin de la chasse. De toute façon, vous êtes toujours d'aussi mauvais chasseurs, tous les deux. Je pourrai avoir ce sanglier tout seul et le ramener au château, avant même que les piquiers ne l'aient levé.

- Tu parles... On n'est plus dans une chasse d'adolescents ! Si tu es si sûr de toi, si on faisait deux équipes ? Le premier à tuer le sanglier gagne.

- Ça marche.

- Ah, voilà une idée qui me plaît !

A vrai dire, cette pensée lui avait effleuré l'esprit, à elle aussi, mais elle s'était fait un devoir de ne pas la suggérer, pour ne pas se montrer offensante. Mais puisque le défi était lancé à présent, elle n'allait pas se priver pour en profiter. Elle se laissa glisser à terre, flattant brièvement l'encolure d'Eros en laissant sa bride à un serviteur. Le hongre aux crins argentés émit un petit soufflement de protestation lorsque sa cavalière s'éloigna avec son compagnon. Il avait l'air de plutôt l'apprécier... Il faudrait qu'il voie avec Akeno si ce dernier était prêt à partager, et ce n'était pas vraiment gagné, connaissant le Métamage...

Ils s'enfoncèrent légèrement dans les bois, se trouvant à présent hors de vue des autres, et le jeune homme prit sa forme animale en un instant, s'appliquant aussitôt à humer l'air. La rouquine sourit en le voyant avant d'en faire autant, et elle s'ébroua vivement une fois devenue panthère. Cela faisait quelques jours qu'elle n'avait pas revêtu cette forme, avec les préparatifs du voyage et le trajet en lui-même, puis la journée de la veille, et c'était un véritable bonheur pour elle de goûter de nouveau à ce plaisir sans nom. Elle se tint prête à partir quand Akeno esquissa un mouvement, mais, au lieu de commencer à pister le gibier, il partit à toute allure vers ses frères, passant entre leurs chevaux qui se cabrèrent, effrayés. Maven leva les yeux au ciel, amusée, et le suivit en bondissant entre les deux étalons, ce qui fit paniquer l'étalon de Vandian qui se mit à ruer violemment, le mettant par terre. Fière de sa plaisanterie, elle souffla doucement en rattrapant le tigre blanc pour lui montrer le résultat, riant intérieurement.

Ils reprirent bien vite leur sérieux en repérant la piste du sanglier. Un mâle, ce qui présageait une grosse bête. Ils ne seraient pas trop de deux, même si Akeno semblait certain de pouvoir s'en charger seul. Maven n'avait pas cette prétention, et aurait été bien présomptueuse de l'affirmer. Rapide et agile, et puissante malgré sa petite taille, elle ne pouvait malgré tout pas abattre plus gros qu'un cerf à elle toute seule. Et encore, il fallait qu'elle se méfie de ses bois... Mais s'attaquer sans aide à un sanglier à la cuirasse épaisse et à la puissance de charge phénoménale équivaudrait tout bêtement à un suicide.

Sentant la trace de l'animal se faire plus fraîche à mesure qu'ils avançaient, elle aplatit son corps sur le sol, se plaçant face au vent pour ne pas être repérée, et tâchant de se faire le moins bruyante possible. Son pelage clair et tacheté ne la servait pas vraiment dans cet environnement. Celui d'Akeno, bien que blanc, était au moins rayé et pouvait faire douter la proie un instant supplémentaire, qui pourrait bien être décisif pour eux. Alors qu'ils s'attardaient sur un endroit où le sanglier avait tourné en rond, cherchant la suite de sa piste, elle vint frotter sa joue contre celle du gros tigre en ronronnant doucement, avant de se hisser sur ses pattes arrières pour lui donner un grand coup de langue râpeuse entre les oreilles. Une envie du moment. Sur un dernier frottement de museau, elle se reconcentra de nouveau sur la piste, avant de se figer. L'odeur s'était intensifiée, d'un coup. Il était tout proche. Les oreilles plaquées sur la nuque, elle entrouvrit la gueule pour tâcher de le repérer, mais ce fut le lourd tonnerre des sabots du monstre qui trahit sa position. Ils étaient repérés. Elle esquiva le sanglier qui la chargeait au dernier moment, lui donnant un grand coup de griffe au passage en feulant.


*Akeno, à toi de jouer !*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akeno Baleon
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 48
Age RPG : 25
En couple avec : Maven Danehill

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Jeu 15 Mar - 22:30

Akeno s'était éloigné avec superbe de ses deux frères, les oreilles plaquées vers l'arrière pour mieux savourer leurs jurons. Il adorait faire ça, déjà adolescent, et le plaisir était resté intact. Maven n'était pas restée en dehors de ce petit jeu, et il la regarda le rejoindre avec un amusement certain. Mais il concentra bien vite toute son attention sur ce qui l'entourait. Les chiens faisaient du bruit au loin, sur sa droite. Il y avait donc fort à parier que le sanglier irait de l'autre côté, là où les piquiers allaient le chercher. L'avantage, c'est que l'animal sentirait très fort, et qu'ils repèreraient son odeur de loin. Il tendit le cou pour humer l'air, avant de s'enfoncer dans les fougères.

Il suivit la piste pendant un bon moment, plus olfactive que visuelle. Ils finirent par arriver face à un trou d'eau boueuse, assez profond, où les traces de l'animal indiquaient qu'il était resté là un bon moment, à tourner dans tous les sens, et à prendre sans doute un petit bain. Le tigre battit l'air de sa queue, en humant l'air, gueule entrouverte pour plus d'efficacité. La panthère profita de son immobilité pour venir se frotter contre lui, et lui donner un coup de langue. Il y répondit par un profond ronronnement qui faisait vibrer sa gorge et son poitrail, puis il fit quelques pas. Le vent tourna, lui apportant une odeur plus forte que celle du trou d'eau ne cachait plus. Il s'aplatit dans les fougères, prêt à bondir, quand il entendit une branche craquer, puis le son d'une charge. Leur proie avait repéré Maven, et chargeait pour se défendre. Réaction stupide, une biche se serait enfuie. Mais le cochon sauvage était du genre agressif...

C'était un mâle de grande taille, massif et tout en muscles, avec le poil dru, raide et presque noir. La panthère l'évita et lui colla un coup de griffes qu'il sembla à peine sentir à travers son cuir épais. Akeno progressa en silence dans les broussailles, son corps aplati à terre, ne faisant plus que des mouvements excessivement lents, mesurés. Tous ses sens étaient tournés vers sa cible, et il sentait l'adrénaline parcourir ses veines. Il pointa les oreilles en avant, attentif. Le vent le couvrait, lui apportant la forte odeur du sanglier. Parfait.

Quand leur proie se prépara à charger à nouveau Maven, il présenta sa croupe au tigre qui se tapissait dans les fourrés, et ce dernier en profita pour faucher ses pattes arrières en poussant un feulement puissant. Le sanglier glapit de frayeur, et se retourna pour faire face à l'assaillant, mais ce dernier lui avait déjà sauté sur le dos. Il planta ses griffes acérées dans la chair de sa proie pour se cramponner à lui, et il tâcha de lui rompre le cou avec ses crocs. C'était plus facile à dire qu'à faire: l'animal n'était pas encore mort, loin s'en fallait. En couinant de manière stridente, il se mit à courir un peu partout en se trémoussant pour tenter de déloger le félin qui s'accrochait à lui.

Du coin de l'oeil, Akeno vit que sa compagne l'aidait par des coups de crocs et de griffes, en empêchant le sanglier de fuir trop loin, ou de trop bouger. Elle lui fauchait les pattes, mais elle devait prendre garde à ce qu'il ne l’embroche pas avec ses défenses. Le tigre en avait fait la douloureuse expérience, et il faisait attention cette fois à garder ses membres hors de portée. Il planta ses crocs dans la nuque de l'animal, cherchant à atteindre les vertèbres. Le sang lui envahit la gueule, fort et sauvage. Mais les muscles puissants et durs l'empêchaient d'atteindre facilement son but. Il dut fourrager un bon moment avant d'y parvenir, profitant de ce que Maven avait déséquilibré leur proie par un joli coup, le faisant s'effondrer sur le flanc. Ce fut là que le tigre parvint à l'achever. Sa belle fourrure blanche tachée par le sang du sanglier, il relâcha son emprise, et descendit du dos de la bête.

Il s'ébroua, content de lui, l'oeil pétillant, et il vint frotter son museau ensanglanté à celui de la panthère. Il n'était pas blessé, et il s'assura en lui tournant autour qu'elle n'avait rien non plus. Après quoi, il s'éloigna de quelques pas, et posa sa grosse patte sur le flanc immobile du sanglier mort. Puis, il entrouvrit la gueule et leva le museau vers la voûte que formaient les feuillages des arbres, et il feula puissamment, à plusieurs reprises. Un appel pour ses frères. Il n'y avait plus qu'à attendre. Les cavaliers finirent par arriver, suivis de leur troupe. Leurs chevaux roulèrent des yeux à la vue des fauves, et Akeno battit légèrement de la queue, profondément satisfait. Après quoi, il reprit forme humaine.


" Encore gagné, on dirait. Il y a des choses qui ne changeront jamais.

- Tu parles, tu es toujours aussi mauvais joueur. En commençant par effrayer nos chevaux, tu t'assurais une belle avance.

- C'était trop tentant...

Akeno adressa un clin d'oeil provocateur à Vandian qui se rembrunit, boudeur. Le Métamage alla récupérer sa monture. Le soulagement de l'homme qui le tenait fut manifeste alors qu'il se mettait en selle. Beorn cessa aussitôt toute forme de caprice, et il tourna la tête vers son cavalier, avant de s'ébrouer. Le jeune homme lui flatta l'encolure avec un sourire, laissant à la rouquine le temps de reprendre forme humaine et de se remettre en selle elle aussi. Puis, il désigna le sanglier mort.

- Allez, récupérez ça. On aura du sanglier à la broche ce soir. Mais comme mes chers frères n'ont pas eu l'occasion de se livrer aux plaisirs de la chasse, si on allait s'occuper d'un beau cerf, dans les règles de l'art cette fois?

Ils rentrèrent en fin d'après midi au château de Blanchelame, un jeune cerf comme trophée en plus du sanglier abattu par les Métamages. Le tout serait bien vite dépecé et cuisiné: les chiens prendraient part au festin en se partageant les abats. Ils s'étaient bien amusés. La course du cerf, à cheval, au milieu de la meute qui coursait leur proie, avant de l'achever, avait été particulièrement intense. C'était un mode de chasse qu'Akeno avait fait découvrir à sa compagne, mais il avait laissé ses frères mener la danse, afin qu'ils s'amusent aussi un peu.

Le jeune homme s'occupa lui-même de Beorn en le ramenant à l'écurie. L'étalon sembla apprécier, et il ferma les yeux de contentement alors qu'on s'occupait de lui. A le voir aussi calme, on n'aurait pas pensé qu'il s'agissait du même animal que la furie qui maltraitait les parois de son box en début d'après midi. Quand il eut terminé, le Métamage lui donna à boire et à manger, puis il alla rejoindre Maven. Ils purent monter tous deux dans les appartements d'Akeno, afin de se laver, ce qui n'était pas du luxe.

Il laissa galamment la rouquine aller se préparer en premier. Lui s'accouda à la fenêtre pour profiter de la vue. Ce fut à ce moment là qu'un corbeau lâcha un croassement sonore, avant de piquer vers lui. Il avait à la patte un message. Comprenant de quoi il s'agissait, le jeune homme s'écarta de la fenêtre pour le laisser s'y engouffrer. Le temps de se poser sur le sol, et le Métamage messager reprenait forme humaine. Il donna le petit rouleau de papier à son destinataire. C'était sans doute quelque chose d'urgent pour envoyer un messager et non pas un pigeon voyageur ou un corbeau normal.


- Un message pour vous de Lytsoul, Akeno.

- Merci. Vous pouvez prendre à boire et à manger avant de repartir.

Le messager ne s'attarda pas. Il se contenta d'un grand verre d'eau, d'un bout de pain frais et d'une poignée de figues fraîches qui étaient à disposition sur un meuble, avant de reprendre sa forme animale et de s'envoler à nouveau par la fenêtre. Akeno lut attentivement le contenu du message. Un sourire se dessina peu à peu sur ses lèvres, puis il alla toquer à la porte de sa salle d'eau privée, et il entra. Il trouva sa compagne en train de se sécher, et il lui montra le message.

- Un Métamage messager vient d'apporter ça de Lytsoul. C'est d'Ethan. Selena vient d'accoucher, tout s'est bien passé, le bébé et elle se portent très bien. Ils ont un fils, un petit Lukas."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maven Danehill
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 43
Age RPG : 21
En couple avec : Un tigre en rut

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Dim 18 Mar - 23:47

Une fois de retour dans les appartements d'Akeno, après la chasse, Maven se laissa glisser avec volupté dans un bon bain chaud qui la débarrasserait du sang et de la crasse accumulées sur sa peau, et détendrait ses muscles éprouvés par cette après-midi de chevauchée et de traque. Elle n'avait plus qu'une hâte à présent : déguster une belle pièce de sanglier rôti qui lui serait servie au dîner, et pourquoi pas un peu du cerf qu'ils avaient ensuite laissé aux aînés du Métamage ensuite ?

Après avoir réglé son compte à l'énorme sanglier, ce qui n'avait pas été une mince affaire même pour deux Métamage entraînés, ils s'étaient lancés à la poursuite d'un jeune cerf, pour que Vandian et Theon s'amusent aussi un peu. La jeune femme s'était contentée de rester en arrière pour cette fois, aussi bien parce qu'elle leur avait déjà coupé l'herbe sous le pied une fois que parce qu'elle ne savait pas vraiment comment s'y prendre, de cette manière. Elle s'était contentée de les suivre et de les regarder faire, d'autant plus qu'Eros n'était pas vraiment enclin à prendre part à la chasse, grandement occupé à faire la course avec Beorn, et ne regardant pas vraiment où il allait. C'était tout juste s'il se préoccupait d'éviter les arbres...

Ensuite, sur le chemin du retour, le hongre s'était appliqué à rendre sa cavalière chèvre en se mettant sans prévenir à trottiner comme un fougueux entier de deux ans, la nuque haute, semblant provoquer ses pairs. Theon expliqua à Maven qu'il avait pourtant été castré étant poulain, et qu'il ne devrait en théorie rien lui rester de sa courte vie de mâle viril, mais qu'il avait toujours été comme ça. Pour sa part, la Métamage en était arrivée à la conclusion qu'il manquait sans doute quelques cases au cerveau de ce grand niais. Mais puisqu'il n'était pas méchant, en dehors de ça, elle le trouvait encore sympathique, et s'occupa d'ailleurs de lui elle-même lorsqu'ils furent de retour aux écuries du château, lui donnant un bon coup de brosse et lui servant à manger et à boire avant de le quitter. Étrangement, occupé comme il l'était par son avoine, il eut le cœur moins brisé de voir la rouquine partir cette fois. Ingrat...

Quand elle fut bien propre et détendue, Maven sortit du bassin et s'enroula dans une épaisse serviette pour se sécher, ce qu'elle entreprit avec lenteur, le regard perdu dans la contemplation de la salle d'eau privée de son compagnon, très sobrement décorée, mais grandiose en comparaison de ce qu'ils avaient à Lytsoul. Elle épongea un moment ses longs cheveux avant d'enrouler de nouveau la serviette autour de ses épaules, et c'est à ce moment qu'elle entendit frapper à la porte. Elle haussa les épaules en autorisant Akeno à entrer, trouvant assez amusant, et galant, qu'il se donne la peine de toquer alors qu'il l'avait vue nue au moins un millier de fois... Le jeune homme arborait un large sourire en lui tendant un morceau de papier, qui visiblement était roulé il y a encore quelques minutes.


- Un Métamage messager vient d'apporter ça de Lytsoul. C'est d'Ethan. Selena vient d'accoucher, tout s'est bien passé, le bébé et elle se portent très bien. Ils ont un fils, un petit Lukas.

- Oh, ça y est ?

La jeune femme avait marqué un léger silence avant de commenter tout en prenant le message pour le lire rapidement, confirmant ce que son compagnon venait de lui annoncer. Elle eut un petit sourire, sincèrement ravie pour eux. Cependant, sa mine s'assombrit légèrement une fois qu'elle eu rendu le parchemin à Akeno, visage qu'elle lui cacha en lui tournant le dos, prenant le prétexte de lui faire couler son bain. Cela ne manquait pas de lui rappeler la perspective d'avoir elle-même des enfants un jour, question qui mine de rien lui occupait de plus en plus l'esprit depuis qu'ils avaient rendu visite à son père. Depuis qu'elle était avec Akeno, pour la première fois, elle avait eu profondément envie de connaître ce bonheur, surtout à voir Selenia et Ethan nager en plein dedans. Mais ses angoisses étaient encore les plus fortes, et la mettaient mal à l'aise lorsque le sujet était abordé... Lorsqu'elle refit face à Akeno, elle s'efforça d'afficher une expression un peu plus détendue, sans être convaincue que son compagnon ne remarquait pas son léger malaise.

- Je suis contente pour eux. Il faudra qu'on aille leur rendre visite quand nous serons rentrés. Je suis certaine qu'Ethan a hâte de te présenter son petit gars...

Sur ces mots, elle s'éclipsa, toujours enroulée dans le drap de bain, pour aller chercher des vêtements propres et les passer, avant de s'atteler à brosser sa longue chevelure flamboyante, tout en réfléchissant, sourcils froncés. Maintenant qu'elle y pensait, ils n'avaient jamais vraiment abordé le sujet avec son amant. Ils s'étaient taquinés gentiment une fois ou deux, mais jamais ils n'avaient étudié la question sérieusement, et elle songea qu'il devait se demander pourquoi elle se montrait aussi évasive sur ce point, et aussi mal à l'aise. Peut-être s'en doutait-il, mais elle ressentait soudainement le besoin de lui en parler. Alors, une fois coiffée, elle rentra de nouveau dans la salle d'eau, le Métamage toujours plongé dans son bain, et étendit sa serviette humide afin de la faire sécher avant de venir vers le bassin et se s'accroupir derrière lui, lui déposant un baiser sur la joue au passage.

- Excuse-moi, si j'ai pu te paraître assez peu réjouie par le message d'Ethan. Je suis vraiment contente pour eux, tu sais... Avant, quand on me parlait d'avoir des enfants, je haussais les épaules, ça me semblait très lointain... Mais maintenant que je t'ai, c'est quelque chose dont j'ai de plus en plus envie. Je l'ai dit à mon père, et à tes parents. J'ai envie de fonder une famille avec toi, un jour. Mais j'ai peur, en vérité. Je ne peux pas m'empêcher de penser que je suis peut-être faite comme ma mère, et que je ne pourrais pas mettre au monde un enfant sans y laisser la vie... Et je ne veux pas ça. Je veux dire, priver notre enfant de sa mère... Pour l'avoir vécu, je ne suis pas la plus à plaindre, avec le père formidable que j'ai, mais je sais comme ça peut être difficile...

De légers sanglots lui secouèrent la gorge alors qu'elle parlait, et, presque inconsciemment, elle était venue chercher la main d'Akeno, posée sur le rebord du bassin. Son front appuyé contre son cou humide, elle ferma les yeux et inspira profondément. Il sentait bon le savon... C'était quand même plus agréable que l'odeur de sanglier plein de boue dont son poil de tigre avait été imprégné un peu plus tôt.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akeno Baleon
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 48
Age RPG : 25
En couple avec : Maven Danehill

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Lun 19 Mar - 22:35

" Je suis contente pour eux. Il faudra qu'on aille leur rendre visite quand nous serons rentrés. Je suis certaine qu'Ethan a hâte de te présenter son petit gars...

- Tu m'étonnes... Je te parie qu'à l'heure qu'il est, il doit être en train de ronchonner, le matou, parce qu'il doit attendre qu'on rentre pour nous le montrer. Mais je pense qu'il va être très occupé à aider Selena dans les prochains temps...

Akeno était sincèrement heureux pour ses amis. Il haussa un sourcil perplexe quand il remarqua qu'il n'en était pas de même pour Maven. Du moins, il avait senti une certaine réserve dans le ton de sa voix. Il n'insista cependant pas, pendant qu'elle lui faisait couler son bain. Elle s'éclipsa alors qu'il se défaisait de ses vêtements crasseux, et qu'il se plongeait avec délice dans le bassin. Il donnerait ses affaires à laver aux servantes. Il poussa un long soupir de bien-être en fermant les yeux, laissant aller sa tête en arrière. Il laissa à ses muscles le temps de se détendre quelques instants, puis il plongea dans l'eau pour mouiller ses cheveux. Après quoi, il récupéra le savon pour se laver soigneusement, enlever toute trace de crasse et d'odeur de la chasse.

Il se laissa à nouveau le temps de se détendre une fois bien propre, les yeux clos, presque somnolant. La confrontation avec le sanglier l'avait fatigué. Il capta cependant le bruit de la porte qui s'ouvrait, et il entendit sa compagne approcher de lui. Elle s'accroupit derrière lui et l'embrassa sur la joue, ce qui lui tira un sourire. Cependant, il sentit d'instinct la gêne qu'elle ressentait, et il ouvrit les yeux pour lui porter plus d'attention.


- Excuse-moi, si j'ai pu te paraître assez peu réjouie par le message d'Ethan. Je suis vraiment contente pour eux, tu sais... Avant, quand on me parlait d'avoir des enfants, je haussais les épaules, ça me semblait très lointain... Mais maintenant que je t'ai, c'est quelque chose dont j'ai de plus en plus envie. Je l'ai dit à mon père, et à tes parents. J'ai envie de fonder une famille avec toi, un jour. Mais j'ai peur, en vérité. Je ne peux pas m'empêcher de penser que je suis peut-être faite comme ma mère, et que je ne pourrais pas mettre au monde un enfant sans y laisser la vie... Et je ne veux pas ça. Je veux dire, priver notre enfant de sa mère... Pour l'avoir vécu, je ne suis pas la plus à plaindre, avec le père formidable que j'ai, mais je sais comme ça peut être difficile...

Un léger sanglot lui avait échappé, alors qu'elle lui avait saisi la main. Il se tourna légèrement vers elle, méditant ses paroles. Il l'embrassa tendrement sur les lèvres, lui prenant le visage entre les mains. Il voulait la rassurer, mais en même temps lui parler sérieusement de ce sujet qui semblait tellement l'angoisser. Il pouvait imaginer pourquoi elle craignait la grossesse et l'accouchement, peut-être même la maternité. Il avait envie de devenir père, mais il ne s'y voyait pas tout de suite. Néanmoins, il ne savait pas si cela le dérangerait tant que ça si tout lui tombait dessus d'un coup.

- Arrête de t'en faire. Moi aussi, j'ai envie de fonder une famille avec toi. J'ai vraiment envie de voir nos enfants courir partout dans Lytsoul. Mais surtout, ne pars pas dans cette optique. Je comprends que tout ça puisse t'angoisser, mais tu es une battante comme j'en ai rarement vu. Tu te battras quand le moment sera venu, avec succès comme toujours. J'ai confiance en toi. On attendra le temps qu'il faut, que tu sois prête, mais on aura un beau bébé ensemble un jour, tu verras.

Il lui sourit et l'embrassa à nouveau. Il était curieux de la voir avec un ventre rond, mais à se l'imaginer, il sentait comme une curieuse boule de chaleur lui réchauffer la poitrine. Il ne savait pas encore quand tout ça allait arriver, mais il prendrait très bien la chose, de ça il était sûr. Et il serait là pour l'aider et l'encourager à tout moment. Il resta encore un moment à la cajoler et l'embrasser, puis il se décida à sortir de l'eau. Elle commençait à devenir froide, et il frissonna.

Il alla s'habiller et se préparer afin qu'ils puissent se rendre dans la salle où ils avaient mangé la veille, afin de déguster le fruit de leur chasse de l'après midi. Le Métamage sentait qu'ils ne dormiraient pas tout de suite cette nuit là non plus. Il avait envie de tenir sa compagne contre lui, de lui donner tout l'amour qu'il pouvait lui transmettre. Il espérait surtout que son petit coup de tristesse ne serait que passager, et que cela s'améliorerait quand elle verrait le petit bout d'Ethan et Selena à Lytsoul.

Quand ils se rendirent au repas, ils retrouvèrent une fois encore toute la famille attablée. Cette fois, les discussions allaient bon train, Maven faisant d'ores et déjà partie de la famille. Beaucoup de questions furent posées sur la chasse de l'après midi, et Vandian et Akeno se lancèrent dans une joute verbale acérée à ce propos pour relater au mieux les évènements selon leur point de vue. Theon se contentait de commenter d'un air amusé. On servit évidemment le sanglier à la broche, avec une sauce onctueuse, et le cerf en ragoût. Durant tout le repas, le jeune homme garda la main sur la cuisse de la rouquine, à de fréquentes intervalles.

Ils se retirèrent à nouveau dans leur chambre une fois le repas et les discussions achevées. Ils auraient pu rester profiter de jeux, mais la fatigue était plus forte. Et pour sa part, Akeno avait envie de se consacrer tout entier à sa compagne. Quand la porte se referma derrière eux, il l'attira dans ses bras et l'embrassa tendrement dans le cou. Il savait que d'ici quelques instants, il aurait envie d'elle. Mais pour le moment, il repensait à ce qu'elle lui avait dit plus tôt.


- Ca va mieux? Tu verras, quand on aura notre bébé, ce sera le plus parfait de tous. Avec des parents pareils, ça ne peut pas être autrement. Et tu seras parfaite, du moment où tu connaîtras ta grossesse à celui où le bébé sera là. Et même après, tu seras une très bonne mère, je ne m'en fais pas. Si tu veux te faire du souci, attends que tout ça arrive, non? Il laissa un moment le silence s'installer. Je t'aime."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maven Danehill
Métamage
avatar

Sexe : Féminin
Messages : 43
Age RPG : 21
En couple avec : Un tigre en rut

MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   Jeu 22 Mar - 0:30

Maven resta silencieuse, le visage enfoui dans le creux du cou de son compagnon, déjà soulagée d'avoir exprimé ses angoisses de vive voix. C'était la première fois qu'elle se confiait à quelqu'un d'autre que son père à ce sujet, et ça lui faisait assez drôle, mais en même temps, beaucoup de bien. Elle releva les paupières en sentant les mains humides du jeune homme se poser sur ses joues, et le laissa l'embrasser avec plaisir alors qu'une douce chaleur se propageait en elle depuis sa poitrine. La douceur dont Akeno faisait preuve lui mit du baume au cœur. Cela prouvait qu'il ne prenait pas mal la chose. Mais il fit plus encore lorsqu'il lui parla d'une voix douce.

- Arrête de t'en faire. Moi aussi, j'ai envie de fonder une famille avec toi. J'ai vraiment envie de voir nos enfants courir partout dans Lytsoul. Mais surtout, ne pars pas dans cette optique. Je comprends que tout ça puisse t'angoisser, mais tu es une battante comme j'en ai rarement vu. Tu te battras quand le moment sera venu, avec succès comme toujours. J'ai confiance en toi. On attendra le temps qu'il faut, que tu sois prête, mais on aura un beau bébé ensemble un jour, tu verras.

- Je... Oui, j'y compte bien...

La rouquine sentit l'émotion lui monter aux yeux alors qu'il l'embrassait à nouveau, affichant un sourire sincère. Elle ne savait pas quoi dire, mais savait qu'il avait raison au moins sur un point. Le jour où elle tomberait enceinte de lui, elle se battrait jusqu'au bout, c'était dans son tempérament, de toute façon. Cependant, elle qui avait pour credo de toujours obtenir ce qu'elle voulait, elle doutait tout de même de l'issue de cette bataille-là. Elle avait beau être obstinée, elle avait aussi conscience qu'on ne pouvait pas toujours gagner, malheureusement. Et si elle tenait de sa mère... Mais lui croyait en elle, et à l'entendre, elle savait qu'elle pourrait compter sur lui, et cela représentait beaucoup pour elle.

Ils restèrent encore là un moment, Akeno câlinant tendrement sa compagne, jusqu'à ce que l'eau du bain refroidisse. Le jeune homme sortit alors du bassin pour se sécher et s'habiller en vue du dîner, et la rouquine en profita pour s'asseoir sur le lit et le regarder faire, profitant de la vue tant qu'il n'avait pas passé ses vêtements. Elle se sentait encore un peu abattue par ses sombres pensées, mais cela lui passerait tant qu'elle aurait l'esprit occupé.

En l'occurrence, le fait de dîner en compagnie de la famille Baleon, de pouvoir discuter avec eux tous, s'avéra un moyen très efficace de lui changer les idées. Akeno et Vandian passèrent une bonne partie du repas à se chamailler gentiment tout en relatant la chasse, qui fut d'ailleurs le principal sujet de conversation de la soirée. Theon commentait à l'occasion, reprenant certains détails. A la mention des exploits du couple de Métamage, les châtelains et Elea levèrent les yeux au ciel, semblant désabusés. Le plus âgé de la fratrie avait ajouté en souriant qu'en tout cas, il devait reconnaître à Maven d'être la seule femme que son petit frère aie trouvé qui soit aussi folle que lui. Ce qu'elle considéra plutôt comme un compliment... Elle fut par ailleurs ravie du soutien permanent du petit frère en question, qui saisissait la moindre occasion de poser sa main sur la cuisse de sa compagne, laquelle posait la sienne par-dessus en réponse lorsqu'elle le pouvait. Visiblement, l'avoir vue aussi préoccupée plus tôt l'avait touché, et faisait qu'il se montrait particulièrement attentionné.

Ils montèrent ensuite se coucher avant tout le monde, particulièrement fatigués. Maven se doutait cependant qu'ils ne dormiraient pas tout de suite. Elle avait ressenti, à travers les gestes tendres et affectueux de son compagnon, une pointe de désir qui se manifesterait tôt ou tard, elle le connaissait bien maintenant. Et elle ne lui refuserait pas, d'autant qu'une tendre étreinte lui ferait le plus grand bien... A peine la porte fut-elle refermée derrière eux qu'Akeno la prit dans ses bras et lui déposa un langoureux baiser dans le creux du cou, qui la fit frissonner. Lorsqu'il lui demanda si elle se sentait mieux, elle hocha la tête avec un sourire. Elle ne pouvait pas promettre qu'elle ne s'inquiéterait plus à ce sujet, mais pour l'heure, elle était apaisée.


- Tu verras, quand on aura notre bébé, ce sera le plus parfait de tous. Avec des parents pareils, ça ne peut pas être autrement. Et tu seras parfaite, du moment où tu connaîtras ta grossesse à celui où le bébé sera là. Et même après, tu seras une très bonne mère, je ne m'en fais pas. Si tu veux te faire du souci, attends que tout ça arrive, non ?

La jeune femme haussa les épaules pour seule réponse, sachant qu'il avait raison sur ce dernier point, mais elle ne pourrait pas s'empêcher de s'en faire lorsqu'ils décideraient de mettre un bébé en route, elle le sentait... Elle lui adressa un nouveau sourire néanmoins, se mussant contre lui, bien calée au creux de ses bras. Elle se sentait toute drôle de l'entendre parler d'elle avec une telle confiance. Elle-même ne doutait pas de ses capacités, mais pour ce qui était d'être "une bonne mère", c'était tout autre chose. Élevée par son père seul, elle n'avait pas eu d'exemple concret, et doutait de pouvoir bien faire. Elle était tout de même reconnaissante à son amant de croire autant en elle, et nul doute que, le moment venu, il lui serait d'un grand soutien. Le visage enfoui dans le cou d'Akeno, elle lui caressait doucement les cheveux et la nuque, se laissant griser par le silence et les lèvres du Métamage sur sa peau.

- Je t'aime.

- Moi aussi. Si tu savais à quel point...

Elle se dégagea légèrement de l'étreinte de son compagnon pour se redresser et poser doucement ses lèvres sur les siennes pour lui donner un long et langoureux baiser, laissant lentement courir ses doigts sur sa nuque, puis le long de son torse. Le sentant frémir et se tendre, elle glissa les mains sous sa chemise, le laissant la repousser en douceur vers le lit, sur lequel il l'allongea tout en l'embrassant avec passion. Elle s'abandonna alors à ses bons soins, lui laissant tout le loisir de parcourir son corps de petits baisers tendres et de douces caresses pendant un long moment qu'elle savoura pleinement, avant de partager avec lui une non moins longue étreinte qu'il fit durer encore davantage que la nuit qui avait précédé, et qui fut l'une des plus intenses qu'elle aie jamais connu, durant laquelle il lui transmis tout son amour en plus du reste.

Quand il la relâcha après qu'ils aient tout deux atteint le septième ciel, elle vint se blottir contre son corps en sueur, haletante tout autant que lui l'était, tremblante et à bout de forces, mais comblée. Elle remonta les couvertures sur eux et vint lui voler un tendre baiser avant de se laisser tomber sur son torse pour terminer de reprendre son souffle, alors que ses muscles se détendaient les uns après les autres. Elle resta là à dessiner du bout du doigts des arabesques au-dessus du nombril de son amant, avant de se sentir tomber de fatigue pour de bon. Elle se laissa glisser sur son oreiller, encore légèrement frémissante de plaisir, et déposa un baiser sur la joue d'Akeno, murmurant une dernière chose avant de s'endormir.


- Merci, pour tout. Bonne nuit mon amour, je t'aime...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une vie de château [Privé Maven Danehill]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Une vie de château [Privé Maven Danehill]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Magic RPG 2.0 :: Est du royaume de Magikheart :: Terres sauvages de l'Est-
Sauter vers: